Dans un quartier de Toulouse, des commerçants se révoltent contre le trafic, le tapage et la saleté

Pour certains commerçants du quartier Gabriel Péri à Toulouse, l’heure du ras-le-bol a sonné. Une trentaine d’entre eux vient de signer une pétition dénonçant l’insécurité grandissante dans leur quartier. Cette pétition est destinée à la mairie de Toulouse.

Ils s’expliquent :

Nous, professionnels établis dans le quartier Gabriel Péri (rues Gabriel Péri et Palaprat, place Bachelier) vous demandons d’intervenir afin d’assurer notre sécurité, celle de nos locaux et matériel ainsi que celle des habitants dont nous partageons la colère et les inquiétudes. En effet, depuis plusieurs semaines déjà, un groupe de dealers occupe l’angle de la rue Gabriel Péri et Palaprat et se livre à son trafic en pleine journée. Plusieurs commerçants ont déjà été agressés par des individus violents venus de l’extérieur et la clientèle elle aussi a eu à subir leur harcèlement et plus. Nous attendons que vous fassiez le nécessaire dans les meilleurs délais pour protéger nos personnes et nos activités, ainsi que notre environnement. Cela dans l’intérêt de tous ceux qui vivent dans le quartier ou y exercent.

Une vidéo « choc »

Sur le net, la pétition a été relayée par l’association Droit au Sommeil-Toulouse qui a posté une vidéo faisant état des difficultés que rencontrent les riverains dans ce secteur de la Ville rose qui est devenu celui des fêtards au même titre que la place Saint-Pierre. Une vidéo plutôt « choc », avec des sous-titres explicites et musique digne d’un polar.

voir d’autres vidéo sur la page facebook de l’association

« L’urine, le bruit, le vomis, les déchets »

Dans cette vidéo, l’association dénonce certains faits, autres que le trafic de drogue, qu’elle met en évidence depuis plusieurs mois : « le bruit permanent, l’urine, le vomis, les débris de verre, les déchets en plastique qui souillent le quartier au détriment de tous« . Elle précise :

De très nombreux commerçants, restaurateurs, hôteliers et agences, sont touchés par la sévèredégradation du quartier. Plusieurs facteurs sont à son origine. D’abord, la présence anormalement importante d’établissements de nuits orientés vers la fête. Ceux-ci attirent une clientèle très mobile et très agitée qui génère énormément de nuisances.

Un hôtelier raconte son vécu

Des nuisances qui ont amené Wesley Martin, propriétaire de l’hôtel Saint-Claire situé place Bachelier, à vendre son établissement. Il raconte son expérience :

Nous avons tenus l’hôtel d’avril 2015 à février 2018. Au début, tout allait bien. Puis, les travaux ont débuté sur les allées Jean-Jaurès et les SDF qui trainaient là-bas sont arrivés sur la place. Au début, ils étaient deux, puis quatre et au bout de six mois, vingt. Saouls, ils insultaient les clients en journée. Nous avons appelé la police, la maire de quartier est venue sur place, un riverain dont l’enfant ne pouvait plus dormir en est venu aux mains. C’était un peu mieux les dernières semaines, mais l’atmosphère dégradée a fait partie des éléments qui m’ont fait quitter le lieu. Mes nouveaux clients me disaient ne plus vouloir revenir dans un tel quartier et les habitués ne venaient plus…

Contactée, la mairie de Toulouse a indiqué que, « l’essentiel des griefs portés par la pétition étant des problèmes spécifiquement liés au trafic de drogue », elle transmettra le texte à la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) afin que celle-ci puisse « mobiliser des forces de police nationale supplémentaire pour remédier aux problèmes rencontrés sur ce quartier ».

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