Procès. Herblay (95) : une adolescente de 14 ans violée et filmée par ses bourreaux

Une adolescente de 14 ans avait été victime d’un viol collectif dans une cave des Naquettes, à Herblay, en 2015. Une «tournante» dont les auteurs présumés comparaissent à compter de ce lundi après-midi devant la cour d’assises des mineurs du Val-d’Oise. Six d’entre eux étaient mineurs au moment des faits, un seul majeur. Leur procès, à huis clos, doit durer douze jours pour s’achever le 24 octobre.

Parmi les accusés, cinq vont répondre des accusations de viol en réunion. Un sixième est accusé de complicité pour avoir enregistré les images. Il est également poursuivi pour leur diffusion. Le dernier accusé est lui jugé pour n’avoir rien tenté pour empêcher le crime. Deux autres jeunes poursuivis seront jugés ultérieurement par le tribunal pour enfant qui statuera en matière criminelle. Ceci du fait de leur jeune âge : ils n’avaient pas 16 ans lors des faits.

Leur victime aura le courage de faire face aux accusés après avoir dénoncé les faits le 27 février 2015 au commissariat d’Herblay. Accompagnée d’une amie et de la mère de celle-ci, elle vient relater le viol collectif dont elle explique avoir été victime quelques jours plus tôt, dans le quartier des Naquettes. Elle avait fait laconnaissance de K. et accepté de le rencontrer le 19. Il l’avait conduite dans un garage en compagnie d’un copain. Tous les deux lui imposent des fellations avant de la laisser partir. En quittant le box, elle appelle une amie mais ne parvient pas à se confier à ses parents chez elle. Le 23, K. la contacte à nouveau et lui donne rendez-vous pour le lendemain aux Naquettes. Il menace de diffuser la vidéo tournée lors des faits du 19 si elle refuse de venir. […]

«Ma cliente attend de ce procès une réhabilitation personnelle, que la cour reconnaisse ce qu’elle a subi, son statut de victime», confie son avocat, Me Emmanuel Mailleau. «Au départ, lorsqu’elle dénonce les faits, on ne la croit pas. On n’a pas donné foi à sa parole. Elle attend qu’on arrête de dire qu’elle était consentante.» La victime est suivie depuis les faits par un psychologue. «Elle ne s’en remet pas pour l’instant. Le procès sera un moment très difficile pour elle. Un seul accusé est détenu, les six autres sont libres. Ils seront à quelques mètres d’elle, face à elle. Il y aura beaucoup de tension.»

Le Parisien