Luchini récite Mort à crédit de L.F. Céline (vidéos)

C’est les vacances. Vous avez le temps. Et si vous n’êtes pas en vacance prenez quelques minutes de liberté sur votre emploi du temps d’esclave…. le temps d’écouter Luchini réciter Louis Ferdinand Céline. Du temps pour vous laisser bercer par les mots sauvages et malfaisants de l’incommensurable Mort à crédit. Interprété avec talent… avec sobriété, ni chichis et ni postures… loin, très loin des fumisteries tonitruantes et ronflantes pour cultureux de gauche qui se donnent à voir au Festival d’Avignon. Déjà épinglées il y a quelques années par Régis Debray dans son livre « Sur le pont d’Avignon », la messe pseudo-artistique et indigente d’Avignon a fait l’objet cet été d’une critique justifiée de Fabrice Luchini dans les pages du Figaro:

« Je rêve théâtre et grands textes, à Avignon, pour Avignon et son public. Aujourd’hui, j’en suis très éloigné. J’ai le sentiment que c’est désormais le lieu d’une secte qui rejette les grands textes. J’aimerais rappeler le mot de Louis Jouvet: “Au théâtre, il n’y a rien à comprendre, mais tout à sentir.” . »

Alors en attendant que le festival d’ Avignon redeviennent ce que jean Villar et Bernard Faivre d’Arcier en avaient fait, écoutons Luchini réciter L.F. Céline:

Première partie:


Luchini nous récite Céline 1/3 par Tread01

Deuxième partie:


Luchini nous récite Céline 2/3 par Tread01

Troisième partie:


Luchini nous récite Céline 3/3 par Tread01

La Révolte des masses de José Ortega y Gasset. (Radio « émission Répliques & Vidéo)

La Révolte des masses est un livre de José Ortega y Gasset publié pour la première fois en Espagne en 1929. En France, l’auteur a toujours été considéré par une large partie de l’intelligentsia de gauche comme un Libéral-conservateur infréquentable, c’est ce qui explique que la diffusion de « La révolte des masses » soit demeurée confidentielle. Une excommunication aujourd’hui réparée par sa réédition aux Belles Lettres.

Dans cet ouvrage, José Ortega y Gasset utilise un personnage conceptuel, l’Homme-masse. L’auteur désigne ainsi l’Homme moyen. L’ Homme conformiste. L’ Homme du nivellement épris d’égalitarisme et qui se complait dans une médiocrité démagogique. L’ Homme-masse, c’est l’enfant gâté, sans passé ni tradition.
Il faut cependant éviter de faire une confusion: l’Homme-masse ne correspond pas à l’ouvrier ni à l’homme du peuple, il n’y a pas chez Ortega y Gasset la volonté de produire une critique de classe.
L’Homme-masse serait plutôt le fruit d’un relativisme fou. Il est l’archétype de celui qui éprouve un sentiment de domination engendré par la disparition des « élites »(que José Ortega y Gasset désigne par l’ expression: les minorités exemplaires), et qui en vient à mépriser toute forme de hiérarchie intellectuelle:
Continuer la lecture de La Révolte des masses de José Ortega y Gasset. (Radio « émission Répliques & Vidéo)

La préférence Nationale c’est bon pour la Réunion, la Guadeloupe, la Nouvelle-Calédonie… mais en métropole c’est fasciste ! (vidéos)

Comme l’a si justement fait remarqué en son temps Christian Jelen: le préférence nationale est historiquement une idée de gauche(1). On pourrait même ajouter que c’est un principe républicain. Il est par exemple impossible de passer un concours administratif de la fonction publique sans avoir la nationalité française. Évidemment cette disposition déplait aux eurocrates(2), mais aussi à une grande partie de notre classe politique française. Pour eux: la préférence nationale c’est raciste et fasciste… Mais attention ce jugement ne vaut que pour le territoire métropolitain. Car pour les DOM TOM, la préférence nationale devient comme par enchantement envisageable, souhaitable, nécessaire.
C’est ainsi que nous avons vu à plusieurs reprises ces derniers temps, une palanquée de bien-pensants défendre la priorité à l’emploi pour les nationaux des îles françaises.

Quelques exemples du double discours tenu par les professionnels de l’antiracisme !

La Réunion : priorité absolue à l’embauche des réunionnais contre la main-d’œuvre européenne

Cette semaine, à l’occasion d’une manifestation devant la préfecture de l’île de la Réunion, plusieurs associations et syndicats comme L’Alliance des jeunes pour la formation et l’emploi à la Réunion, l’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté, le Comité des chômeurs du Port et l’Unef (syndicat proche du parti socialiste, ont demandé la fin de l’arrivée de la main d’œuvre extérieure sur les chantiers et plus particulièrement sur celui de la nouvelle centrale EDF du Port, et la priorité absolue à l’embauche des réunionnais. (3)

Pour Gilles Leperlier, président de l’AJFER, “aujourd’hui à la Réunion, des postes existent et ne sont pas occupés par des Réunionnaises et des Réunionnais, qui sont qualifiés et compétents. Il est temps de dénoncer cette situation qui n’a que trop duré”.

Préférence nationale en Nouvelle-Calédonie

En Nouvelle-Calédonie, le syndicat indépendantiste kanak,( USTKE ) protestait en juin dernier contre le recrutement par Manpower de travailleurs réunionnais, au détriment de travailleurs kanaks.(4) C’est en octobre 2009, lors des violents affrontements qui avaient opposé des adhérents du syndicat indépendantiste USTKE aux forces de l’ordre dont 27 membres avaient été blessés, que nous avions découvert les revendications ethnicistes de ce syndicat concernant les problèmes d’immigrations que rencontre l’île.(5)
Ironie de l’histoire: L’USTKE bénéficie depuis de très longues années du soutien inconditionnel de José Bové (6), du NPA(7), et de… la CGT (8)! Tous de petits flics assermentés de l’antifascistes. Souvenons-nous qu’à l’occasion d’une purge « antifasciste », les dirigeants de la CGT avaient décidé de virer Fabien Engelmann (9) en raison de son engagement au FN. Leur principal argument fut le suivant: Le FN prévoit l’instauration de la préférence Nationale, une disposition incompatible avec le combat syndical !?!?.

Pour Christiane Taubira, la préférence nationale dans les Dom-Tom c’est pas raciste

Nous devons à Christiane Taubira la loi mémorielle la plus culpabilisatrice, clientéliste, liberticide et révisionniste de ce pays.(10) En définissant la traite négrière transatlantique et l’esclavage perpétrés par les « occidentaux » comme crime contre l’Humanité, sans y inclure la traite musulmane et interafricaine, (pourtant les plus importantes (11)), Christiane Taubira a délibérément choisi de diviser les français. De culpabiliser les uns: les blancs; et de maintenir dans une posture victimaire les autres: les noirs.
Un procédé auquel elle a eu recours en 2009, à l’occasion des grèves en Guadeloupe. Christiane Taubira n’hésita pas à ethniciser les débats et à défendre la préférence à l’embauche en faveur des Guadeloupéens et contre les français de France… . Dans la vidéo qui suit, la député de Guyane tiens des propos à faire rougir de honte un électeur du FN. On imagine la réaction outragée des ligues de vertu républicaine si Marine Le Pen avait tenu avec autant de vigueur un discours similaire sur les Français de métropole….

A force d’avoir ethnicisé les questions sociales, de s’être largement fourvoyée dans l’idéologie multiculturelle et le relativisme au profit des minorités et au détriment de la classe ouvrière, la gauche a perdu les fondements qui faisaient la richesse de ses combats… et petit à petit elle s’est éloignée du réel.
Aujourd’hui il ne lui reste plus pour exister que le magistère de la moraline et une posture moderniste, immigrationniste et mondialiste…. pas suffisant pour remonter le pays des abîmes où elle et l’UMP l’ont laissé sombrer.

Jérôme Cortier

(1)http://www.prechi-precha.fr/2011/07/29/la-preference-nationale-vient-de-la-gauche-hommage-a-christian-jelen/

(2)http://www.prechi-precha.fr/2011/05/25/lue-contre-la-preference-nationale-chez-les-notaires/

(3)http://fr.novopress.info/93451/la-reunion-priorite-absolue-a-l%E2%80%99embauche-des-reunionnais-vs-main-doeuvre-europeenne-video/

(4) http://www.ustke.org/actualite-syndicale/actualite/La-sonnette-dalarme-est-tiree-par-rapport-a-limmigration-at_146.html

(5)

(6) http://www.jose-bove.eu/2009/09/kanaky-solidarite-avec-l-ustke-et-son-president-gerard-jodar/

(7) http://www.npa2009.org/content/kanaky-solidarit%C3%A9-avec-lustke

(8) http://www.cgt.fr/La-Cgt-reaffirme-sa-solidarite,36470.html

(9) http://ripostelaique.com/Fabien-Engelmann-Pourquoi.html

(10) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-loi-taubira-inconstitutionnelle-67513

(11) http://www.prechi-precha.fr/2011/06/15/%EF%BB%BF-%C2%AB-esclaves-blancs-maitres-musulmans-%C2%BB-entretien-radio-avec-tidiane-n%E2%80%99diaye/

Philippe Carrese en a marre de Marseille… on le comprend.

L’écrivain Philippe Carrese n’a plus envie de faire semblant. Plus envie de mentir sur Marseille. Plus envie de se raconter des histoires sur cette ville en perdition. Il en a marre de se conformer à la propagande de Plus belle la vie. Marre des discours de béni-oui-oui sur un Marseille de carte postale. Et marre de voir sa ville sombrer jour après jour dans le chaos.
Philippe Carrese ne fait que constater les résultats d’une politique multiculturelle et immigrationniste qui n’a pas fini de faire des dégâts… le jour de la catastrophe, soyez certain que nos belles âmes seront là pour déplorer les conséquences des causes qu’elles chérissent… mais il sera trop tard!!

“J’ai plus envie…… J’ai plus envie de me prendre le quart-monde dans la gueule chaque fois que je mets un pied sur la Canebière.

Je m’apprêtais à écrire une chronique rafraîchissante pour un magazine d’été riant, bien décidé à taire mes énervements habituels. J’avais pris de bonnes résolutions, rangé ma parano dans ma poche et mes colères avec mes tenues d’hiver, au fond d’un placard. Je m’apprêtais même à faire de l’humour. Quelquefois, j’y arrive. Mais voilà… Une randonnée pédestre éprouvante entre les Cinq Avenues et le cours d’Estienne d’Orves a sapé mon moral et éradiqué mes résolutions optimistes.

J’ai plus envie de relativiser. J’ai plus envie de faire de l’humour. Et j’ai plus envie de subir ce cauchemar quotidien……

J’ai plus envie de supporter toute la misère du monde à chaque coin de rue.

J’ai plus envie de slalomer sans cesse entre des culs-de-jatte mendiants, des épaves avinées et des cartons d’emballages de fast-foods abandonnés sur le bitume chaotique du premier arrondissement.

J’ai plus envie de cette odeur de pourriture qui me saute à la gorge, de cette odeur d’urine à tous les angles de travioles, de cette odeur de merdes de chiens écrasées sur tous les trottoirs, de ces relents de transpiration et de crasse sur les banquettes arrière du 41.

J’ai plus envie de perdre des heures en bagnole dans un centre-ville laid, dévasté par manque total de prise de conscience individuelle et d’organisation collective.

J’ai plus envie de voir ma difficile survie professionnelle lézardée par des bureaucrates en R.T.T, assenant au petit peuple que la voiture est un luxe inutile, eux qui n’ont sans doute plus pris un métro depuis des lustres.

J’ai plus envie de me laisser railler par ces troupeaux d’abrutis incultes, vociférants et bruyants au milieu des trottoirs qui n’ont qu’une douzaine de mots à leur vocabulaire, dont le mot “respect” qu’ils utilisent comme une rengaine sans en connaître le sens.

J’ai plus envie de me retrouver sur le parvis de la gare Saint Charles à onze heures du soir avec mes jambes et ma mauvaise humeur comme alternative à l’absence totale de transports en commun et à la présence suspecte de rares transports individuels qui frisent l’escroquerie.

J’ai plus envie.

