Et si l’Allemagne et la France s’entendaient pour sortir de l’euro ?

Pour les économistes Jean-Jacques Rosa et Gérard Lafay, il faut en finir avec la monnaie unique qui détruit les économies européennes. Mais la sortie de l’euro ne peut se faire unilatéralement et doit être concertée.

Les élections européennes viennent de montrer que les électeurs, en France comme en Allemagne, ont bien pris la mesure des réalités essentielles de la supranationalité monétaire. Ils ont compris quel rôle particulièrement néfaste a joué l’euro dans l’aggravation des difficultés des pays de la zone monétaire, la croissance du Produit Intérieur Brut réel, la plus faible du monde, n’y ayant été en moyenne que de 1,3 % par an depuis l’origine jusqu’en 2013.

Ce constat est désormais largement reconnu, même par les européistes les plus convaincus, mais qui n’en tirent cependant aucun enseignement. C’est pourtant l’euro qui maintient très en dessous de son potentiel la croissance des économies qui l’ont adopté. La raison tient à leur large ouverture sur l’extérieur. En 2012, la part dans le PIB des échanges de biens et services avec le reste du monde représente 28 % pour l’Italie, 30 % pour la France, 32 % pour l‘Espagne, 47 % pour l’Allemagne, et elle atteint des chiffres supérieurs à 75 % pour les plus petits pays. Et la fraction de ces exportations et importations se faisant à l’intérieur de la zone euro représente, selon les cas, entre un tiers et deux tiers de l’ensemble des échanges extérieurs des pays membres.

Pour des économies aussi ouvertes, le taux de change est évidemment LE prix le plus Continuer la lecture de Et si l’Allemagne et la France s’entendaient pour sortir de l’euro ?

Taguieff : le terrorisme intellectuel reste l’apanage de la gauche et de l’extrême- gauche(2/2)

Le philosophe s’interroge dans son dernier livre sur la persistance à gauche d’un antifascisme imaginaire hérité de la propagande soviétique des années 1950.

fascisme-antifaFigaroVox: Vous dénoncez dans votre livre la dissymétrie entre une «extrême droite» diabolisée et une extrême gauche pardonnée de ses excès. D’où vient ce «deux poids deux mesures»?

Pierre-André TAGUIEFF: C’est là un héritage de l’antifascisme soviétique, dont les idéologues et propagandistes, depuis les années 1950, n’ont cessé de marginaliser ou de calomnier en France la position antitotalitaire ou anti-extrémiste pour camoufler la criminalité du communisme, et permettre à la gauche de se «ressourcer» régulièrement en revenant à Marx ou à tel ou tel théoricien révolutionnaire et anticapitaliste (Lénine, Trotski, Gramsci, etc.). Il importe à une partie de la gauche de laisser ouverte la voie d’un retour éventuel à l’idée communiste, donc de ne pas diaboliser le communisme, en dépit de ses crimes, comme elle diabolise le fascisme, et plus particulièrement le nazisme. Cette gauche nostalgique suppose que l’idée ou l’utopie communiste est bonne en elle-même, et que seules ses réalisations historiques ont échoué. Alors qu’elle postule que le nazisme est en lui-même un mal, qu’il incarne même le Mal absolu. Ce traitement asymétrique est caractéristique de l’antifascisme dans toutes ses variantes, et nous rappelle que, comme l’avait bien vu George Orwell, la gauche est antifasciste mais non antitotalitaire. J’ajouterai qu’elle voit le «fascisme» là où il n’est pas (Raymond Aron et le général de Gaulle ont été traités de «fascistes»), et que, simultanément, elle ne voit pas le fascisme où il est, par exemple dans le chavisme tant admiré par Jean-Luc Mélenchon. Une admiration partagée par le polémiste Alain Soral qui se définit lui-même, pas seulement par provocation, comme «national-socialiste».

«Nous vivons dans un univers de spectres, où aux fascismes imaginaires font écho des antifascismes imaginaires d’aujourd’hui», écrivez-vous. Pourquoi l’antifascisme idéologique a-t-il survécu à la mort du fascisme politique alors que l’anticommunisme a, lui, disparu suite à l’effondrement du bloc soviétique?

