« L’insupportable impunité des Femen »

Le 12 février 2013, alors que le pape Benoît XVI vient d’annoncer son renoncement à la fonction de souverain pontife, neuf Femen entrent incognito dans la cathédrale Notre-Dame de Paris en se glissant dans le flot des touristes. Leur action vise à s’attaquer bien sûr à ce haut lieu de l’Église de France mais aussi à profiter de l’exposition temporaire de trois cloches montrées au public à l’occasion du jubilé des 850 ans de Notre-Dame.

La “pseudo-intellectuelle” Caroline Fourest, compagne de l’Ukrainienne Inna, chef de ces Femen, a raconté la scène dans un livre tout à la gloire de son amante. « Le convoi s’ébranle et serpente jusqu’à la nef. Au signal, les Femen se retrouvent en tenue d’Ève sous le regard affolé des paroissiens… Quatre par quatre, elles encerclent les saintes cloches et se mettent à les frapper d’un air mécanique (en hurlant) “Pope no more, homophobe, dégage !” » La police avait constaté sur procès-verbal des éclats de plus d’un centimètre sur le dessus de la cloche Marcel (baptisée du nom de saint Marcel), recouvert de feuilles d’or. Si bien que Me Delvolvé, agissant pour le compte du recteur de Notre-Dame, avait demandé 7 176 euros de dommages et intérêts pour les réparations et 10 000 pour l’atteinte portée au libre exercice du culte.

(…) Alors qu’avec ses amies, si peu recommandables, elles agressaient un cortège de La Manif pour tous, elles se sont fait arrêter par les forces de l’ordre au point de se retrouver dans un “panier à salade”.

À peine cinq minutes ont eu le temps de s’écouler avant qu’elles reçoivent un appel de Manuel Valls sur le portable de Caroline Fourest. « Il vient aux nouvelles, raconte-t-elle, en demandant “Vous êtes arrêtées ? ”, avant d’ajouter : “J’appelle le préfet et je me renseigne, conclut celui qui est alors ministre de l’Intérieur. » Curieusement, une fois arrivées au commissariat, elles sont toutes libres.

Mais le plus incroyable, c’est que pendant que le car de police roule, Caroline Fourest reçoit un SMS de François Hollande. « Il s’inquiète de l’agression et me soutient. J’en profite pour lui mettre la pression. Ce qu’il promet. »

Valeurs Actuelles

Toulouse : À l’hôpital Purpan, la violence dépasse les vigiles désarmés par le procureur

Les agents de sécurité de l’hôpital Purpan, n’ont plus les moyens d’assurer la sécurité dans les services notamment aux urgences. Ils demandent des effectifs supplémentaires et des moyens de protection.

«Nous sommes régulièrement confrontés à des gens surexcités parfois armés de couteau, de machettes, contre lesquels nous sommes démunis, témoigne un vigile, qui veut rester anonyme. Nous voulons des moyens pour nous défendre».

Lui et ses collègues, tous employés de la fonction publique, ne s’expliquent pas pourquoi il y a un peu plus de deux ans, le procureur de la République de Toulouse a décidé de supprimer leur équipement : menottes, matraques télescopiques et gazeuses.

«ça fait 30 ans qu’on fonctionnait avec ce matériel, s’insurge-t-il et la violence s’est accrue. On ne peut plus faire face». Certes, il y a eu des formations juridiques et un peu de self-défense. «Un stage de sept jours et encore nous n’avons pas été assermentés alors que les agents de sécurité de Rangueil et de Larrey, qui font beaucoup moins d’interventions que nous, l’ont été, poursuit le vigile. À Rangueil, ils font en un mois ce que l’on fait en trois ou quatre jours. Nous, c’est parfois quinze interventions dans la nuit. Récemment on est tombé sur une bande en relation avec le meurtre d’Ilyès, sans le savoir. C’est la brigade anticriminalité qui nous a avertis». Blessures, absentéisme… les agents de sécurité de l’hôpital Purpan qui sont censés être huit, ne sont jamais le nombre sur le terrain. «Nous sommes en sous-effectifs chroniques et l’on doit faire des heureuses supplémentaires pas forcément payées». Le syndicat CGT a lancé un mot d’ordre de grève pour mercredi prochain.

La Dépêche (Merci à ric hochet)

Sarkozy 2.0? par J.Sapir

Nicolas Sarkozy vient donc d’annoncer son « retour en politique », comme s’il l’avait un jour réellement quitté. Cela n’a rien d’étonnant ni d’anormal. On sait l’homme être un « animal politique ». On le devine dévoré d’ambition, incapable de s’accommoder de la distance pourtant parfois nécessaire entre l’action immédiate et la réflexion salutaire. Il avait pourtant l’occasion de réfléchir en profondeur sur les raisons de l’échec de sa présidence de 2007 à 2012. Après tout, le Général de Gaulle attendit près de douze ans avant de revenir au pouvoir, après avoir cru faire une fausse sortie. Autre temps, autres mœurs. Ce qui est choquant, par contre, est que ce retour se fasse sur du vide, sans aucune analyse rétrospective de l’action passée. On sent l’homme tendu par cet unique ressort : agir. Mais agir pour quoi faire, et au service de qui ? Il y a dans ce « retour », aussi annoncé et prévisible qu’il soit, une hubrys de l’action qui ne peur qu’inquiéter.