J’ai plus envie de baisser les yeux devant l’indolence arrogante de jeunes connards.

J’ai plus envie de jouer les voitures-balais pour de malheureux touristes étrangers bouleversés, fraîchement dévalisés par des crétins sans loi ni repère.

J’ai plus envie de me retrouver à chercher des mots d’apaisement et à soliloquer des propos hypocrites sur la fraternité et la tolérance lorsque mes enfants se font racketter en bas de ma ruelle.

J’ai plus envie de me laisser railler par ces troupeaux d’abrutis incultes, vociférants et bruyants au milieu des trottoirs qui n’ont qu’une douzaine de mots à leur vocabulaire, dont le mot “respect” qu’ils utilisent comme une rengaine sans en connaître le sens.

J’ai plus envie de contempler mon environnement urbain saccagé par des tags bâclés et des graffitis bourrés de fautes d’orthographe. L’illettrisme est un vrai fléau, il plombe même l’ardeur des vandales.

J’ai plus envie de traverser le quartier Saint Lazare et de me croire à Kaboul.

Et aussi…… J’ai plus envie de voir les dernières bastides mises à bas, les derniers jardins effacés d’un trait négligent sur des plans d’architectes en mal de terrains à lotir. J’ai plus envie de cette ville qui saccage son passé historique sous les assauts des promoteurs (le comblement de l’îlot Malaval est une honte).

J’ai plus envie de cette ville qui perd sa mémoire au profit du béton.

Et encore…… J’ai plus envie d’écouter poliment les commentaires avisés des journalistes parisiens en mal de clichés, plus envie d’entendre leurs discours lénifiants sur la formidable mixité marseillaise. Elle est où, la mixité ? De la rue Thiers au boulevard des Dames, la décrépitude est monochrome.

J’ai plus envie de traverser le quartier Saint Lazare et de me croire à Kaboul.

J’ai plus envie non plus de me fader encore et toujours les exposés béats de mes concitoyens fortunés, tous persuadés que le milieu de la cité phocéenne se situe entre la rue Jean Mermoz et le boulevard Lord Duveen. Désolé les gars, le centre ville, à Marseille, c’est au milieu du cloaque, pas à Saint Giniez. Tous les naufrages économiques de l’histoire récente de ma ville tournent autour de cette erreur fondamentale d’appréciation de la haute bourgeoisie locale.

J’ai plus envie des discours placebo autour de l’équipe locale de foot en lieu et place d’une vraie réflexion sur la culture populaire. J’ai plus envie non plus de me tordre à payer des impôts démesurés et de subir l’insalubrité à longueur de vie.

J’ai plus envie de ce manque d’imagination institutionnalisé, plus envie de palabrer sans fin avec des parents dont la seule idée d’avenir pour leur progéniture se résume à: “Un boulot à la mairie ou au Département”.

J’ai plus envie d’entendre les mots “Tranquille”, “On s’arrange”, “Hé, c’est bon, allez, ha…” prononcés paresseusement par des piliers de bistrots.

J’ai plus envie de ce manque de rigueur élevé en principe de vie.

J’ai plus envie de l’incivisme, plus envie de la médiocrité comme religion, plus envie du manque d’ambition comme profession de foi.

J’ai plus envie des discours placebo autour de l’équipe locale de foot en lieu et place d’une vraie réflexion sur la culture populaire. J’ai plus envie non plus de me tordre à payer des impôts démesurés et de subir l’insalubrité à longueur de vie.

J’ai plus envie de m’excuser d’être Marseillais devant chaque nouveau venu croisé, décontenancé par sa découverte de ma ville… Ma ville! Et pourtant, Marseille… Pourquoi j’ai plus droit à ma ville ? Merde !”

Philippe Carrese

Le tueur norvégien, un djihadiste anti-djihadiste (troisième partie)

Radu Stoenescu continue de proposer son analyse sur le massacre du jobard d’oslo dans les colonnes de Riposte laïque.

Pour ceux qui n’auraient pas lu les deux premières parties : première partie, deuxième partie)

Je tiens à signaler la publication de deux articles de Jean-François Mayer, historien des religions, spécialiste des sectes et du terrorisme, qui rendent compte d’une manière complète, honnête et claire du contenu du « manifeste-légende » d’ABB.

Attentats en Norvége : idéologie et motivations du terroriste

Terrorisme en Norvège : la religion d’Anders Breivik

Ces articles m’épargnent la fastidieuse tâche de traiter nombre de points que soulèvent l’écrit d’ABB. Je les considère comme parfaitement fidèles à ce que j’ai moi-même pensé à la lecture de ce scénario de SF. Que ceux qui ne lisent pas l’anglais se rassurent, ils ne ratent rien : il n’y a rien à apprendre de cet opus ni sur l’islam, ni sur la situation de l’Europe actuelle. ABB dit d’ailleurs lui-même que la moitié de ces 1500 pages est copiée et adaptée de différents livres ou sites internet. Tout ce qu’il y a d’original, c’est ce qu’il y a de dérangé, à savoir sa mythologie néo-templière. Mais cela ne peut intéresser qu’un scénariste de jeux vidéo, et encore, c’est assez limité. Maurice Dantec a déjà exploré avec plus de talent ce futur possible, et montré par son succès d’écrivain qu’il n’était nullement besoin d’assassiner des gens pour faire passer un message apocalyptique. Mais quand on n’a pas de talent artistique pour exprimer ses hantises, on barbouille sa piteuse légende avec le sang des autres, comme un certain peintre raté de sinistre mémoire.

Dans ce papier, je vais me consacrer à montrer dans le détail, citations à l’appui, en quoi ce dérangé a copié les jihadistes, pour le pire. Son délire est mimétique de celui des fous d’Allah, tout d’abord parce qu’il prend appui sur le même fantasme pris pour une réalité : la Oummah, « la communauté musulmane internationale », est considérée comme une réalité, alors que celle-ci ne l’est pas et ne l’a jamais été. L’état d’esprit obsidional d’ABB s’enracine dans cette méprise, qui oblitère toute la réalité des divisions intra-musulmanes, passées et présentes. Il voit un bloc d’un milliard de personnes prêtes à envahir ses fjords, criant « Allah Akbar », alors que cette image n’est qu’un effet de la propagande des jihadistes eux-mêmes, qui aimeraient bien que cela soit ainsi, et qui l’utilisent pour intimider ceux qui ont la faiblesse de les croire. Les 700 pages qu’il consacre à l’islam ne rendent pas compte des fissures qui morcellent le « monde musulman », dont on peut aisément constater l’existence, ne serait-ce qu’en étudiant les empoignades des différents communautés musulmanes sur le sol français, notamment quand il est question de contrôler les mosquées.

Pour quelqu’un qui pose au grand stratège, cela commence plutôt mal. Il a beau citer la fameuse phrase de Sun Tzu (p.726), il ne connaît pas beaucoup ses ennemis. Il prend pour argent comptant ce qu’ils disent d’eux-mêmes, c’est-à-dire qu’il succombe à leur première mystification à visée stratégique. S’il avait lu ce Marx qu’il abhorre tant, il aurait appris qu’« On ne juge pas un individu sur l’idée qu’il a de lui-même. On ne juge pas une époque de révolution d’après la conscience qu’elle a d’elle-même. Cette conscience s’expliquera plutôt par les contrariétés de la vie matérielle, par le conflit qui oppose les forces productives sociales et les rapports de production. » (1)

Le délire paranoïaque démarre avec cette exagération de la puissance de l’ennemi, qui est le produit de la propagande ennemie elle-même. ABB y répond par la recherche d’un refuge dans les bras d’une puissance symétrique. Or il ne trouve dans l’Europe actuelle rien de réel qui ressemblerait au bloc musulman qu’il croit réel, et pour cause, puisque celui-ci n’est qu’un leurre. Le refuge réel qu’il cherche est forcément introuvable, car rien de réel ne peut contrebalancer une peur inspirée par une Oumma fantasmée. La réalité ne peut rien contre la fiction. Aussi se sent-il désespéré, comme il le confesse : « j’ai l’impression d’être une personne piégée à bord d’un vaisseau spatial en feu avec aucun endroit où aller. » (p.1419)

On peut comprendre son désespoir, car un feu imaginaire ne peut être éteint par aucune eau réelle. C’est pourquoi ABB se lance dans l’élaboration d’un feu imaginaire autochtone, pour contrer ce feu jihadiste, qui est lui-même une réaction fantasmatique de certains musulmans aux problèmes réels de leurs pays, interprétés comme une agression « des croisés et des juifs », entités dépourvues de toute réalité. ABB répond d’une manière fantasmatique à un fantasme, et, posant au néo-croisé, il cherche en quelque sorte à donner une réalité au fantasme de l’autre, pour que celui-ci lui donne à son tour la consistance dont il rêve.

Le plus incroyable, c’est qu’il l’écrit lui-même : « Que ce soit clair. La Oumma islamique européenne est notre plus puissante arme dans notre lutte contre le pouvoir établi. Notre objectif dans la Phase 1 et 2 (de son scénario rêvé, n.d.a.) sera de manipuler cette force en contribuant à radicaliser les musulmans. Ceci peut être achevé en les provoquant et en les incitant à choisir la voie du Jihad prématurément. La manière la plus efficace d’énerver les musulmans est de frapper leurs possessions les plus chères : leurs femmes. A travers des attaques mortelles et précises choisies stratégiquement (escarmouches) nous les inciterons à déclencher des révoltes violentes et de s’engager prématurément dans différentes formes d’activités jihadiques. Les médias n’auront pas d’autre choix que de couvrir ces révoltes, et ainsi, ils contribueront à radicaliser encore plus d’Européens. Cette spirale polarisera les sociétés et de plus en plus d’Européens connaîtront le vrai visage de l’islam et du multiculturalisme. Les réactions musulmanes et européennes monteront ensuite aux extrêmes (par catalyse réciproque) du fait que de plus en plus de personnes vont rejoindre à la fois les mouvements conservateurs culturels et les mouvements jihadistes. L’avenir des mouvements conservateurs est directement lié au développement des mouvements jihadistes et/ou de l’influence de l’islam dans les sociétés occidentales. C’est une relation symbiotique. (…) Attaquer des groupes de femmes est la seule approche pragmatique car ainsi beaucoup d’hommes, leurs maris, leurs fils, leurs frères et leurs oncles jureront de se venger et conséquemment rejoindront des réseaux jihadistes. » (p.931)

ABB écrit comme s’il avait lu René Girard, et comme s’il appliquait ses analyses de la violence, mais dans un sens totalement opposé, puisque consciemment apocalyptique. (2) On remarquera que son raisonnement est parfaitement mimétique : il veut pousser les musulmans à se radicaliser de la même manière que ce qu’il en a perçu l’a radicalisé. Il attribue 500 000 viols d’Européennes « de souche » aux musulmans établis en Europe (p.847), et au nom de ces victimes, il appelle les Européens à devenir comme leurs bourreaux, en s’en prenant symétriquement aux femmes musulmanes, qu’il ne conçoit guère comme des êtres humains. Il ne s’agirait même pas de simplement les violer, mais carrément de les assassiner, pour déclencher l’ire du mâle musulman, et lui fournir ainsi le combustible pour accélérer sa jihadisation latente. Cela est ignoble, et doublement ignoble de se donner pour un « chevalier » tout en prêchant cette ignominie. Cette stratégie « symbiotique » entre jihadistes et néo-templiers à la sauce Breivik ne saurait avoir d’autre issue que l’instauration du chaos sur tout le continent européen. Mais n’anticipons pas.

Sans refuge mental à la hauteur du danger, ABB cherche les responsables. L’Europe rêvée, qui aurait dû être là pour le protéger contre l’Oumma imaginaire, a bien dû être détruite par quelqu’un : ce sont ceux qu’il appelle les « Marxistes culturels/multiculturalistes » qui ont détruit l’abri psychique qu’il cherche désespérément. A cette étape, il raisonne aussi comme les jihadistes, car ceux-ci considèrent que l’Oumma a été corrompue par les « traîtres occidentalistes », qui sont d’ailleurs à peu près les mêmes que les « multiculturalistes » d’ABB : les féministes, les socialistes, les athées, les marxistes, qui ont été réellement assassinés, persécutés ou marginalisés dans tous les pays réislamisés. Ce dont ABB rêve pour l’Europe, l’épuration des « multiculturalistes », les jihadistes l’ont fait grandement dans les pays musulmans.