L’antinationalisme est progressivement devenu la principale reformulation du vieil antifascisme. Mais les antinationalistes en sont venus à diaboliser la nation comme telle. C’est ce que j’ai appelé naguère, au début des années 1990, l’«antinationisme», qui s’est transformé en idéologie dominante dans les milieux européistes. La projection sur la nation de tous les traits répulsifs du «fascisme» en est le principe moteur. Dans la rhétorique de combat centrée sur la dénonciation des «eurosceptiques» ou des «europhobes», c’est bien le sentiment national qui est incriminé, au point d’être criminalisé. De la même manière, la reformulation antiraciste de l’antifascisme, qui se traduit principalement par la célébration de l’immigration comme méthode de salut, est centrée sur la diabolisation de la nation comme identité collective et souveraineté. Comme l’existence même des frontières nationales, la distinction simple entre nationaux et étrangers est considérée par les «antinationistes» comme un scandale.

Pour ces nouveaux utopistes, il faut que disparaissent les États-nations pour que l’humanité s’unifie à travers la multiplication des processus migratoires sans contrôles ni limites. Leur rêve est d’instaurer une démocratie cosmopolite, dans un espace post-national qu’ils s’efforcent de construire en délégitimant le sentiment national tout en érigeant l’immigration de masse en fatalité et en phénomène intrinsèquement bon ou bénéfique.

Il faut relever ce grand paradoxe: alors que jamais, depuis 1945, le nationalisme ne s’est Continuer la lecture de Taguieff : le terrorisme intellectuel reste l’apanage de la gauche et de l’extrême- gauche(2/2)

Le chômage bondit encore au mois d’avril

Ne vous inquiétez pas selon notre président de l’UMPS, la reprise est là…

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Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A à Pôle emploi a encore bondi de 14.800 demandeurs d’emploi, selon les données publiées par les services statistiques du ministère du Travail. La barre des cinq millions de chômeurs dans les trois premières catégories de Pôle emploi devrait être dépassée en mai.

Deuxième mois dans le costume de ministre du Travail et deuxième hausse consécutive du chômage pour François Rebsamen. Fin avril, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A à Pôle emploi a encore bondi de 14.800, selon les données publiées ce mercredi à 18h par les services statistiques du ministère du Travail. Soit une hausse plus de neuf fois supérieure à celle du mois précédent et surtout la sixième d’affilée. Pis, la progression de fin avril est la 41ème hausse en 43 mois, «bug SFR» de fin août -qui s’était soldé par une baisse surprise de 50.000 chômeurs- compris. Au total, la catégorie de référence de Pôle emploi recense plus de 3,364 millions de chômeurs, en hausse de 3,5 % sur un an. Un nouveau record absolu, qui porte à plus de 440.200 le nombre de nouveaux chômeurs depuis l’élection de François Hollande en mai 2012. A titre de comparaison, la hausse n’était «que» de +283.700 au cours des 23 premiers mois de présidence Sarkozy, entre mai 2007 et avril 2009. Dit autrement, François Hollande a fait 1,5 fois que son prédécesseur en matière de chômage sur la même période de référence…

Même conclusion à la fin avril si on prend en compte les chômeurs en activité réduite (qui ont travaillé plus ou moins de 78 heures dans le mois, bref qui ont enchaîné un ou plusieurs petits boulots). Sur un mois, leur nombre a encore enflé de 36.400 à la fin avril -il s’agit de la plus forte progression enregistrée depuis septembre 2013-, pour frôler désormais les 4,986 millions d’inscrits dans les catégories A, B et C. La progression sur un an est encore plus conséquente (+4,2 %). Hors «bug SFR», fin avril marque donc la 42ème hausse d’affilée en 42 mois dans ces trois catégories. La barre des 5 millions devrait en toute logique, au rythme actuel, être dépassée à la fin du mois de mai. Il s’agit là encore d’un nouveau record. Continuer la lecture de Le chômage bondit encore au mois d’avril

Ramadan : le FN réclame l’annulation des célébrations de la mairie de Paris

Organisée depuis 2001, la fête organisée par la municipalité pour célébrer le début du jeûne crée régulièrement la polémique. Chaque année ou presque, depuis 2001, c’est la même polémique: la fête organisée dans les salons de l’Hôtel de Ville de Paris pour célébrer le début du Ramadan provoque de vives réactions sur les bancs de l’opposition.[…]

2093445513La mairie de Paris a bien tenté de calmer le jeu. «C’est une soirée artistique et festive, qui relève d’une initiative culturelle et non cultuelle. Nous organisons des réceptions à l’occasion de Noël et de Hanouka également», a expliqué un porte-parole d’Anne Hidalgo à Metronews. Pas de quoi convaincre le Front national. «Aujourd’hui, pour un grand nombre de Français, Noël est devenue la fête des enfants et plus largement de la famille. En revanche, le Ramadan est seulement, en France, une fête religieuse qui ne concerne que les Français qui se reconnaissent dans cette religion», attaque Bertrand Dutheil de La Rochère, conseiller de Marine Le Pen, dans un communiqué publié ce mercredi.

