Quand estrosi se battait pour une alliance avec le FN

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Retour en mars 1998. Quelques jours après le premier tour des élections régionales. Au volant de sa Peugeot 405, Jean-Yves Le Gallou roule vers
le conseil régional d’Île-de-France. Le secrétaire national aux élus du FN a rendez-vous avec Roger Karoutchi, président du groupe RPR, pour discuter des conditions d’un accord entre les deux camps. Depuis quelques jours, la droite est en ébullition, et le paysage politique sur le point de basculer.

Le dimanche 15 mars, le FN a obtenu 15,2 % des voix et 275 élus. Dans douze régions, les conseillers FN sont indispensables à la droite pour élire un président issu de ses rangs.

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Deux cas restent encore pendants : ceux des régions Îlede- France et Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Là, la confusion est telle que l’élection du président a été reportée au lundi. En route pour le conseil régional francilien, Le Gallou pense négocier un accord avec Roger Karoutchi. Mais alors qu’il quitte sa ville d’Antony pour arriver sur l’A86, le téléphone de sa voiture se met à sonner. C’est Karoutchi, qui lui annonce que le rendez-vous est annulé. “J’ai tout suite compris que l’accord n’aurait pas lieu”, raconte Le Gallou. Côté frontiste, on comptait sur l’arrangement suivant : en Île-de France, le FN soutiendrait la candidature d’Édouard Balladur, tête de liste RPR, à condition que la droite appuie un président FN en Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Selon le maire de Toulon, Jean-Marie Le Chevallier, des négociations ont même été entamées à cet effet : “Le député RPR Christian Estrosi avait participé aux négociations et aurait été mon vice-président en cas d’entente, raconte-t-il. Mais Jean-Marie Le Pen qui voulait la présidence a rejeté les conditions de la droite et l’accord a capoté”. 

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