A partir de ce stade, comme il croit avoir avalé « la pilule rouge » et voir enfin « le désert du réel » (Matrix), tous ceux qui ne voient pas ce qu’il voit sont pour lui autant d’ « agents Smith » dont l’objectif serait de replonger les Européens dans un songe désarmant. Il se sent en guerre, il pense que la loi a été abolie (c’est le sens de sa déclaration « responsable, mais pas coupable »), parce qu’il considère que l’Etat a failli à son rôle de protection des Européens. Cette attitude est aussi le pendant exact de l’attitude de jihadistes qui massacrent leurs co-religionnaires musulmans. Un Ben Laden, les membres du FIS en Algérie, les terroristes égyptiens du Djamaa Islamiya qui ont mitraillé les touristes en novembre 1997 à Louxor, tous ces groupuscules considèrent que les Etats musulmans actuels se sont compromis avec les Occidentaux, qu’ils trahissent l’islam (même l’Arabie Saoudite !), et qu’ils laissent les musulmans se faire massacrer par les « judéo-croisés ».

Pour les jihadistes comme pour Breivik, les Etats actuels ne sont pas légitimes. Ils massacrent de concert non pas en ignorant le caractère meurtrier de leurs gestes (ABB se reconnaît « responsable »), mais en les inscrivant dans le nouveau cadre légitimant de la violence, d’un combat guerrier pour les « vrais Européens » d’un côté, et pour les « vrais musulmans » de l’autre (c’est pourquoi il se dit « non coupable »). Ceux-ci ne sont rien d’autre que des fantasmes du même acabit que l’Oumma et l’Europe néo-templière, ou comme feus « la race aryenne » du nazisme et « le prolétariat » du stalinisme. Des sources de légitimité fantasmatique pour des crimes bien réels, contre des musulmans, des Norvégiens, des Allemands (j’y inclus les juifs allemands), et des ouvriers russes bien réels.

(Dans le prochain article, je vais continuer de montrer la gémellité explicite entre ABB et les jihadistes.)

Radu Stoenescu

(1) Karl Marx, Avant-Propos à la Contribution à la critique de l’économie politique, 1859, édition La Pléïade, Karl Marx Oeuvres, Economie I.

(2) Voir René Girard, Achever Clausewitz, Ed. Carnets Nord, Paris, 2007. Les termes « spirale » et « montée aux extrêmes » sont typiquement girardiens. Voir aussi La spirale mimétique, Dix-huit leçons sur René Girard, sous la direction de Maria Stella Barberi, Ed. Desclée de Brouwer, 2001.

Zique de la semaine: J.S.Bach & Antoine.

Prêchi vous propose de passer la semaine avec un petit air de J.S.Bach dans la tête.
Interprété par les deux virtuoses que sont Glenn Gould et Yehudi Menuhin, cette sonate pour violon devrait vous enivrer de force et de joie… si ce n’est pas le cas, on ne peut plus rien faire pour vous….

et de son lieu de vacance Prêcha nous fait parvenir une chanson d’Antoine de 1966. Un morceau bien psyché: Un Éléphant Me Regarde

Marie-France Garaud: Retrouvons notre souveraineté.(vidéo)

Marie-France Garaud est diplômée d’études supérieures de Droit Privé, de Droit Public et d’Histoire du Droit de la faculté de Poitiers.Conseiller Technique au Secrétariat général à la Présidence de la République de Georges Pompidou, elle fonde en 1982 et préside depuis lors l’Institut International de Géopolitique, qui publie la revue trimestrielle Géopolitique et qu’elle dirige encore aujourd’hui..

Marianne a tout compris d’Oslo : c’est l’extrême droâââte qui tue !

Les journalistes de Marianne persistent à marcher sur les chemins balisés de la bien-pensance. Ils devraient essayer d’emprunter les sentiers escarpés de la liberté; l’air y est plus respirable. Certes on s’y sent un peu seul mais l’aventure est exaltante. Peut-être cette solitude effraie-t-elle les dirigeants appointés de l’hebdomadaire. Ils préfèrent sans doute suivre les traces de l’oligarchie, qui, tel un petit poucet, sème ses cailloux le long des routes de l’information afin que les journalistes égarés puissent retrouver la maison du bonheur sans prendre le risque de se faire dévorer par le grand méchant loup.

On se souvient des cris d’orfraie poussés par la caste au sujet d’un article de Philippe Cohen sur les intellectuels qui entourent Marine Le Pen. Le journaliste de Marianne avait commis l’imprudence de rédiger un article honnête sans prendre la peine de suivre les consignes anti-fascistes en vigueurs dans la profession. Il avait oublié de faire figurer la mention: Attention, Voter FN Tue. Illico, l’imprudent fut soupçonné de vouloir décontaminer le FN. Dans le Nouvel inquisiteur Joffrin-Mouchard (1) désigna du doigt les déviants (Elisabeth Levy, Eric Zemmour, Philippe Cohen…) et Jean-François Kahn se repentit d’avoir donné naissance à de pareils monstres… Un conte à faire frémir les enfants les plus incrédules.

Philippe Cohen a donc été sommé de bien vouloir suivre les petits cailloux semés sur la route et ne plus s’aventurer dans les bois même si le loup n’y est pas. L’ordre lui a été donné de prendre exemple sur ses camarades les plus discrets et les plus obéissants.(2)

En titrant en couverture de son dernier numéro : Oui, l’extrême droite Tue, Marianne a réparé, avec zèle, la faute commise par Philippe Cohen. Ouf, la caste peut souffler: l’extrême droite existe bel et bien, et c’est Marianne qui le dit.

L’extrême droite existe bel et bien, et elle est responsable des attentats commis par le Jobard d’Oslo.
L’extrême droite existe bel et bien, et vous la connaissez: c’est le Fn, le bloc identitaire, Riposte laïque, et tout ceux qui se sont rendus coupables un jour où l’autre d’avoir bu un verre de vin rouge, mangé une tranche de saucisson, critiqué l’islam, émis discrètement des doutes sur la politique d’immigration menée dans ce pays depuis trente ans.

Et si jamais vous vous définissez comme conservateur, rétif au multiculturalisme, opposé au mariage Homosexuel, baptisé et confirmé, vous avez le profil du parfait salopard en passe de devenir le pire psychopathe de toute l’histoire de la psychiatrie.

Marianne vous aura averti: en dehors de l’extrême droite, il n’y a pas d’autres causes à la folie du jobard d’Oslo. Contrairement à une attentat islamiste souvent présenté par nos bienpensants comme étant le signe révélateur de la détresse sociale que subissent des jeunes déjà victimes du mépris de l’occident, l’ attentat d’Oslo ne peut avoir qu’une seule explication: l’extrême droâââte!!!!

Dans l’un de ses articles, Marianne reproche au FN de crier à la manipulation médiatique car personne ne l’a accusé d’être responsable du massacre. Sauf que quand on désigne le Jobard d’Oslo comme un homme d’extrême droite et que pendant des années on présente le FN comme étant un parti d’extrême droite et qu’en plus on titre en UNE: Oui, l’extrême droite tue… on laisse entendre que le FN et les massacres d’Oslo c’est Kif Kif Bourricot !!!!

les journalistes de Marianne chercheraient à nous prendre pour des buses qu’ils ne s’y prendraient pas autrement.

Mais si le Fn, ou riposte Laïque ne sont pas responsables, qu’est-ce-qui chagrine Marianne ?

Ce qui chagrine Marianne, comme les indignés du PS c’est qu’un membre du bureau du FN Laurent Ozon (3) puisse s’interroger sur les mutations sociales et culturelles que connaissent les pays d’Europe soumis à une immigration massive et qu’il ose se poser la question suivante:
En quoi ces bouleversements sont-ils susceptibles de provoquer des répliques de cet événement en Norvège mais aussi partout, demain, en Europe ? Comment ne pas voir que cette violence monte et que nous ne pourrons la contenir si nous persistons à ne pas regarder la réalité en face ? »

Je ne vois ici rien de choquant. Laurent Ozon ne cherche absolument pas à dédouaner le jobard d’Oslo de son acte absurde et détestable, il fait ce que font habituellement les média quand il s’agit d’un attentat islamiste: remettre dans son contexte un acte qui nous dépasse par sa folie et sa violence.

Mais ce qui vaut pour l’ un ne vaut pas pour l’autre. A Marianne, on souffre d’indignation hémiplégique, et se poser la question en ces termes c’est du racisme. Cette réaction ne fait que confirmer ce que souligne le journaliste Dominique Jamet sur le site Atlantico(4):

Il n’est pas douteux que le carnage d’Oslo et les justifications qu’avance son auteur, mégalomane narcissique mais parfaitement conscient de ses actes et cohérent dans son délire, apportent une bouffée d’oxygène bienvenue au discours quelque peu fané des professionnels de l’antiracisme et des docteurs de l’angélisme.

L’occasion était trop tentante de ressortir du placard les amalgames les plus éculés et de confondre dans une même condamnation tous ceux qui, sur la base d’analyses, d’inquiétudes, d’intentions et de propositions bien différentes, ont tenu à un moment ou un autre des propos politiquement incorrects sur l’immigration et plus précisément sur la menace que l’Islam ferait peser sur notre culture et notre civilisation…. Il existe actuellement une doxa politiquement correcte de l’immigration dont il est aussi dangereux de s’écarter que d’un chemin sécurisé à travers un champ de mines.

Oui, Jamet a raison, depuis quelques semaines les amalgames vont bon train. On peut tout se permettre, on ne risque rien, on est dans le camp du bien. Pas un mot plus haut que l’autre et écrasons l’infâme. C’est la posture des journalistes de Marianne. Des journalistes frileux et sans courage. Des journalistes au cul des autres. Des journalistes qui se flairent. À la queue leu leu. Au train. Des journalistes qui ne pensent pas plus haut que l’autre. Des journalistes qui s’écoutent penser. Des qui se regardent minauder. Blablater. Des journalistes d’approbation dont le métier consiste à remplir de leurs paroles stériles le vide qu’on veut bien leur laisser remplir.

Pensez-vous qu’il serait envisageable de lire dans Marianne l’analyse que propose de Radu Stoenescu dans Riposte laïque ? Non.

Quel courage faut-il à un journaliste de Marianne pour sous-entendre que la peur de l’islam que Christine Tasin assume en se définissant comme islamophobe, est assimilable à de la haine ? Aucun courage. Si les journalistes de Marianne possédaient une once de bravoure, ils n’auraient pas laissé la question qu’ils posent en suspens : Quel rapport entre la phobie et la haine de l’autre ?
Mais à Marianne on ne prend pas le risque de répondre aux questions que l’on se pose. On garde un air condescendant. La réponse est dans le silence qui suit le point d’interrogation. Un silence qui suggère. Un silence lâche, un silence hypocrite qui n’ose même pas aller jusqu’au bout de sa pensée.

En 2003, en réaction à un article du journaliste Xavier Ternisien qui prétendait que l’islamophobie était assimilable à un racisme anti-arabe, l’écrivain René Pommier (5) avait expliqué la chose suivante :

« Mon islamophobie ne se nourrit que de mon aversion pour l’islam qui n’est elle-même qu’une des facettes d’une aversion générale qui englobe toutes les religions, tous les mouvements sectaires, et, bien sûr, l’astrologie et toutes les formes d’obscurantisme. Pour être islamophobe il n’est nul besoin d’être raciste, il suffit d’être rationaliste. Si un chrétien, un juif ou un musulman ont le droit, et personne ne songe à le leur contester, de dire tout le bien qu’ils pensent de leurs religions respectives et notamment de prétendre qu’elles ont été instituées par Dieu, les incrédules doivent avoir le droit de dire tout le mal qu’ils en pensent, eux, et notamment d’affirmer qu’elles sont une insulte à l’intelligence humaine ».