Le Front national réclame l’annulation de la fête, organisée «aux frais du contribuable». Un appel d’offre prévoyant une enveloppe budgétaire maximale de 70.000 euros – contre 100.000 euros l’an passé – a été lancé par la mairie à destination des prestataires.

«Les concerts refléteront la diversité des cultures de l’Islam, avec une programmation comprenant des artistes de renom», peut-on y lire.

Le Figaro

Le vote FN chez les syndicats FO, SUD, CGT, CFDT

Addendum :

A la CGT, on ne cache pas une réelle inquiétude en notant que, «même si ce n’est pas une surprise, on ne peut se satisfaire du score du vote FN».

Thierry Lepaon a annoncé à l’AFP une journée de grève et de manifestations le 26 juin «en riposte» au résultat des élections européennes il y a deux sorties de crise possible, celle brutale où nous mènent la droite, le Front national et aussi parfois le gouvernement, et une sortie de crise progressiste sur laquelle nous travaillons». Le 26 juin, la CGT risque de se retrouver bien seule…

Blog/Le Monde

Le FN en tête chez les salariés syndiqués à Force ouvrière et Sud

Un sondage Ifop pour l’Humanité note que les consignes syndicales pèsent moins dans le choix du vote.

L’engagement syndical amène-t-il au vote FN? Malgré les consignes des centrales syndicales, un sondage Ifop publié mercredi dans l’Humanité va à l’encontre des idées reçues.

L’enquête révèle que 33% des sympathisants de Force ouvrière ont opté pour le vote frontiste lors des dernières élections européennes. Chez Sud-Solidaires, même choix pour 27% des personnes interrogées. Dans ces deux organisations, c’est le parti de Marine Le Pen qui a été le plus plébiscité. Il y récolte des scores supérieurs à la moyenne nationale (25%).

À la CGT, le FN arrive deuxième mais rassemble tout de même 22% des sondés, derrière le Front de gauche (30%).
Plus de 40% des ouvriers ont voté FN

Interrogé par le journal communiste, Pascal Debay, conseiller confédéral CGT en charge de la lutte contre l’extrême droite assure «que ce n’est pas une surprise». «Mais on ne peut se satisfaire du score du vote FN», dit-il.

lire la suite sur le Figaro

L’UMPS et les médias vous traitent d’abrutis : électeurs FN, soyez fiers de vous…

colereUn séisme, un choc, une tempête, un ouragan, toute la caste politico-médiatique est en émoi. De quoi ont-ils peur ? La victoire du FN aux européennes n’est pourtant qu’un petit soufflet, elle ne va rien changer, le parlement européen reste entre les mains des mêmes tartufes, et l’union européenne sera toujours dirigée par les mêmes oligarques avec l’appui des mêmes chefs d’État.

Alors qu’est ce qui explique cette panique ?. Comment peuvent-ils être aussi surpris par une victoire annoncée depuis deux mois par les sondages?
Seraient-ils en train de se rendre compte que leur pouvoir de nuisance s’amenuise, que la campagne anti-fn qu’ils orchestrent à chaque élection ne mobilise plus personne, que la diabolisation , véritable stratégie d’intimidation dictatoriale, n’a plus aucune efficacité ?
On le voit bien, leur arguments sont éculés. Franz-Olivier Giesbert l’a même avoué : la diabolisation ne marche plus. Il faut trouver autre chose.

