Perquisition à « Mediapart » : Matignon reconnaît avoir transmis des informations au parquet ( Médiapart accuse la garde des sceaux de mensonge)

Devant la représentation nationale, Nicole Belloubet a livré un grossier mensonge sur la tentative de perquisition de nos locaux par le parquet de Paris.

La garde des Sceaux a menti devant l’Assemblée nationale, mardi 5 février. Questionnée par le député de La France insoumise Ugo Bernalicis sur la tentative de perquisition qui a eu lieu à Mediapart la veille, Nicole Belloubet a démenti toute « instrumentalisation de la justice » et a affirmé que Mediapart avait finalement, face à la pression médiatique, consenti à donner les enregistrements publiés.
[…]

Cette affirmation, répétée encore plus clairement au Sénat, est doublement fausse.

1) D’abord, la ministre de la justice confond délibérément deux procédures judiciaires différentes.

D’un côté, Mediapart a reçu vendredi 1er février, en fin de journée, une demande de réquisition des extraits d’enregistrements que nous avons diffusés dans notre article du 31 janvier par les juges d’instruction de l’affaire du 1er Mai, visant Alexandre Benalla et Vincent Crase.

De l’autre, notre journal a fait l’objet, lundi 4 février, vers 11 h 10, d’une tentative de perquisition après l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Paris des chefs d’« atteinte à l’intimité de la vie privée » et de « détention illicite d’appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d’interception et de télécommunications ou de conversations ».

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Sur la base de quels éléments le procureur de Paris, Rémy Heitz, a-t-il fondé sa tentative de perquisition dans les locaux de Mediapart ? Lundi 4 février, deux magistrats du parquet s’étaient présentés dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte, notamment, pour « atteinte à la vie privée », afin de saisir des éléments liés aux enregistrements clandestins d’une conversation entre l’ancien conseiller du président de la République, Alexandre Benalla, et Vincent Crase, ex-employé de La République en marche, publiés la semaine précédente par le site d’information.

Ces enregistrements datant du 26 juillet, dans lesquels M. Benalla se prévaut du soutien d’Emmanuel Macron, tendent à établir qu’il a violé son contrôle judiciaire.

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