À défaut de pouvoir tourner sept fois leur langue dans leur bouche avant de l’ouvrir pour dire n’importe quoi sur les plateaux de télé où ils sont si souvent invités, nous espérons que ces phrases de René Pommier tourneront en boucle dans les tête désertifiées des journalistes multicartes de Marianne.

Jérôme Cortier

(1) http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=10589

(2) Parmi eux figurent les deux prêtres de la morale républicaine: Maurice Szafran et Nicolas Domenach. La vidéo mise en ligne par Médiapart où on les voit fendre un cordon de CRS afin de rejoindre une palanquée de petit-bourgeois sarkosystes à l’occasion de la fête d’anniversaire d’Alain Minc est une preuve incontestable de la duplicité des dirigeants de Marianne. Voilà des années que les journalistes de ce journal font mine de se poser en rempart contre la confrérie des penseurs de salon, pendant que leurs dirigeants festoient avec l’un de ses plus hauts dignitaires.

Les faux-dissidents de Marianne se révèlent être des piques-assiettes. Des gloutons jamais rassasiés et qui ne peuvent se contenter de sucer des cailloux. C’est ainsi que les goinfres de la République des média se sont retrouvés face à DSK lors d’un diner privé, quinze jours avant que le directeur du FMI ne se fasse épingler par la police américaine. Une rencontre qui devait rester secrète et qui ne fit l’objet d’aucun article comme le révèle le site d’Arret sur image.
Décidement, les journalistes mal-embouchés de Marianne savent se montrer bien dociles quand la caste le leur demande.
http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4032

(3) http://ozonpolitique.blogspot.com/2011/07/norvege-pouvons-nous-maintenant_26.html#more

(4)http://www.prechi-precha.fr/2011/08/01/est-il-interdit-de-parler-dimmigration-en-france/

(5) http://action-republicaine.over-blog.com/article-3512791.html

Est-il interdit de parler d’immigration en France ?

L’extrême droite et la droite populiste responsables moraux des attentats d’Oslo ? C’est ce qu’on peut lire dans plusieurs médias nationaux. Preuve qu’il est toujours difficile de parler sereinement d’immigration en France…

Il y a huit ans, le nommé Richard Durn remplissait la mission – « cruelle mais nécessaire » – qu’il s’était assignée, à savoir tuer un maximum de membres du Conseil municipal de Nanterre, ville qu’il disait « exécrer ». Personne – je veux dire personne de bonne foi – ne prétendit alors que le Parti socialiste, les Verts ou la Ligue des Droits de l’homme, trois organisations dont il avait été membre, étaient pour quelque chose dans l’acte de ce dément. Durn lui-même, dans une lettre-testament, avait expliqué qu’il voulait seulement une fois dans son existence se sentir libre et puissant, et conclure sur ce coup d’éclat sa « vie de merde ».
L’extrême droite et la droite populiste responsables des attentats d’Oslo ?

Aussi bien, dans un premier temps, aucun journal, aucune organisation politique n’ont accusé le Parti du progrès norvégien, et pas davantage le Front national ou l’UMP, d’avoir organisé ou commandité le massacre conçu et perpétré par Anders Breivik, tant il était évident que l’idée tordue d’exterminer le plus grand nombre possible de jeunes Norvégiens pour mieux contenir l’Islam avait germé et fleuri toute seule dans ce cerveau fêlé. Laurent Joffrin a même tenu, avec beaucoup d’élégance, à disculper Robert Ménard et Eric Zemmour et, après réflexion, Elisabeth Lévy : ils n’étaient pas dans le coup.

Une telle sagesse, une telle modération ne pouvaient pas durer. Deux jours ne s’étaient pas écoulés que, s’étant ressaisis, le MRAP, SOS Racisme, Rue 89, Libération, après une enquête expresse, désignaient les responsable moraux de la récente tuerie et des tueries à venir : les droites extrêmes, les partis populistes, les apprentis-sorciers de la majorité qui, en faisant de l’immigration le bouc émissaire de tous nos maux, font souffler sur l’Europe et la France, les vents mauvais, les vents « délétères », les vents « nauséabonds » de la xénophobie et du racisme. D’où le réchauffement climatique de la haine, à l’origine de la vague de terrorisme chrétien fondamentaliste que pressentent les augures. Au fait, Benoît XVI a-t-il condamné les crimes de M. Dupont de Ligonnès ?

Il n’est pas douteux que le carnage d’Oslo et les justifications qu’avance son auteur, mégalomane narcissique mais parfaitement conscient de ses actes et cohérent dans son délire, apportent une bouffée d’oxygène bienvenue au discours quelque peu fané des professionnels de l’antiracisme et des docteurs de l’angélisme.

L’occasion était trop tentante de ressortir du placard les amalgames les plus éculés et de confondre dans une même condamnation tous ceux qui, sur la base d’analyses, d’inquiétudes, d’intentions et de propositions bien différentes, ont tenu à un moment ou un autre des propos politiquement incorrects sur l’immigration et plus précisément sur la menace que l’Islam ferait peser sur notre culture et notre civilisation. C’est une chaîne longue et lâche dont les premiers maillons s’appellent François Mitterrand (« le seuil de tolérance »), Valéry Giscard d’Estaing (« l’invasion »), Jacques Chirac (« le bruit et l’odeur »), Nicolas Sarkozy (« la racaille »), Alain Finkielkraut (« la France se métisse »).
La doxa politiquement correcte de l’immigration

Jusque là, tout va bien, mais le discours de Grenoble est-il si différent du discours de Le Pen, M. Guéant ne persécute-t-il pas les sans-papiers, M. Longuet n’a-t-il pas appartenu au mouvement Occident, la Droite populaire, composante de l’UMP n’est-elle pas une passerelle vers le Front national, le Front national est-il aussi éloigné qu’il voudrait le faire croire des Identitaires, lesquels sont bien proches des néonazis qui ne désapprouvent pas Anders Breivik, propagandiste par l’exemple d’une nouvelle solution finale ? Tous populistes, tous extrêmistes, tous racistes ! C’est l’habituelle et insupportable reductio ad hitlerum, l’anathème qui dispense d’explication, l’arme absolue, dans le dialogue, de ceux qui refusent le dialogue, la forme contemporaine du « fasciste ! » qui, des années cinquante aux années quatre-vingt, fut l’efficace joker par lequel les communistes mettaient victorieusement fin à tout débat.

Il existe actuellement une doxa politiquement correcte de l’immigration dont il est aussi dangereux de s’écarter que d’un chemin sécurisé à travers un champ de mines.
France : terre d’immigration…

L’article premier en est que la France a toujours été une terre d’immigration. Les preuves en surabondent d’ailleurs : Blanche de Castille, Pétrarque, Vinci, Anne d’Autriche, Jean-Baptiste Lully, Marie-Antoinette…

Aucun immigré en particulier, et l’immigration en général, si l’on en croit la doxa, ne posent aucun problème d’aucune sorte, ni d’ordre public, ni d’ordre social, ni d’ordre culturel, ni d’assimilation. Les seuls problèmes viennent de ceux que nous leur créons, à travers la discrimination, la chasse au faciès, la ghettoïsation, la répression des sans-papiers.

Il n’y a aucune différence d’aucune sorte, dans aucun domaine, entre un Français de souche, français depuis vingt générations et un Français naturalisé depuis cinq minutes, un Français binational, un Français francisé, même s’il ne le souhaite pas, parce qu’il est né et a grandi sur notre sol, et un Français heureux bénéficiaire d’un mariage blanc.

L’immigration est un enrichissement : elle ouvre notre culture sur les autres cultures, remplit les caisses de la Sécurité sociale, diversifie notre cuisine et crée notamment dans le secteur agricole (l’herbe) et dans le secteur industriel (héroïne, crack et cocaïne) des dizaines de milliers d’emplois.

Mais cessons d’enfiler les perles. La vérité est que la France est confrontée depuis la fin de la seconde guerre mondiale à une situation sans équivalent dans son histoire depuis qu’elle existe, c’est-à-dire depuis le dixième siècle et la fin des grandes invasions. Ce pays – le nôtre – à la démographie stagnante, comme tous ses voisins à la population vieillissante, est passé en soixante ans seulement de quarante à soixante-cinq millions d’habitants. Cette augmentation extraordinaire, signe et source de vitalité, s’explique pour l’essentiel (sans que quiconque puisse fournir un chiffre exact, puisque la loi nous interdit de savoir qui nous sommes) par un apport de sang nouveau. Autant qu’on puisse le mesurer, il semble qu’aujourd’hui un habitant de la France sur trois soit étranger, fils ou petit-fils d’étrangers.
… en pleine mutation

Comment une telle mutation, qui a d’ailleurs coïncidé avec le passage d’une société plus qu’à demi-rurale à une société urbanisée et qui a coïncidé avec la perte d’un certain nombre de repères anciens (l’Eglise, l’armée, la patrie, le drapeau, la famille traditionnelle) pourrait-elle ne poser aucun problème d’adaptation ?

Et cela d’autant plus que l’immigration qui a modifié et modifie chaque jour le visage de la France n’est pas une immigration de proximité, géographique et ethnique, donc aisément assimilable, mais une immigration largement africaine et asiatique, principalement musulmane, démographiquement jeune et féconde, socialement pauvre, culturellement différente. Quel rapport avec le racisme ou l’antiracisme a le fait de s’interroger, très légitimement, sur les conséquences que l’immigration peut avoir en termes de niveau de vie, d’évolution des mœurs et de la culture, de sécurité et sur les nouvelles bases de l’identité nationale ? Nous sommes à un tournant, et un tournant difficile, d’une histoire dix fois séculaire.

On peut évidemment regarder ailleurs. On peut évidemment n’en jamais parler et n’y jamais penser. On peut estimer que l’immigration est une chance pour la France. Mais la meilleure attitude consiste-t-elle à nier ou à affronter la réalité ?

Face à cette réalité, la classe politique installée – les deux grands partis de gouvernement – reste majoritairement sur la ligne qui a sépare la France d’en haut de la France d’en bas, et qui a coupé les élites bien portantes des masses bien souffrantes. Elle sait mieux que le peuple ce qui est bon pour le peuple, et n’aime pas que celui-ci se mêle de ses affaires. A l’inverse, ceux qui, à gauche comme à droite, exploitent les colères et les frustrations du peuple et lui murmurent à l’oreille ce qu’il a envie d’entendre peuvent être dits populistes, entendez démagogues. Mais est-il si choquant d’écouter le peuple, et de tenir compte de ce qu’il vit et de ce qu’il veut ? Le populisme est aussi un visage de la démocratie.

Dominique Jamet
Atlantico

La préférence nationale vient de la gauche : hommage à Christian Jelen + Vidéo

Michel Ciardi rend hommage dans les colonnes de Riposte laïque à son camarade Christian Jelen. Il en profite pour publier un article de ce dernier paru le 22 Juin 1998 dans Marianne et qui démontre que la préférence nationale est historiquement de gauche.

Journaliste et écrivain Christian Jelen, mort le 25 octobre 1998, fut un homme droit, un homme d’honneur, un français, un républicain. Il venait de terminer son livre, « la guerre des rues ». Ecrivain, journaliste au Point, il était spécialiste des problèmes de société et de l’immigration. Il publia plusieurs ouvrages dont L’Aveuglement chez Flammarion en 1984, La France éclatée ou les reculades de la République en 1996, Les Casseurs de la République en 1997 et La guerre des rues en 1998.

Cet article de celui qui écrivit sur l’immigration et ses risques, sur la tendance des « intellectuels français » à décrire une France « moisie » « pétainiste », revêt aujourd’hui une importance qu’à l’époque seule quelques personnes comprirent. Fort de l’intégration réussie en France de ses parents, juifs immigrés de Pologne avant guerre, il méprisait ceux qui tentait de donner de la France l’image d’un pays où en 1942 tous les habitants collaboraient avec les allemands en dénonçant les juifs.

Avec Christian je fus un samedi après-midi en 1993 à l’origine de ce que l’on appela « l’autre pétition » et qui figura dans le journal « Marianne ». Cette pétition se voulait un soutien aux lois Pasqua sur l’immigration et une réponse de ceux qui de la gauche républicaine à la droite que j’appellerai « patriote et pasquaienne » furent écœurés par ceux qui non seulement défilèrent contre la loi Pasqua mais le firent sous le mot d’ordre « l’appel de ceux qui ont un nom difficile à prononcer ».