Ils ont bien essayé de minimiser la victoire du FN en prétendant que le premier parti de France était finalement l’abstention. Or les électeurs ont été plus nombreux cette fois-ci qu’en 2009. Et si l’on en croit le sondage commandé par Valeurs Actuelles quelques jours avant le scrutin, les abstentionnistes se seraient exprimés de la même façon que les 42% qui se sont déplacés aux urnes. Ce qui signifie qu’une participation plus importante n’aurait rien modifié aux résultats que nous connaissons aujourd’hui. On peut même affirmer que cela aurait pu profiter au FN en lui permettant notamment de franchir la barre des 25% puisque sa base électorale a moins voté que celle de l’UMP.(50% des électeurs de Marine le Pen de 2012 se sont abstenus alors que l’UMP a mobilisé 53% de ses électeurs. En revanche pour le PS c’est 58% des électeurs de François Hollande en 2012 qui ne se sont pas rendus aux urnes)

Cette analyse là personne dans les média ne veut la faire. Et pour cause : elle démontrerait que le FN vient de remporter une victoire écrasante et qu’il se passe quelque chose de très important autour de ce parti.
Car avec 30% d’électeurs ayant moins de 30 ans, 43% du vote ouvrier et 38 % des employés, le FN obtient d’élections en élections un socle populaire de plus en plus solide pour construire une alternative, contrairement à l’UMP qui profite d’un électorat vieillissant. Si demain le front national parvenait à élargir sa base électorale à des fonctionnaires qui se sentent de plus en plus trahis par la gauche, et des cadres moyens, qui craignent le déclassement social, alors il serait en mesure de prendre le pouvoir en France.

Une hypothèse qui marquerait la fin d’un système vieux de 45 ans. Face à cette menace il ne reste plus aux faiseurs d’opinion que de stigmatiser les électeurs FN.
C’est ainsi qu’au lendemain des élections les média nous proposent régulièrement le portrait type de l’électeur en colère qui vote sans autre ambition que d’exprimer son mécontentement.
Le sous-entendu est limpide : le vote FN n’est pas un vote d’adhésion. Cette « analyse » ne se fait pas sans un certain mépris de classe et une bonne dose de racisme social. Sur RMC par exemple, un journaliste observait dernièrement que les électeurs du FN sont les moins diplômés. Il en concluait qu’ils étaient donc plus réceptifs aux discours simplistes des populistes car, privés des « outils » intellectuels de base, ils sont incapables de discerner le bien du mal.

Belle démonstration de l’indécence dont peut faire preuve une petite aristocratie qui ne Continuer la lecture de L’UMPS et les médias vous traitent d’abrutis : électeurs FN, soyez fiers de vous…

Nouvel assaut massif d’immigrants sur Melilla (MàJ vidéo)

[…] « Plus de 1.000 subsahariens ont tenté d’entrer à Melilla vers 06H00 du matin », a expliqué le président de la ville autonome de Melilla, Juan José Imbroda, à la radio publique RNE. « Je crois qu’environ 400 sont parvenus à entrer », a-t-il ajouté, « un nombre très important ».

« Ils venaient par vagues » jusqu’à la triple frontière grillagée, de sept mètres de haut et onze kilomètres de long, qui forme un demi-cercle autour de la ville méditerranéenne de Melilla, sur la côte nord du Maroc, a-t-il poursuivi. « Un morceau de la barrière, extérieur, a été renversé » lors de l’assaut, selon le responsable. « Ils venaient par vagues. Les autorités marocaines ont bien collaboré. Il y a eu également un grand déploiement de la Garde civile. Mais il était difficile de l’arrêter », a expliqué Juan José Imbroda. […]

7sur7

Pierre-André Taguieff : «La propagande antilepéniste, puissant facteur de la montée du FN» (1/2)

Pour le philosophe et politologue, la rhétorique antiraciste et son processus de diabolisation sont une des explications du succès du lepénisme dans les urnes. Première partie de l’entretien accordé au Figarovox.

Pierre-André Taguieff est philosophe, politologue et historien des idées. Il est directeur de recherche au CNRS,rattaché au Centre de recherches politiques de Sciences Po. Dans son dernier livre Du diable en politique. Réflexions sur l’antilepénisme ordinaire (Paris, CNRS Éditions, 2014), il décrypte le processus de diabolisation du Front National et ses revers.

4z96451FigaroVox: Votre livre décrit la mécanique diabolisatrice à l’œuvre dans le paysage politique français depuis trente ans, qui renvoie systématiquement le Front national aux «heures les plus sombres» et à la «bête immonde». Pouvez-vous nous décrire ce processus de diabolisation?

