Politique

Pourquoi Montebourg défend la filière nucléaire

La phrase a fait s’étouffer nombre d’écologistes, dimanche 26 août. Sur BFM TV, Arnaud Montebourg a expliqué qu’il ne fallait pas “abandonner le nucléaire”, qu’il fallait néanmoins le “rééquilibrer”. Pour ma part, je considère que le nucléaire est une filière d’avenir“, a-t-il ajouté.

On apprend aujourd’hui que le Samedi 25 août, la veille de sa sortie sur le « nucléaire, filière d’avenir », le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg partageait un dîner avec Anne Lauvergeon, l’ancienne patronne d’Areva – groupe industriel spécialisé dans le nucléaire, écrit Christophe Barbier, le directeur de la rédaction de L’Express, dans un « confidentiel » de quelques lignes publié dans l’édition du 29 août.

L’Express explique que le dîner avait pour cadre Le Richelieu, sur l’île de Ré, décrit, dixit la revue spécialisée Demeures & Châteaux comme « l’un des établissements les plus chics de l’île – voire le plus chic », à quelques encablures de La Rochelle, donc, où le PS organisait ce week-end là son université d’été et à laquelle a participé le ministre.

Mais ce n’est pas tout

AREVA PRÉSENT EN SAÔNE-ET-LOIRE

Si Arnaud Montebourg connaît le sujet, c’est aussi parce que la Saône-et-Loire, département dont il fut le président du conseil général de 2008 à 2012, est un lieu d’implantation du nucléaire. Areva y emploie 1 370 employés sur deux sites de production.

En 2008, depuis le “bus Areva”qui veut promouvoir l’embauche sur ces sites, il lance : Venez, mais venez donc ! Vous allez avoir une vraie formation, un emploi stable, une bonne retraite, c’est pas formidable, ça ?”, comme le raconte L’Express. En décembre 2011, il fait voter un “vœu sur l’avenir de la filière nucléaire et de la politique énergétique” et le “maintien du programme EPR” par le conseil général.

DES POSITIONS TOUJOURS FAVORABLES AU NUCLÉAIRE

Cet engagement pour le nucléaire se traduit par son programme pendant la primaire, ou par son soutien à Anne Lauvergeon, ancienne dirigeante d’Areva. Lorsqu’il est candidat, il se prononce pour une “diminution progressive à l’horizon 2017″, quand les autres candidats s’engagent sur une sortie progressive – pour Martine Aubry ou Ségolène Royal – ou pour une diminution chiffrée à 50 % – pour François Hollande et Manuel Valls.

Et lorsque le fauteuil à la tête d’Areva d’Anne Lauvergeon est menacé, il clame son soutien avec cinq autres députés, dont Aurélie Filippetti et Bernard Cazeneuve, aujourd’hui au gouvernement. Et fait de Mme Lauvergeon “une patriote de l’industrie française”.

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