Christian et moi-même furent horrifiés par cette mascarade boboïsante, d’autant que parmi les clowns habituels (Jack Lang n’ayant plus honte de son judaïsme ) se glissèrent des hommes honorables comme Henri Krasucki, déporté à 14 ans mais qui ne pouvait concevoir que le parti fut en dehors de cette manifestation et que beaucoup de signataires et participants à cette manifestation, excipèrent de leurs qualité de juif, pour donner (selon eux) plus de force à leurs clameurs.

Moi dont la mère, Zysla Zylberglajt, était dans ce cas de figure des noms particulièrement difficiles à prononcer, j’étais d’autant plus triste et amère que je connaissais depuis longtemps les amitiés maréchalistes de François Mitterand et que cette manifestation dont le Parti socialiste, la gauche et l’extrême gauche étaient à l’origine, marqua le début du processus qui m’amena à la rupture avec la gauche.

C’est après cette pétition qu’avec quelques personnes dont Philippe Cohen, alors responsable des pages économie de « Marianne » nous créâmes la fondation Marc Bloch.
Cet article est un hommage à un homme, dont je ne sais si aujourd’hui, il soutiendrait « Riposte Laïque », je me refuse à enrôler les morts, mais dont je sais pour en avoir longuement discuter avec lui, que l’amitié et le respect qu’il portait à Jean-François Revel, venait non seulement de la pensée de ce dernier mais de celui qui à 17 ans s’engagea dans la résistance et tua son premier « boche » l’on dirait aujourd’hui « soldat allemand ».
Ce modeste hommage à Christian Jelen est pour moi un moyen pour payer la dette que nous avons envers un tel homme.

Michel Ciardi

LA PREFERENCE NATIONALE VIENT DE LA GAUCHE

Il suffit de parler de préférence nationale pour déclencher l’hystérie des prêcheurs du conformisme pluriel, le Monde, Les Verts, les trotskistes, les gauchistes de FO et de la CFDT, les communistes, certains socialistes, des chefs du RPR et de l’UDF, etc. «La préférence nationale, martèlent-ils, c’est Le Pen, c’est l’extrême droite.» Désolé de les contredire: la préférence nationale n’a pas été inventée par Le Pen. Elle ne date pas non plus de Vichy. Elle plonge ses racines dans l’histoire du mouvement ouvrier. D’où sa résonance dans l’électorat populaire.

La protection des travailleurs nationaux est au coeur des débats de la 1re Internationale, créée en 1864 à Londres. Ses fondateurs, dont Karl Marx, veulent contrôler les mouvements de main-d’oeuvre afin que les patrons ne puissent recourir aussi facilement aux travailleurs étrangers pour briser une grève ou faire baisser les salaires. Vers la fin du XIXe siècle, tant qu’il y a de l’embauche, les ouvriers parisiens ne songent pas à demander l’expulsion des étrangers, d’autant que ceux-ci, déjà, se chargent des besognes les plus dangereuses ou les plus viles. Mais, dès que la crise économique éclate, la présence des étrangers est remise en question. Faut-il s’étonner que les premiers décrets restreignant le travail des étrangers en France aient été signés en août 1899 par Alexandre Millerand, premier socialiste membre d’un gouvernement ?

La préférence nationale est au centre des débats du syndicalisme ouvrier, aussi bien avant 1895, année de naissance de la CGT, qu’après. Pour les syndicalistes, des immigrés trop nombreux forment la réserve du capitalisme dont parlait Marx. Les patrons s’en servent pour diminuer les salaires. Pour ne pas en arriver à une situation conflictuelle, la CGT préconise un strict contrôle des flux migratoires.

En 1915, en pleine guerre, la CGT pose la question des ouvriers étrangers: « On ne peut pas les faire venir là où la main-d’oeuvre locale est suffisante… Il faut ensuite assurer aux immigrants un salaire égal à celui des ouvriers nationaux employés dans la même profession.» La création d’un Conseil supérieur de l’importation de la main-d’oeuvre étrangère est exigée. Après 1920, la CGT non communiste, majoritaire, proteste contre l’immigration clandestine et les faux réfugiés politiques, surtout à partir de 1931, quand la France subit la crise économique. La SFIO, par la voix de Léon Blum dans le Populaire, admet qu’«en temps de crise, toute immigration supplémentaire doit être suspendue. […] Pour prévenir les conflits possibles entre chômeurs français et travailleurs étrangers.» Et leur prévention exige un contrôle des flux migratoires.

La crise s’aggravant, la gauche vote ou fait voter des lois de préférence nationale (loi Herriot de 1932 et décrets-lois Daladier de 1938), d’une grande brutalité. Lors de son congrès de Royan, en 1938, la SFIO admet que «la France ne peut pas supporter à elle seule la plus grosse part des charges découlant du droit d’asile» des réfugiés allemands, autrichiens, juifs, espagnols… Cinquante ans avant Rocard, Blum et ses amis reconnaissent que la France ne peut pas «accueillir toute la misère du monde».
Après la Libération, ainsi que François de Closets le rappelle dans le Compte à rebours (Fayard), la gauche a largement contribué à faire bénéficier le secteur public de la préférence nationale. Des artistes ont aussi accès à ce privilège. Ainsi, la France statutaire bénéficie de la préférence nationale, mais la refuse à la France précaire. C’est une situation aberrante, malsaine. Que nos dirigeants, de gauche ou de droite, devraient aborder avec courage. Sans sombrer dans les petites lâchetés ou l’hystérie.

Christian Jelen

Lundi 22 Juin 1998, paru dans Marianne

Quand la gauche refusait l’immigration:


Marchais immigration par Chevalier_du_Christ

Le tueur norvégien: un jihadiste anti-jihadiste (2ème partie)

Cet article est le deuxième d’une série qui vise à analyser les motivations du tueur et les retombées des assassinats d’Oslo. Ces articles sont écris par Radu Stoenescu pour Riposte Laïque.

Pour lire le premier, cliquer ici.

Si Anders Behring Breivik (désormais ABB) est un délirant, il ne faut pas en conclure que tous les éléments avec lesquels il a construit son délire sont faux. « Les interprétateurs ne méritent pas l’épithète d’aliénés dans le sens étymologique du terme (alienus, étranger) : ils restent en relation avec le milieu, leur aspect se maintient normal ; quelques-uns réussissent à vivre en liberté jusqu’à la fin sans attirer l’attention autrement que par certaines bizarreries ; la plupart sont internés, non pas en raison de leurs idées délirantes, mais à cause de leur caractère violent et impulsif qui les rend dangereux. S’entretient-on avec eux, lit-on leur correspondance ou leurs mémoires, non seulement il arrive qu’on ne relève aucun propos déraisonnable, mais on constate une façon de s’exprimer correcte, des associations d’idées normales, des souvenirs très fidèles, une curiosité éveillée, une intelligence intacte, parfois fine et pénétrante. On ne peut mettre en évidence ni hallucinations actives, ni excitation, ni dépression ; pas de confusion, pas de perte des sentiments affectifs. Des entretiens prolongés ou répétés sont souvent nécessaires pour découvrir certaines particularités. (…) Les interprétateurs n’inventent pas de toutes pièces des faits imaginaires ; il ne s’agit pas de fictions sans fondement ou de rêveries d’une fantaisie maladive. Ils se contentent de dénaturer, de travestir, d’amplifier des faits réels : leur délire s’appuie à peu près exclusivement sur les données exactes des sens et de la sensibilité interne. » (Sérieux et Capgras, Les folies raisonnantes – le délire d’interprétation, 1906, cité par Jacques Lacan in « Dans la psychogénie des psychoses paranoïaques », De la Psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité suivi de Premiers écrits sur la paranoïa, Éditions du Seuil, collection Champ frudien, 1975)

J’ai donné une citation aussi longue pour éclairer la nature du délire paranoïaque certain qui anime ABB, et pour souligner que les assassinats qu’il a perpétrés ne sauraient aucunement jeter le discrédit sur l’ensemble des auteurs, des blogs, des analyses et des faits qu’il utilise pour bâtir cet édifice qu’il a pompeusement intitulé 2083 A European Declaration of Independance. Le caractère délirant de son écrit ne tient pas aux éléments particuliers qui le constituent, mais en leur agencement en vue de justifier son passage à l’acte meurtrier. Blâmer cet assassin ne signifie nullement qu’il faille rejeter l’ensemble des idées qu’il invoque tout au long de son « manifeste ». Faire cela, c’est méconnaître la nature même du délire, et de la pathologie mentale dont souffre manifestement ABB.

Plus précisément, il faut rejeter cette vision du monde à la Matrix qui consisterait à croire qu’il y a d’un côté l’absolue vérité, et d’un autre l’absolue illusion. C’est cette conception qui animait ABB ; dans le chapitre 3.22., intitulé significativement « Utiliser la terreur comme méthode pour réveiller les masses – beaucoup de nos compatriotes nous haïrons pour cela », il écrit : « Tu te souviens peut-être d’un personnage du premier épisode de Matrix ; d’une certaine manière ce personnage avait été réveillé de son cocon où il était connecté à un monde imaginaire, un programme d’ordinateur. Il n’aimait pas la réalité qu’il voyait désormais, car cela impliquait de souffrir et de combattre les machines avec des chances minimes de succès. Il ne voulait ni se battre ni souffrir. Tout ce qu’il souhaitait, c’était d’être reconnecté à son cocon où il pourrait à nouveau vivre dans son monde imaginaire– déconnecté de la réalité. Le personnage alla si loin qu’il coopéra avec les machines et qu’il trahit les siens, pour la promesse d’être replacé dans son cocon. Il ne voulait tout simplement pas voir la réalité en face et il aurait même tué les siens pour éviter de l’affronter. D’une certaine manière, ce personnage représente l’Européen lambda. Des dizaines de personnes que nous voulons sauver du génocide européen en cours ne veulent pas de notre aide (ou tout au moins, croient qu’elles ne veulent pas de notre aide). En fait, beaucoup d’entre elles feraient tout en leur pouvoir pour éviter d’être confrontées à la réalité. Ceci explique pourquoi très souvent des personnes bien intentionnées, qui tentent d’avertir les gens autour d’elles d’un danger imminent, sont condamnées, ridiculisées et même persécutées. C’est à nous, les quelques courageux, d’accomplir cette tâche ingrate de réveiller les gens de leurs cocons et de les recruter pour les mouvements de résistance de l’Europe. Malheureusement, la nature humaine peut très souvent être désavantageuse pour nous. Beaucoup de gens se sont adaptés à ce système génocidaire et certains ont même indirectement accepté leur destin. Ils acceptent que les régimes marxistes culturels/multiculturalistes anéantissent l’identité européenne, nos cultures, nos traditions et même nos Etats nations. Beaucoup sont endoctrinés à un tel degré qu’ils vont défendre ce programme d’extermination avec leur propre vie. » (p.846)

ABB pense qu’il a avalé la « pilule rouge » et qu’il voit désormais la réalité, avec onze autres illuminés qui s’auto-intitulent « les nouveaux Templiers » (p.827), tandis que le commun des mortels baignerait encore dans l’illusion générée par la Matrice, et se doperait avec de « pilules bleues ». Son livre même est pensé comme une « pilule rouge », apte à ouvrir les yeux de endormis, dont il voudrait administrer des doses répétées au monde entier. Mais c’est cette alternative même qui est délirante. Il ne s’agit jamais dans la vie de choisir entre deux discours systématiques, dont l’un serait absolument vrai et l’autre totalement inventé. « Le choix entre la pilule bleue et la pilule rouge n’est pas vraiment un choix entre l’illusion et la réalité. Bien sûr, la Matrice est une machine à fictions, mais ces fictions structurent déjà notre réalité. Si on enlève de notre réalité les fictions symboliques qui la régulent, on perd la réalité elle-même. Il y a une troisième pilule. C’est une pilule qui te fait voir la réalité non pas derrière l’illusion, mais la réalité dans l’illusion elle-même. » (1)

Le caractère fallacieux du choix entre les deux pilules, ressort de la description que donne ABB de « l’Européen lambda », car celle-ci peut très exactement lui être appliquée à lui-même et à son discours. Qui a tué « même les siens » pour éviter d’affronter la réalité ? Qui s’est endoctriné lui-même à un tel point qu’il était prêt à défendre « son programme d’extermination avec sa propre vie » ? Breivik lui-même.