Pierre-André TAGUIEFF: La diabolisation implique de réduire un individu ou un groupe à une manifestation du Mal ou à une incarnation du diable, et d’en tirer les conséquences pratiques, à savoir l’élimination de l’entité diabolisée. Dans les systèmes totalitaires, la diabolisation des opposants se traduit par leur extermination physique. Dans les démocraties pluralistes, les adversaires diabolisés sont en principe exclus du jeu démocratique, mis à l’écart du système politique. La diabolisation constitue ainsi une méthode d’illégitimation d’un adversaire, d’un concurrent, d’un contradicteur, qui sont ainsi transformés en ennemis redoutables et haïssables. En outre, diaboliser l’autre (l’opposant ou le différent), c’est se classer soi-même dans la catégorie des représentants ou des combattants du Bien. C’est donc se donner une légitimité, voire une respectabilité à bon compte.

(…)

En France, l’antinationalisme est devenu idéologiquement hégémonique à la faveur de la construction européenne. Les nations étant perçues comme des obstacles à cette dernière, le sentiment national lui-même a été réduit par les élites dirigeantes et discutantes à une survivance nuisible d’un passé heureusement révolu, à un archaïsme détestable. Le problème, c’est que le sentiment de l’appartenance nationale, qui revient à celui de posséder une identité nationale, n’a nullement disparu de l’opinion, et, plus profondément, des mentalités ou des croyances culturelles. À partir de 1983-1984, le mouvement lepéniste a incarné tout ce rejetaient et méprisaient les élites antinationalistes ainsi que les héritiers de gauche du vieil antifascisme. D’où la dénonciation du FN comme «fasciste», stigmatisation qui l’a isolé dans le système des alliances politiques. Mais, en même temps, le FN a pu s’efforcer, non sans succès, de monopoliser le sentiment national dans tous ses aspects. Ainsi, à la diabolisation par le FN a répondu celle du FN, faisant surgir un cercle polémique vicieux qui ne cesse de compliquer l’interaction entre le FN et ses ennemis, et d’engendrer des effets pervers.

La «reductio ad Hitlerum» avait déjà été dénoncé par Leo Strauss en son temps. Qu’apporte votre livre de nouveau?

En 1953, au début de son grand livre intitulé Droit naturel et histoire, Leo Strauss, agacé par les clichés d’une rhétorique antifasciste fonctionnant à vide et devenue l’instrument privilégié du terrorisme intellectuel, avait pointé le problème en donnant une dénomination suggestive à ce qui lui paraissait être un raisonnement fallacieux: «reductio ad Hitlerum». Dans un contexte où l’antifascisme consensuel était devenu une forme de conformisme idéologique justifiant tous les amalgames polémiques, le philosophe juif émigré aux Etats-Unis faisait cette mise en garde d’ordre méthodologique: «Il n’est malheureusement pas inutile d’ajouter qu’au cours de notre examen nous devrons éviter l’erreur, si souvent commise ces dernières années, de substituer à la

reductio ad absurdum la reductio ad Hitlerum. Qu’Hitler ait partagé une opinion ne suffit pas à la réfuter.» L’accent est mis sur la valeur de vérité d’un énoncé quelconque. Disons, pour simplifier la question à des fins pédagogiques, que la reductio ad Hitlerum consiste pour Strauss à juger fausse toute assertion, comme «La Grande-Bretagne est une île», que le Führer croyait vraie. Inférence illustrant à quel point l’endoctrinement idéologique peut rendre stupides ceux qu’il aveugle. Il s’agissait d’ailleurs pour Strauss d’une remarque marginale dans un livre de philosophie politique consacré notamment à la discussion des thèses de Max Weber, ce qui explique qu’il n’ait pas développé l’analyse du type d’amalgame polémique qu’il avait brièvement caractérisé, à savoir la diabolisation de type antifasciste. Car aujourd’hui, lorsqu’on dénonce à juste titre la reductio ad Hitlerum, on vise un sophisme beaucoup plus pernicieux, qu’on peut illustrer par ce syllogisme défectueux: «Hitler aimait les chiens (ou Wagner) ; X aime aussi les chiens (ou Wagner) ; donc X est un disciple d’Hitler». Je soulignerai au passage le fait que diaboliser un individu ou un mouvement politique quelconque en l’assimilant à Hitler ou au nazisme, c’est banaliser le nazisme.

C’est à Léon Poliakov qu’on doit l’analyse pionnière de la diabolisation, mode de fabrication d’ennemis absolus. Mais, dans ses travaux des années 1970 et 1980 sur la «causalité diabolique», l’historien de l’antisémitisme avait surtout étudié la diabolisation des Juifs, des jésuites et des francs-maçons, à travers les «théories du complot» qui les prenaient pour cibles. Dans l’après-1945, ce sont principalement les nationalistes, eux-mêmes grands diabolisateurs de leurs adversaires, qui ont été diabolisés par leurs ennemis, qui les percevaient comme des héritiers des fascistes ou des nazis.