Reprenons les mots dont l’ancien Président a usé sur son compte Facebook : « J’ai pu prendre le recul indispensable pour analyser le déroulement de mon mandat, en tirer les leçons, revenir sur ce que fut notre histoire commune, mesurer la vanité de certains sentiments, écarter tout esprit de revanche ou d’affrontement. J’ai pu échanger avec les Français, sans le poids du pouvoir qui déforme les rapports humains. Ils m’ont dit leurs espoirs, leurs incompréhensions et parfois aussi leurs déceptions. »

De recul, il n’y en a guère. L’analyse du mandat précédent s’est faite volets fermés, si jamais elle s’est faite. Où donc Nicolas Sarkozy a-t-il accepté de débattre de sa politique, qu’il s’agisse de sa politique économique, avec la bonne réaction face à la crise de 2008 et celle, désastreuse, à partir de 2010, ou qu’il s’agisse de la politique internationale, marquée par l’intervention en Libye, dont on voit chaque jour un peu plus les conséquences dramatiques. Rappelons-le, sans l’intervention en Libye, il n’y aurait pas eu la déstabilisation massive des pays du Sud-Sahel, du Mali au Nigéria. Que le Président ait échangé avec des Français, quoi de plus normal. Mais, qu’il cesse de nous faire croire que quelques mains serrées des phrases échangées ici et là valent étude sociologique. La France réelle, Monsieur Sarkozy, vous reste étrangère, comme elle l’est hélas à la majorité de nos dirigeants. Avez-vous même fait Lire la suite

Omerta autour du livre de Pierre Péan sur le rachat de la France par le Qatar ? (merci de relayer afin de briser l’omerta)

Pierre Péan, pourtant réputé pour être l’un des plus grands enquêteurs contemporains subit une véritable omerta suite à la publication de son livre. A l’exception de quelques articles, rien. Pas une émission radio, ni TV…

ngeKS45Nombre d’États du Golfe lorgnent sur le patrimoine français et tentent, des pétrodollars plein les poches, d’acheter tout ce qui peut l’être avant épuisement de l’or noir. Jusqu’ici nos dirigeants leur avaient résisté – du moins en apparence -, offusqués par tant d’audace. Mais, avec le Qatar, c’est une tout autre histoire. La France est devenue le terrain de jeu sur lequel la famille Al-Thani place et déplace ses pions politiques, diplomatiques, économiques, immobiliers ou industriels.

Dans son enquête au cœur du pouvoir, Vanessa Ratignier, avec le concours de Pierre Péan retrace l’histoire d’un partenariat ancien qui a mal tourné : la France est désormais « sous influence », comme si elle était devenue une chasse gardée de l’émirat.

Nos élites, maniant l’art du double langage, amalgament depuis des années intérêt général et enjeux personnels, si bien qu’on se demande parfois où s’arrête le mélange des genres. Cette situation, qui rappelle le pire de la Françafrique, marque l’avènement d’une Qatar-France oublieuse de nos valeurs et héritière des tares du petit émirat.

Journaliste indépendante, Vanessa Ratignier est auteur des séries documentaires Manipulations, une histoire française (France 5, 2011) et Qatar (France 5, 2014), qu’elle a écrites avec Pierre Péan, écrivain-enquêteur, auteur notamment de La République des mallettes (Fayard, 2011).

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Quand Nicolas Sarkozy disait : « Vous n’entendrez plus parler de moi ! »

Souvent, ex-président varie. Voici que Nicolas Sarkozy fait son retour. Il l’avait pourtant dit, juré, craché : la politique, pour lui, c’était fini. Flashback.

Nous sommes le 21 janvier 2012, la campagne présidentielle bat son plein. Lors d’un voyage en Guyane, Nicolas Sarkozy évoque devant les journalistes son avenir en cas de défaite. Il se décrit en toxicomane de la politique :

L’aiguille, il faut savoir la retirer progressivement. »

Nicolas Sarkozy fait le geste de celui qui retire la seringue de son bras. S’il est battu, ce sera le sevrage, il arrêtera la politique « complètement ». Il sourit :
Vous ne me verrez plus. »

A la question de savoir ce qu’il choisirait entre le Carmel et l’UMP, après sa vie de président, Nicolas Sarkozy déclare : « Je préfère encore le Carmel. Au Carmel au moins, il y a de l’espérance. »

Durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy évoque régulièrement l’après-Elysée, rapporte « Le Monde » (24/01/12). « Moi aussi, dans le futur, je voudrais gagner de l’argent », lance-t-il ainsi en novembre 2011, lors d’un sommet du G20 à Cannes. Il précise auprès de ses proches :
Je suis avocat, j’ai toujours eu un cabinet et je suis passionné de tas de choses. En tout cas, je changerai de vie complètement, vous n’entendrez plus parler de moi ! »

Il s’imagine « voyager, prendre des responsabilités, commencer mes semaines le mardi et les finir le jeudi soir ! Franchement, ça ne me fait pas peur ».
« Je pars faire du fric, comme Clinton »

Prendre le large pour gagner de l’argent, la tentation est ancienne. Déjà en 2008, Nicolas Sarkozy rêvait d’une vie à la Bill Clinton, faite de conférences grassement payées. Il laissait même entendre qu’il pourrait ne pas briguer de second mandat (« Le Point », 3 juillet 2008) :
Moi, en 2012, j’aurai 57 ans, je me représente pas. Et quand j’vois les milliards que gagne Clinton, moi, j’m’en mets plein les poches ! Je fais ça pendant cinq ans et, ensuite, je pars faire du fric, comme Clinton. Cent cinquante mille euros la conférence ! »
18 09 14 Sarkozy conférence sipaL’ancien président le 11 octobre 2012 à New York, où il prononce – en français – sa première conférence. 45 minutes de discours et un cachet estimé à 100.000 dollars, versé par une banque d’investissement brésilienne (Anthony Behar/Sipa)

Vous arrêterez la politique? « Oui » Lire la suite