Aussi il ne faut pas choisir entre les idées sur lesquelles ABB a échafaudé son délire et ce qu’on appelle, faute de mieux, le discours dominant. « Le spectacle, écrivait Guy Debord, est une misère, beaucoup plus qu’une conspiration. » C’est pourquoi il faut aussi dénoncer ceux qui saisissent cette occasion, comme le MRAP, Laurent Joffrin, Patrick Lozès, etc., pour parler symétriquement comme si c’étaient eux qui avaient avalé la « pilule rouge », et ABB la « bleue ». Toutes les idées exprimées par ABB dans son manifeste ne sont pas des histoires à dormir debout. Comme tout délirant, il ne fait que « travestir, dénaturer et amplifier des faits réels ».

Tous ceux qui déduisent de l’acte de ce malade, qu’il faut censurer aussi ceux qui expriment certaines des idées qu’il développe dans son opus, raisonnent de la même manière délirante. De même, tous ceux qui pensent qu’ABB a rendu un service à la lutte contre l’islam, en massacrant des jeunes gens désarmés, et que ce serait trahir la « cause » que de l’en blâmer, sous prétexte que c’est aussi ce que fait « le système », s’enfoncent dans la même folie mégalomaniaque. Que ceux qui seraient tentés de l’imiter, ou d’en faire un martyre, sachent dès à présent qu’ils sont les pires ennemis de la liberté et de la fraternité, et les meilleurs amis des jihadistes, qu’ABB a imités ! La fin n’excuse pas les moyens, les moyens et la fin, c’est la même chose. Par les moyens de la terreur, on n’arrive qu’à la terreur.

Pour le dire avec les mots mêmes d’ABB : « Un chevalier justicier n’est pas seulement un preux guerrier résistant, une armée en un seul homme, il est aussi une agence de marketing à lui tout seul. Nous vendons la promesse d’un meilleur avenir à nos peuples et à nos enfants. Des combattants de la résistance sont de plusieurs points de vue des représentants de commerce. Ils sont les fournisseurs et les ambassadeurs non seulement de leurs organisations et mouvements spécifiques mais aussi du futur que nous voulons créer. Ainsi, il est important que tous les combattants de la résistance apprennent les bases de la vente et du marketing. Ne pas réussir à comprendre les concepts de base de la vente et du marketing limitera significativement l’impact et l’efficacité du message que nous voulons diffuser. » (p.1069) Tout cela est parfaitement juste, car on juge toujours un idéal à l’aune de ceux qui le portent, sauf qu’il semblerait que dans son manuel de marketing, on ait omis de lui expliquer un détail, ce concept de base de la vente, que massacrer soixante-dix adolescents n’est pas la manière plus efficace de « vendre » un meilleur avenir, ni à eux, ni à leurs parents, ni à leurs amis !

La conception de l’islam d’ABB constitue l’exemple de dénaturation et d’amplification qui doit être dénoncé avec la plus grande vigueur. Si elle puise à des sources que nombre d’islamo-vigilants citent aussi, comme les livres de Bernard Lewis, Robert Spencer, Bat Ye’Or, ou Ayaan Hirsi Ali, ou les discours de Geert Wilders, l’islamophobie d’ABB est à mille lieues de la critique d’une doctrine que des individus – les musulmans – peuvent librement rejeter. Il écrit : « Ces musulmans criminels voient l’Europe comme dar-al-Harb (la maison de la guerre), comme l’enseigne le Coran. Ainsi, l’exploitation et le pillage des Européens et de leurs ressources sont les droits divins de tous les musulmans. Un infidèle est un individu qu’un musulman dévot voit comme un détritus humain, un citoyen de seconde zone. Ces musulmans par conséquent s’appuient sur le droit que leur concède Allah pour violer, tuer et voler les Européens, dans la mesure où ils considèrent cela comme un butin de guerre. Ne fait pas d’erreur. Ces Musulmans doivent être considérés comme des animaux sauvages. Ne blâme pas les animaux sauvages, mais plutôt les traîtres multiculturalistes qui ont autorisé ces animaux à entrer sur nos terres. » (p.490)

Voilà une conception de l’islamophobie que nous avons toujours fermement rejetée, et qu’Ayaan Hirsi Ali, Taslima Nasreen, Magdi Allam, Pascal Hilout, Robert Spencer, Geert Wilders ont toujours aussi fermement rejetée. C’est une conception raciste et comme telle, fausse et dangereuse. C’est faire à l’islam trop d’honneur et aux musulmans trop peu, que de croire que ceux-ci ne peuvent congénitalement pas critiquer ou rejeter celui-là. C’est rabattre les hommes sur le texte du Coran, et considérer à la manière salafiste, qu’ils ne sont que l’incarnation du texte mahométan. C’est adhérer en quelque sorte à la doctrine musulmane de la fitra, c’est-à-dire de croire que l’islam est la « religion naturelle » des Hommes. On n’aura de cesse de le répéter : l’islam n’est pas une doctrine plus spéciale qu’une autre, qu’un individu, fût-il élevé dedans, ne puisse s’en défaire. La preuve, ce sont les efforts désespérés des intégristes pour maintenir la majorité des musulmans à l’intérieur de ce carcan : la condamnation à mort pour apostasie prouve comme telle que celle-ci est une tentation si grande que seule la terreur peut empêcher la fuite hors de l’islam.(2) ABB ne voit pas, parmi beaucoup d’autres choses, une réalité de taille : aujourd’hui, dans le monde, ce sont les musulmans qui sont les premières victimes des musulmans. Cela ne signifie bien sûr nullement que le développement de l’islam en Europe ne pose aucun problème, bien au contraire.

(Je sais, j’avais promis de montrer comment ABB était le frère jumeau d’un jihadiste. Mais ce sera dans les prochains épisodes.)

Radu Stoenescu

(1) Slavoj Zizek, The pervert’s guide to the cinema. http://www.youtube.com/watch?v=8sFqfbrsZbw

(2) Voir un article déjà ancien: Syndrome de Stockholm: l’islam, une gigantesque prise d’otages ?

Le tueur Norvégien: un jihadiste anti-jihadiste (1re partie)

Cet article est le premier d’une série qui vise à analyser les motivations du tueur et les retombées des assassinats d’Oslo. Ces articles sont écris par Radu Stoenescu pour Riposte Laïque

Le massacre de près d’une centaine de jeunes Norvégiens par un tueur froid et méthodique, qui vient de s’en déclarer « responsable, mais pas coupable », est un acte qui ne cessera pas de sitôt d’interroger nos consciences. Qu’il cite Georgina Dufoix sans la connaître n’est que le moindre des mystères. Je suis révulsé par l’attitude de certains militants islamo-vigilants qui veulent voir dans son acte la manifestation d’un quelconque patriotisme, d’un attachement au christianisme d’une abnégation admirable, et comme le signal d’une révolution conservatrice censée sauver l’Europe du chaos et de la dhimmitude. Il faut le dire clairement et sans ambages : Anders Behring Breivik est un assassin qui a échafaudé un délire intégrant des éléments de discours islamo-vigilants, des critiques du politiquement correct et du multiculturalisme, ainsi qu’une bouillie pseudo-catholique essentiellement centrée autour des Templiers et des Indulgences, afin de justifier son passage à l’acte. C’est ce qui ressort clairement du “manifeste-journal” de 1500 pages qu’il a posté en ligne quelques heures avant son crime. (1)

C’est parce qu’ils ont vite compulsé cet écrit fleuve, que les journalistes l’ont présenté à la fois comme un franc-maçon (s’y trouve une photo d’Anders avec un tablier de l’Ordre), un chrétien fondamentaliste (il prétend être une sorte de néo-Templier), un islamophobe (700 pages sont consacrées à l’islam et à son emprise sur l’Europe) et un extrémiste de droite (200 pages dédiées au « marxisme culturel » ou « multiculturalisme »). Il ne fait cependant aucun appel aux théories racistes et dénonce les nazis, dont l’admiration pour l’islam est soulignée.

Son écrit se déploie en trois mouvements : les « marxistes culturels » nous ont mentis et trahis, l’Europe est en feu à cause de l’immigration musulmane qu’ils ont facilitée et encouragée, donc il faut lancer une guerre préventive de « salut continental », pour réinstaurer un ordre patriarcal, chevaleresque et conservateur, une sorte de Chrétienté rêvée, sortie tout droit d’un scénario de jeu vidéo (Breivik jouait beaucoup à World of Warcraft « hardcore raiding » pendant qu’il écrivait son opus et il s’est entraîné pour sa tuerie avec Modern Warfare 2, qu’il appelle « peut-être le meilleur simulateur militaire disponible. »)

Il y aurait beaucoup à dire sur cette littérature, faite de copié-collés de sites internet et de réflexions personnelles, qui sont d’une probité souvent glaçante. A la première lecture, et ne cessant jamais de mettre en rapport son écrit avec ses actes, Breivik m’a rappelé le personnage de John Doe, du film Se7en de David Fincher. Plus particulièrement, il faut revoir la dernière scène (2) où le criminel joué par Kevin Spacey explique ses motivations et l’emploi de la cruauté : « Si tu veux que les gens t’écoutent, tu ne peux plus leur donner simplement une tape sur l’épaule, tu dois les frapper avec un marteau de forgeron. Et ensuite tu verras qu’ils t’accorderont une attention totale. » De même Breivik écrit « Une fois que tu as décidé de frapper, il vaut mieux en tuer trop que pas assez, sinon tu risques de réduire l’impact idéologique souhaité lors de la frappe. Explique ce que tu as fait (dans une annonce distribuée avant l’opération) et assure-toi que tout le monde a compris que nous, les Européens libres, allons frapper et frapper encore. » (p.847)

Aussi faut-il comprendre sa tuerie dans une perspective double : dans son esprit, il s’agissait moins de décimer la jeune génération de « marxistes culturels » que de faire la publicité de l’idéologie justificatrice de son geste, à laquelle il espère rallier le plus d’ « Européens libres ». Le terrifiant John Doe de Se7en déclarait : « Le problème, c’est que nous voyons un péché capital à tous les coins de rue, et que nous le tolérons. Mais cela va changer. Je donne l’exemple. Et ce que j’ai fait sera reconstitué, étudié et imité. » C’est aussi l’espoir pas si secret de Breivik qui écrit « Je saurais toujours que je suis peut-être le plus grand champion du conservatisme culturel que l’Europe ait connu depuis 1950. Je suis un des nombreux destructeurs du marxisme culturel et comme tel un héros de l’Europe, un sauveur de notre peuple, et de la Chrétienté européenne en même temps. Un exemple parfait qui devrait être copié, applaudi et célébré. Le Chevalier Parfait que j’ai toujours voulu être. Un Chevalier Justicier est un destructeur du multiculturalisme, et comme tel, un destructeur du mal, et un porteur de lumière. » (p.1436) On remarquera que même John Doe ne se prétendait pas si spécial, mais se considérait lui-même comme un pécheur dévoré par l’envie, qui méritait pour cela une punition capitale. Breivik n’a pas de telles modesties déplacées.

Justement parce que son geste vise principalement à rendre public le délire qui le pousse à faire ce geste, et à en propager la mythologie, que son acte est l’acte d’un dérangé. C’est la circularité du raisonnement qui manifeste son caractère pathologique. Breivik souhaite principalement que d’autres le rejoignent dans son rêve, qu’ils se loggent avec lui pour jouer en ligne au même jeu de massacre. Un authentique acte de résistance n’a jamais eu à être simultanément un acte de rééducation mentale de ceux qui en apprenaient l’existence. Quand les FFI faisaient sauter un train allemand, ils n’avaient pas besoin de se fendre d’un écrit de 1500 pages pour expliquer aux autres Français les motivations de leur acte.