L’assimilation abusive d’un quelconque adversaire à Hitler, pris comme incarnation du diable, en vue de le disqualifier, reste une opération rhétorique banale, qu’on peut observer aujourd’hui dans les affrontements politiques, voire dans les débats intellectuels en Europe et ailleurs. Le discours antifasciste continue de fonctionner en l’absence de fascismes réels, ce qui pousse les diabolisateurs à inventer sans cesse de nouveaux fascismes imaginaires. Cette bataille contre des néo-fascismes fictifs relève de ce que j’ai appelé le néo-antifascisme, dont l’antilepénisme ordinaire est, en France, la principale figure. Dans Continuer la lecture de Pierre-André Taguieff : «La propagande antilepéniste, puissant facteur de la montée du FN» (1/2)

Manipulation médiatique d’Europe 1 : Robert Badinter, « nous assistons à une renaissance de l’antisémitisme » (vidéo)

Lu et Vu sur Fdesouche

Alors que Robert Badinter déclare à propos de l’antisémitisme que cela : « n’a rien a voir avec tel ou tel parti politique à cet instant, je vous ai dit » (à 4m56) après les questions répétées et insistantes du journaliste, Europe 1 tente grossièrement dans son article de lier l’antisémitisme à l’extrême-droite et au Front National :

Au-delà de la percée de plusieurs partis d’extrême-droite aux élections européennes dimanche soir, dont le FN en France, pour Robert Badinter, « nous assistons à une renaissance de l’antisémitisme » face à laquelle il en appelle à « l’éducation, l’école, ne rien laisser passer, ne rien tolérer dans les classes dans lesquelles on refuse d’écouter l’enseignement de la Shoah ». « La République ne peut admettre le racisme, la République ne peut pas supporter l’antisémitisme, c’est aussi clair que cela », a encore ajouté Robert Badinter, pour qui « il y va de l’âme de la France » : « ce sont les valeurs de la République qui sont en question, pas tel ou tel discours politique ».


Badinter : « Cet acte de terrorisme s’inscrit… par Europe1fr

Europe 1 (Capture de la page d’Europe 1)

UMPS : La gauche européenne prête à soutenir le candidat du PPE Jean Claude Juncker

Les sociaux-démocrates prêts à négocier

Jean-Claude-Juncker-Martin-Schulz-EuropawahlS’il veut succéder à José Manuel Barroso, Jean-Claude Juncker doit donc s’assurer de réunir au moins 376 voix, sur les 571 eurodéputés nouvellement élus. Or, au lendemain d’élections boudées par plus d’un électeur européen sur deux, le Parlement est fragmenté.

Premier groupe en termes d’élus, le PPE, qui rassemble les partis démocrates-chrétiens et de centre droit, est crédité de 213 sièges, soit 60 de moins que dans l’assemblée sortante. Les socialistes et sociaux-démocrates (190 sièges) perdent 6 sièges, les Libéraux (64) 19 et les Verts (53) 4 députés. Les partis pro-européens, qui disposent donc sur le papier d’une majorité de 520 sièges, sont condamnés à s’entendre pour gouverner.

La gauche européenne s’est dite prête à discuter avec l’ex-Premier ministre luxembourgeois. « Jean-Claude Juncker pourra obtenir le soutien des Socialistes et Démocrates à la condition qu’il présente un programme dont les priorités seront la création d’emplois et des investissements pour la croissance; une politique européenne d’immigration globale et une lutte efficace contre l’évasion fiscale », a détaillé le chef de file du groupe socialiste, Hannes Swoboda. En cas d’échec à trouver un compromis sur son nom, Jean-Claude Juncker devra laisser son rival Martin Schulz tenter à son tour de rallier une majorité. Mais le candidat des socialistes aura lui aussi besoin des suffrages des conservateurs pour s’assurer au moins 376 suffrages.

Le JDD

Relire : Le PPE ouvre la porte à une coalition avec les socialistes derrière Juncker

Bygmalion : Soirée UMP sur l’Afrique facturée 680.000 euros pour… 300 invités !

