Quand les graines du jihad poussent dans nos quartiers

L’affaire Merah était une exception, nous jurait-on. Mais nombre de jeunes Français, récemment convertis à l’islam, basculent dans le terrorisme. Qui sont ces ennemis de l’intérieur ?

Le jihad local a le vent en poupe, comme vient de le démontrer avec violence le démantèlement, samedi 6 octobre, d’une cellule d’apprentis terroristes islamisés entre Cannes et Strasbourg. Leur dernière cible : une épicerie kasher de Sarcelles (Val-d’Oise), attaquée à la grenade le 19 septembre 2012. Sauf que la France n’est pas l’Afghanistan, et que les candidats jihadistes étaient quasi tous français. Le chef de la cellule, Jérémie Louis-Sidney, né en 1979 en Seine-et-Marne, fiché pour trafic de stupéfiants, avait laissé son ADN sur l’arme explosive. Lors de son interpellation à Strasbourg, c’est l’arme au poing qu’il a accueilli l’antigang, réalisant son vœu de mourir en «martyr», comme le Toulousain Mohamed Merah au printemps dernier.

 

La République va devoir s’y faire, un nombre non négligeable de ses fils virent à l’islamisme radical, souvent après avoir frayé avec les caïds du quartier. Ou avec les terrains de sport. Comme Yann Nsaku, 19 ans, complice de Louis-Sidney, un Cannois d’origine congolaise, espoir du foot stoppé en vol pour cause de blessure, converti dans la foulée à l’islam par un ami d’enfance. Ou comme Yman Bilel Benouahab, né en 1989 à Villeneuve-sur-Lot, ex-champion de boxe anglaise recyclé dans le salafisme après une défaite de trop, arrêté par la brigade criminelle de Paris en 2010. Bien avant l’affaire Merah, bien avant le démantèlement de la cellule cannoise, ce cas en disait long sur le profil de ces jeunes qui, faute d’accéder aux zones tribales du Pakistan, entendent passer à l’acte à domicile. Retour en arrière.

 

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