Breivik a parfois des moments de doute, mais il se reprend très vite. Il raconte une soirée avec des potes, lors de laquelle il parla à une amie de sa « carrière d’écrivain ». « Je lui ai dit que je ne prévoyais pas de vendre le livre, mais plutôt de le distribuer librement afin de propager notre cause auprès d’une audience plus étendue. Christine m’a dit qu’elle croyait que j’étais idéaliste, ce qui est bien sûr vrai, mais je vis effectivement mon rêve. Je ne voulais pas discuter de ce point en particulier, car je ne voulais pas avoir l’air d’un petit merdeux ni dévoiler ma couverture, cependant cela m’a fait réfléchir. Sommes-nous, les conservateurs réactionnaires révolutionnaires vraiment en train de vivre notre rêve ou sommes-nous en train de faire un sacrifice ? Pour être honnête, si j’avais l’impression que d’autres personnes que moi pourraient faire le travail, je ne ferais pas ce que je fais, je peux vous le garantir. Je ne veux pas faire ce que je fais, je me concentrerais bien plutôt sur le fait de fonder une famille et sur ma carrière. Mais je ne peux pas le faire tant que j’ai l’impression d’être une personne piégée à bord d’un vaisseau spatial en feu avec aucun endroit où aller. Si tu vois ton vaisseau en feu, tu ne fais pas comme si tu l’ignorais et tu ne commences pas à te faire cuire des pâtes, non ? Tu éteins le feu, même si tu mets en danger ta vie. Tu n’aimes pas éteindre le feu, mais c’est ton devoir envers toi-même et les camarades de ton équipage. Et imaginons que tes camarades ont été infectés par un virus rare qui détruit leur bon sens, et qu’ils essaient de t’empêcher d’éteindre le feu. Tu ne peux pas te permettre d’être arrêté par aucun d’entre eux car cela conduirait à votre mort à tous. Tu feras tout ce que tu peux pour éteindre ce feu en dépit du fait qu’ils essaient de t’en empêcher. N’importe quoi d’autre serait illogique. Mais te sacrifier pour d’autres qui peut-être te détestent pour cela ne doit pas être nécessairement une expérience misérable. Après tout, nous avons la vérité et la logique de notre côté et nous apprendrons à trouver des récompenses et du réconfort dans nos actes. Après tout, quelques fois être sans pitié c’est la chose la plus miséricordieuse que tu peux faire. » (p.1419, c’est moi qui souligne)

Ce passage est capital, car comme le disait un vrai chrétien, « Le fou n’est pas l’homme qui a perdu la raison. Le fou est celui qui a tout perdu, excepté la raison. » (G.K. Chesterton, Orthodoxie). Breivik sait très bien que l’obstacle principal à sa logique, c’est la miséricorde. Il a montré par ses actes qu’il a su la vaincre, car il s’est soumis à sa logique meurtrière jusqu’au bout. En cela, sa pensée s’apparente à celle des totalitarismes, comme tout connaisseur d’Hannah Arendt peut l’identifier immédiatement. (3)

Le manifeste de Breivik se voulait une sorte de « Grand récit », du même genre que le mythe de la grève générale dans le communisme, ou le « roman national » français. Il l’écrit lui-même : « Le but de cette approche littéraire fictionnelle est de contribuer à créer un nouveau type de style innovant d’écriture. En définissant, d’une manière détaillé et horrible un scénario de fiction, le lecteur sera choqué à cause de – espérons-le – la vraisemblance et le détail minutieux de ces élaborations. On doit noter que l’auteur, en tant que passionné de science-fiction, souhaitait apporter et créer un style totalement nouveau d’écriture qui ait le pouvoir de choquer le lecteur avec une intrigue de fiction incroyablement crédible. » (p.777) Bref, Breivik a écrit le mythe que son action meurtrière a voulu rendre « incroyablement crédible ».

Son grand récit est structuré comme tout mythe avec un paradis (la future Europe chrétienne, façon World of Warcraft), un chaos (l’actuelle Europe multiculturelle), un diable (l’islam), un traître (le multiculturalisme), un héros (le chevalier néo-Templier), c’est-à-dire Breivik lui-même. Tout comme les nazis pensaient avoir identifié la source de la décadence de l’Europe dans les juifs, comme les communistes dans les bourgeois, le tueur norvégien a trouvé ses boucs émissaires : les multiculturalistes. Les musulmans n’arrivent qu’en second lieu, somme toute, ils ne seraient pas coupables, ils ne seraient que ce qu’ils sont, et ne feraient que ce que leur nature culturelle les détermine à faire. Breivik a suivi jusqu’au bout sa logique sacrificielle, et a mis à mort ceux qu’il avait prédéfini comme coupables ontologiquement.

Et c’est ainsi que le mythe qu’il voulait revivifiant pour la conscience européenne, et sur l’élaboration duquel il avait travaillé énormément plus que pour planifier ses actions terroristes, est mort à sa naissance, car « les grands récits meurent de la prise de conscience de la violence qu’ils ont cautionnée ». (4) Le Norvégien a tué lui-même son mythe en perpétrant les assassinats d’Oslo, qui se voulaient son baptême sanglant. Breivik a déshonoré l’islamophobie, comme Geert Wilders l’a affirmé sans hésitations : « Que le combat contre l’islamisation puisse être dévoyé par un psychopathe d’une manière aussi violente est dégoûtant et c’est une claque pour le mouvement anti-islamiste mondial. » (5)

Rien de plus stupide, de plus contre-productif pour le combat contre le fanatisme musulman que de se transformer en son double mimétique, en son jumeau monstrueux. Le mal, cela a toujours été et sera la violence. Perpétrer un massacre inouï contre des jeunes, dont certains n’avaient pas treize ans, afin d’attirer la sympathie du peuple Norvégien ou Européen pour son combat est une idée d’une bêtise dont, pour paraphraser Orwell, seul un homme pourvu d’une « psyché aussi puissante » (p.1436 du « manifeste ») que celle Breivik était capable. Créer des martyrs, voilà ce qui ne peut que renforcer le parti de ceux que l’on combat. Quelle aubaine pour les partisans du multiculturalisme, quel formidable cadeau monstrueux que ces cadavres autour desquels communier et s’unir ! « Ne jamais faire de martyrs » devrait être un impératif auquel un militant de n’importe quelle cause devrait obéir si ce n’est par humanisme – je sais que ceux qui singent les chevaliers n’ont que mépris pour cette faiblesse – du moins par stratégie de combat – ce dont ils raffolent et discutent sans cesse.

Breivik incarne une folie symétrique à la folie de jihadistes, mais qui n’est pas nouvelle. Car la « guerre sainte » à laquelle il fait référence, les Croisades du Moyen-âge, dont il rêve, étaient déjà à l’époque des réponses mimétiques au jihad musulman, et comme telles des trahisons du christianisme, qui avait défendu jusqu’alors la non-violence. S’engouffrer dans cette mimésis et dans une montée aux extrêmes des fanatismes n’est pas une résistance au fanatisme, mais son exacte réussite. Il nous faut répliquer autrement, et jamais devenir identiques à nos ennemis.

(Dans le prochain article, j’analyserai minutieusement pourquoi Breivik a copié son idéologie sur celle des kamikazes musulmans, et en quoi elle est complètement dévoyée en considérant que le multiculturalisme est responsable de tous les maux en Europe.)

(1) On peut le trouver ici http://www.docstoc.com/docs/86567544/2083-AEuropeanDeclarationofIndependence

(2) http://www.youtube.com/watch?v=RynY9EK_i7E&feature=related

(3) « Un argument que Hitler comme Staline affectionnaient particulièrement, est celui-ci : vous ne pouvez poser A sans poser B et C et ainsi de suite, jusqu’à la fin de l’alphabet du meurtre. C’est ici que la puissance contraignante de la logique semble avoir sa source, elle naît de notre peur de nous contredire nous-mêmes. » Le système totalitaire, Ed. Seuil, Point essais, p.222

(4) Camille Tarot, Le symbolique et le sacré, Ed. La découverte, p.674

(5) http://www.expatica.com/nl/news/dutch-news/dutch-right-wing-lawmaker-slams-norway-massacre-suspect_165618.html

Norvège : “je ne laisserai pas mes enfants grandir dans un tel environnement” + Vidéos

A l’occasion du massacre perpétré par le Jobard d’Oslo, les commentateurs assermentés des média-menteurs ont essayé de faire croire à l’opinion française que la Norvège n’est pas un pays d’immigration. C’est ainsi que nous avons surpris le professeur à l’Université de Toulouse 2 et pseudo-expert en terrorisme Mathieu Guidère, dire des contre-vérités un peu partout dans les média et déclarer un gros mensonge au Figaro:

« La Norvège est un cas d’école. On pouvait imaginer ce type d’attentat un peu partout en Europe sauf en Norvège. Ce pays jouit d’une rente pétrolière considérable, il y a très peu d’immigration, un taux de chômage très bas, un système de protection sociale excellent, le niveau de vie est élevé »

Sauf que voilà: même dans libération, pourtant véritable pravda de la gauche bien-pensante, on est bien obligé de reconnaitre que la Norvège connait un taux d’immigration important depuis plus de trente ans:

Libération : Au 1er janvier 2009, les personnes d’origine immigrée (au moins un parent né à l’étranger) représentaient 15,3% de la population, dont près de la moitié étaient des non-occidentaux. Cette population est principalement concentrée dans quelques régions, notamment à Oslo (34% de la population de la capitale). L’homogénéité ethnique et culturelle qui a caractérisé historiquement la Norvège et qui est, dans une large mesure, à l’origine d’une société fondée sur la cohésion sociale, paraît aujourd’hui remise en question. C’est donc un changement fondamental.

Après avoir essayé de mettre sur le dos des partis populistes le crime du Jobard d’Oslo , le Figaro s’est finalement intéressé à la situation des Norvégiens et à ce qu’ils pensent de l’immigration. Voilà ce que l’on apprend:

« Plus de la moitié des Norvégiens estime que la politique d’intégration fonctionne «assez ou très mal…. Le nombre de Norvégiens issus de l’immigration a doublé en quinze ans. … À Oslo, le prénom le plus donné en 2010 a été Mohammed… «Les exigences (des musulmans) arrivent les unes après les autres : nourriture halal en prison, jours fériés religieux, cours de gym séparés, tempêtait, lors des dernières législatives, en 2009, Siv Jensen, la blonde présidente du Parti du progrès. Nous ne l’accepterons pas, car ce n’est pas de l’intégration. C’est autoriser certains groupes, des minorités, à décider de l’évolution de la société norvégienne.»

Alors quand on écoute les calembredaines du professeur à l’Université de Toulouse 2 Mathieu Guidère, on se dit qu’il n’a pas dû voir beaucoup de Norvégien tout au long de sa carrière universitaire. Linguiste et arabisant brillant, Guidière ne devrait pas s’improviser politologue, et voyager plus en Europe.
Avant de continuer à répandre ses tromperies dans les média, on conseillera donc à notre grand savant de lire l’article qui suit parut le 24 mars 2011 dans le grand journal Norvégien, Aftenposten et de jeter un coup d’oeil sur les deux vidéos en fin d’article. Cela lui évitera de passer pour un gros nul devant ses élèves à la rentrée.

Norvège : “je ne laisserai pas mes enfants grandir dans un tel environnement”, Patrick Aserud fuit Oslo

Il est bien décidé. Après une vie de tolérance des différences à Oslo, ces dernières années Patrick Åserud a été effrayé au point de partir. Cet été, il va s’installer hors de la ville avec sa femme et sa fille qui est à la maternelle.

Il quitte une localité qu’il croit être sur le point de craquer à cause de l’intégration qui a échoué.

Histoires dérangeantes

« C’est dur d’être norvégien “de souche” à Groruddalen (vallée de Grorud, en periphérie Est d’Oslo). À cause des gros problèmes de langue, ainsi qu’une pression pour s’adapter à des normes, un mode de vie et une manière totalement étrangers à nous, occidentaux. » dit Åserud.