Comment a fonctionné le système de surfacturation dans l’affaire Bygmalion ? France 2 publie la facture éditée pour la location de la salle Gaveau pour Event &cie : 17.000 euros. Celle adressée par la société à l’UMP est 30 fois plus chère: 680.000 euros!

Exemple de surfacturation pratiqué par la société Bygmalion auprès de l’UMP. Le 14 avril 2012, à une semaine du premier tour de l’élection présidentielle, le parti organise une convention intitulée « La France avec les ‘printemps africains’ – Regards croisés». Quelques centaines de personnes sont réunies autour de Jean-François Copé, salle Gaveau à Paris, dans un décor des plus sobres.

Jean-Marie Fournier, directeur de la salle Gaveau, l’explique devant la caméra, factures en mains : « Ça a coûté 11.200 euros, plus la salle en dessous, 3.500 euros. » Même si l’on ajoute le coût du petit cocktail qui a été servi aux participants, la somme finalement déboursée par l’UMP est plus de trente fois celle qui a été réellement payée.

Échirolles (38) : Un ado séquestré et martyrisé par des jeunes

Tout commence à l’arrêt d’un bus, où la victime est prise à partie par un groupe de quatre individus. Le meneur de la bande, âgé de 17 ans, lui réclame 1.000 euros. L’adolescent âgé de 16 ans, qui a déjà eu affaire à son bourreau quelques jours auparavant, ne les a pas. Il est alors emmené dans un appartement squatté où il sera attaché, frappé et aspergé de gaz lacrymogène.

Un pistolet à impulsion électrique est également utilisé contre lui. Les agresseurs sont finalement mis en fuite par une voisine, mais ils s’échappent en embarquant leur souffre-douleur avec eux, qu’ils continuent de frapper. Ils contraignent alors l’adolescent d’aller chez lui afin de leur remettre le portefeuille d’un de ses parents.

L’ado sera relâché après cinq heures d’enfer. Trois suspects ont été interpellés par la police grenobloise. Il s’agit de deux garçons et d’une fille, âgés entre 17 et 19 ans. Le principal instigateur des faits a été écroué pour « séquestration« , « vols aggravés » et « extorsion de fonds aggravée« , tandis que les deux autres ont été laissés libres sous contrôle judiciaire.

Le Dauphiné

Marine Le Pen : «Nicolas Sarkozy a triché» (vidéo)

La présidente du Front national accuse Nicolas Sarkozy d’avoir dépensé «le double du plafond légal» durant la campagne présidentielle de 2012 sur le plateau de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV.


Marine Le Pen frappe fort mardi matin, avant sa première conférence de presse consacrée aux résultats des élections européennes, sur le plateau de Jean-Jacques Bourdin. Après avoir jugé que les adhérents de l’UMP étaient les «dindons de la farce» concernant l’argent de l’UMP «dépensé dans des proportions absolument inouïes», la présidente du Front national a accusé directement Nicolas Sarkozy d’avoir «dépensé le double du plafond légal» de la campagne présidentielle. «Il a triché» a-t-elle martelé en lui reprochant d’avoir atteint la «légitimité des résultats du premier tour» de l’élection présidentielle.

Marine Le Pen a également pointé «23 millions d’euros de dépenses supplémentaires» en assurant qu’il était «impossible» selon elle de «ne pas être au courant» de telles dépenses quand on est président d’un parti et candidat à une élection présidentielle. Évoquant un total de «40 millions d’euros» de dépenses pour la campagne de l’UMP, la présidente du FN a comparé ce chiffre aux 9 millions engagés par son parti. Elle a aussi jugé en direct que Nicolas Sarkzoy était «totalement disqualifié».

L’allocution «stratosphérique» de Hollande

Invitée à commenter les propos de Brice Hortefeux quelques minutes plus tôt sur RTL, Marine Le Pen n’a pu contenir un rire en expliquant qu’elle ne savait plus «comment réagir» face à cette affaire en accusant encore l’UMP d’avoir été en «violation totale de toutes les règles» et en renvoyant une nouvelle fois la responsabilité sur les épaules de l’ancien président de la République: «Il est le centre, le pilier de cette affaire. Ces dérives financières ont été organisées sous ces ordres».

Sur d’autres sujets, Marine Le Pen a critiqué l’allocution «stratosphérique» de François Hollande lundi soir en estimant que le chef de l’État avait pris la parole pour ne Continuer la lecture de Marine Le Pen : «Nicolas Sarkozy a triché» (vidéo)

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