Peugeot crée 1000 emplois en Espagne mais ferme à Aulnay-sous-bois

La défense du « produire en France » encouragée par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault et le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a ses limites, comme le démontre l’actualité du groupe PSA. La firme automobile française, qui fabrique les Peugeot et Citröen, fermera son site parisien d’Aulnay-sous-bois en 2014, mais embauche 1000 personnes à Vigo, au nord-ouest de l’Espagne.

La mise à profit de la compétitivité espagnole par les consommateurs et acteurs économiques français, cruellement présente dans les Pyrénées-Orientales, où le différentiel de prix et de coût de travail est criant, se manifeste à plus grande échelle. Ainsi, le constructeur automobile français PSA, fabriquant les véhicules de marque Peugeot et Citroën, prépare pour 2014 la fermeture définitive de son usine d’Aulnay-sous-bois, en région parisienne, tout en maintenant son site de production de Madrid.

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Cette unité située dans le quartier de Villaverde, au Sud de la capitale espagnole, emploie 3100 personnes et produit près de 150.000 véhicules par an, dont 74 % destinés à l’exportation, notamment en territoire français.

A Vigo, la plus grande usine PSA à l’étranger

En Espagne, PSA est principalement présent à Vigo, dans la région de Galice, au nord-ouest, où est située sa plus grande usine à l’étranger. Antonio Muñoz Codina, directeur de ce site qui emploie 9700 personnes et aura fabriqué 400.000 véhicules en 2013, contre 297.000 en 2012, a officialisé le 4 avril 2013 l’annonce d’une embauche de 1000 personnes. Ces nouvelles équipes produiront les nouveaux modèles 301, C-Elysée et C4 Picasso, ainsi que la nouvelle version électrique de ses utilitaires Partner et Citroën Berlingo. Ces modèles électriques, dont la production atteindra jusqu’à 2500 unités d’ici la fin de l’année, profitent d’un investissement de plus de 100 millions d’euros, dont 13 millions fournis par le gouvernement galicien. Les stratégies espagnoles de PSA, connues en Espagne, bénéficient ainsi, simultanément, d’un silence médiatique en France. Le parallèle entre la fermeture d’Aulnay-sous-bois reste absent dans l’opinion publique française, car les réseaux médiatiques dépendent encore largement des frontières.