« Il existe des écoles maternelles où presque aucun enfant n’a des parents qui parlent le norvégien, et des écoles où les enfants sont menacés par des coups quand ils apportent du salami dans leurs sandwichs. »
« Les filles sont victimes d’intimidations parce qu’elles sont blondes, et doivent teindre leurs cheveux en noir pour s’adapter. Il n’est pas acceptable d’être gay à l’école, ni athée et certainement pas d’être Juif. Les trois dernières années en particulier ont été effrayantes, de voir et d’entendre ce qui se passe » explique Åserud.

Une majorité de parents d’élèves ont besoin d’un interprète

Il a dit qu’à son travail au centre de garderie, où il est éducateur depuis 15 ans, il remarque une diminution du nombre de Norvégiens au profit des minorités ethniques.
« Pour 10 parents sur 18, nous avons besoin d’un interprète. Quel genre d’avenir pouvez-vous vraiment offrir [aux enfants] dans ces conditions et comment créer un bon environnement de travail ? » demande Åserud pour la forme.

Des milliers ont quitté la vallée

Il a l’impression que c’est lui et sa famille qui doivent s’intégrer, telle une minorité dans leur propre pays.
« J’ai été positif et optimiste par le passé. Mais les limites sont atteintes quand on a une majorité qui ne parle pas norvégien. Nous sommes nombreux à ressentir cela fortement, quelle que soit la couleur de notre peau. Une famille indienne n’a pas plus envie que moi de vivre comme des musulmans parce qu’ils sont bruns de peau. »

– «Beaucoup de gens vont probablement penser que vous êtes trop sensible ou déphasé par rapport à la nouvelle Norvège? »

– «Si c’est le cas, il y a beaucoup de personnes qui sont trop sensibles comme moi. Le fait est que les gens déménagent d’ici. Ils le font en raison d’expériences concrètes qu’ils ont vécues » répond Åserud.

Les chiffres des statistiques norvègiennes le confirment. Il y a maintenant 3000 Norvégiens d’origine de moins à Groruddalen qu’il y a seulement deux ans. Le dépeuplement se produit plus rapidement qu’avant, mais sur une longue période les chiffres parlent clairement: Groruddalen a perdu 20.000 Norvégiens “de souche” au cours des 15 dernières années, malgré la croissance démographique. La part de norvégiens “de souche” a baissé de 82 à 56 pour cent en 15 ans.

Craintes que ça devienne Malmo (en Suède)

Et cette année Åserud fera partie des statistiques. Il emmène sa famille à Hamar.
– « Nous ne connaissons personne là-bas, mais nous n’avons pas les moyens pour une maison à Høybråten, Røa ou d’autres endroits où on ne se sent pas étranger » explique Åserud.

Pas de recette pour inverser la situation.

– « C’est difficile à dire. Je crains que cela devienne comme Rosengård (banlieue de Malmö). Il y a des tirs dans la rue en moyenne une fois par semaine. Je veux le meilleur pour ma ville, mais je ne pense que je puisse porter tout le poids de l’intégration sur mes épaules », a déclaré Åserud.

Dans la rue à Oslo:

Oslo : Tous les viols sont-ils commis par des hommes d’origine étrangère ?

« A Oslo, tous les viols commis l’année dernière l’ont été par des hommes d’origine non-occidentale. C’est la conclusion d’un rapport de police publié aujourd’hui. »

La Norvège piégée par son consensus


Cet article date du 02 décembre 2009, soit 9 mois avant le massacre du Jobard d’Oslo. C’est un éclairage lucide sur la façon dont le débat politique au sein de nos démocraties du consensus se trouve fortement censurer par le politiquement correct.
Pour ANDRÉ GRJEBINE, Directeur de recherche à Sciences-Po, c’est ce terrorisme intellectuel qui est à l’origine de la montée de ce qu’il désigne comme des mouvements populistes.
On espére que notre gauche morale et inquisitrice, qui déverse depuis quelques jours des accusations fétides, en tire les leçons qui s’imposent… on peut toujours rêver.

Dès lors que le politiquement correct empêche les partis traditionnels d’aborder clairement des questions qui inquiètent l’opinion – telle l’immigration ou les insuffisances de l’Etat-providence malgré les revenus pétroliers -, ils laissent le champ libre à des mouvements extérieurs au système politique traditionnel.

La Norvège est généralement connue comme un pays où prévalent la cohésion sociale et le consensus autour de valeurs telles que la solidarité et le refus de l’exclusion. Pourtant, lors des dernières élections législatives, un parti populiste, sinon d’extrême droite, le Parti du progrès, y a obtenu 22,9% des suffrages, ce qui en fait le deuxième parti norvégien, et ceci pour la deuxième fois consécutive. Ne faut-il pas attribuer ce résultat précisément à ce qui devait prémunir la Norvège contre toute poussée extrémiste : la constante préoccupation, non seulement des principaux acteurs politiques, mais de la société, d’éviter à tout prix les conflits ouverts, qu’ils soient publics ou privés ?

Comme de nombreux ouvrages et films scandinaves le suggèrent, le revers d’une recherche systématique du consensus se trouve dans la crainte d’une marginalisation éprouvée par celui tenté d’exprimer des opinions contraires à ce que la majorité considère comme «moralement acceptable». Dès lors que le politiquement correct empêche les partis traditionnels d’aborder clairement des questions qui inquiètent l’opinion – telle l’immigration ou les insuffisances de l’Etat-providence malgré les revenus pétroliers -, ils laissent le champ libre à des mouvements extérieurs au système politique traditionnel.

On peut transposer à la Norvège l’explication de ce paradoxe que deux sociologues, Paul Sniderman et Louk Hagendoorn, avancent pour le cas assez comparable des Pays-Bas : la pression conformiste conduit à une divergence croissante entre les préférences privées (et de facto inexprimables) et les préférences exprimées publiquement. Cette divergence ne cesse de s’élargir… jusqu’à devenir insoutenable. D’où des «crises» de colère, sinon de révolte contre le système politique constitué, dont le vote pour le Parti du progrès n’est qu’un premier symptôme.

Dans la même optique, toute critique du multiculturalisme tend à être assimilée à du racisme. Ce relativisme culturel a d’autant plus imprégné les esprits qu’il se concilie aisément avec la foi des Norvégiens dans leur modèle de société et la fierté qu’il leur inspire.

L’immigration en constitue une remarquable illustration. La Norvège a longtemps été un pays d’émigration vers les Etats-Unis, dans lequel l’immigration était inexistante. En 1970 encore, le nombre d’immigrés était négligeable. Au 1er janvier 2009, les personnes d’origine immigrée (au moins un parent né à l’étranger) représentaient 15,3% de la population, dont près de la moitié étaient des non-occidentaux. Cette population est principalement concentrée dans quelques régions, notamment à Oslo (34% de la population de la capitale). L’homogénéité ethnique et culturelle qui a caractérisé historiquement la Norvège et qui est, dans une large mesure, à l’origine d’une société fondée sur la cohésion sociale, paraît aujourd’hui remise en question. C’est donc un changement fondamental.

La question a pourtant été largement occultée, sous prétexte que les capacités d’intégration de la société norvégienne joueraient en faveur des immigrés comme jadis en faveur de catégories sociales menacées d’exclusion, ce qui reste à vérifier. En réalité, si l’on en croit l’éditorialiste politique d’un des principaux quotidiens d’Oslo, ses compatriotes avaient peur de leurs sentiments profonds en la matière, et il s’agissait pour les élites de la politique et de la presse d’«empêcher le génie de l’intolérance de sortir de sa boîte». Dans la même optique, toute critique du multiculturalisme tend à être assimilée à du racisme. Ce relativisme culturel a d’autant plus imprégné les esprits qu’il se concilie aisément avec la foi des Norvégiens dans leur modèle de société et la fierté qu’il leur inspire. En effet, contrairement aux Français qui se réfèrent à des principes comme la laïcité, c’est moins des valeurs que les Norvégiens mettent en avant que la force du lien social qui les unit.

Il n’est pas exclu qu’en obscurcissant les repères, ce relativisme ait amené une partie de l’électorat à considérer que, tout compte fait, voter pour le Parti du progrès n’avait rien de choquant, ni d’inacceptable. Pour avoir largement ignoré l’inquiétude suscitée par la progression rapide de l’immigration, les élites norvégiennes ont obtenu le contraire de ce qu’elles recherchaient. Entre les stéréotypes bien-pensants des uns et la démagogie des autres, la marge est étroite.

Par ANDRÉ GRJEBINE Directeur de recherche à Sciences-Po, Centre d’études et de recherches internationales.

La seule immigration illégale : une facture de 30 milliards d’euros pour la France

Le quotidien algérien El Watan (Le Matin) publie un article fort intéressant sur le coût de la seule immigration irrégulière auquel s’ajoute le coût de l’immigration légale.

Expulser ou apporter une aide au retour volontaire des migrants illégaux revient six fois moins cher que de les garder sur le territoire français. Environ 15 % du déficit de toute l’immigration, plus de 30 milliards d’euros, sont imputables à l’immigration irrégulière.

C’est la conclusion à laquelle a abouti l’expert international sur l’Afrique et les migrations, Jean-Paul Gourévitch, au terme de sa récente étude, où est décortiqué le « prix de revient » de l’obsession du rêve européen. L’embauche de migrants irréguliers est, d’emblée, l’un des meilleurs indicateurs des retombées de la présence étrangère illégale dans l’Hexagone, fait observer l’auteur. Ainsi, est-il indiqué dans cette étude dont El Watan a été destinataire d’une copie, 5 % des 70.000 entreprises, contrôlées en 2010, utilisent une main-d’œuvre étrangère sans titre de travail pour un coût total s’élevant à 1,7 milliard d’euros.

Allant dans le détail, cet expert, qui a à son actif plusieurs ouvrages consacrés à l’Afrique et aux aspects sociaux et économiques de l’immigration en France, estime les pertes générées à 1 milliard en termes de cotisations sociales pour emploi d’étrangers sans titre, 609,6 millions de manque à gagner dû au travail illégal d’étrangers sans titre, 40 millions de coût supporté par l’Office central pour la répression de l’immigration irrégulière et l’emploi d’étrangers sans titre (Ocriest), 6,3 millions en termes d’interpellations et 5,9 millions pour les contributions non recouvrées par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) pour emploi d’étrangers sans titre. Pour mieux sensibiliser les politiques sur l’impact de l’immigration illégale sur l’économie française, M. Gourévitch mettra en exergue les dépenses publiques induites par la prise médicale des migrants irréguliers, considérant, à ce titre, l’Aide médicale de l’Etat (AME) comme étant une exception à l’échelle européenne, car aux étrangers en situation irrégulière, elle consacre les mêmes droits que les titulaires de la Couverture maladie universelle (CMU).

En 2010, fait-il savoir, l’AME était de l’ordre de plus de 620 millions d’euros sur les 662 millions représentant le coût global des soins de santé, dont ont pu bénéficier les migrants irréguliers vivant sur le territoire français. Pour le spécialiste en migration, 2010 est l’année de tous les records, puisque de seulement 77.589 en 2000, le nombre de bénéficiaires est passé à 202.403, portant les dépenses de l’Etat de 75 à 623 millions d’euros. Autre souci, autre dimension. Dans la même étude, l’accent est en outre mis sur la scolarisation des élèves et étudiants en situation irrégulière. En la matière, la France compte aujourd’hui pas moins de 10.000 élèves sans papiers (4.800 en maternelle ou en élémentaire, 4.300 au collège et 900 au lycée) dont la scolarisation revient à près de 57 millions d’euros. Le nombre d’étudiants en situation irrégulière s’élève, quant à lui, à 5.800 pour un coût avoisinant les 55 millions d’euros.

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Zique de la semaine: Georgia field hands & Bruce Springsteen /Niagara

Prêchi cette semaine vous offre deux morceaux pour le prix d’un.

Mary Don’t You Weep en version originale, interprété par Georgia field hands avec le banjo Jazz rural. Un plongée dans l’Amérique profonde des années 30:


Georgia field hands Mary Don't You Weep par aureliendesbois

Et puis la version du BOSS, Bruce Springsteen. Ce morceau figure sur son album We Shall Overcome avec The Seeger Sessions. Pour ceux qui aiment quand ça tabasse…. c’ est une pure merveille

Et pour Prêcha, le temps est venu de partir à la plage:
Niagara : l’amour a la plage

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