Régionales : le président du Nord plaide pour une alliance LR-PS face au FN

Les maffieux se serrent les coudes.


 

Jean-René Lecerf (Les Républicains) accueille favorablement l’idée d’un rapprochement dans l’entre-deux-tours avec le PS pour empêcher la victoire de Marine Le Pen dans la région Nord-Pas-de-Calais/Picardie.

Il avait déjà proposé une alliance avec le PS il y a un peu moins d’un an. «Ça m’avait valu une volée de bois vert», se souvient-il. Alors que l’idée d’une fusion des listes contre le FN dans l’entre-deux-tours des régionales dans le Nord-Pas-de-Calais/Picardie est désormais évoquée au PS, Jean-René Lecerf persiste et signe. Contacté par Le Scan, le président Les Républicains du conseil départemental du Nord plaide pour la constitution d’un «gouvernement d’union régionale» réunissant la droite et le PS pour barrer la route à Marine Le Pen, si cette dernière devait arriver en tête au premier tour.

Ce gaulliste social n’en est pas à son coup d’essai. Lors des départementales de 2014, il avait joué à fond la carte du front républicain pour faire barrage au FN, allant jusqu’à voter PS au second tour dans le canton de Lille où il est domicilié. Une option payante. «J’estimais que les positions du FN ne participent pas aux valeurs de la République. Cette stratégie, je ne l’imagine pas pour faire barrage au FN mais pour ne pas faire perdre 10 ans à notre région. Les entrepreneurs que je rencontre aujourd’hui me disent: ‘Si Marine Le Pen arrive à la tête de la région, on ira ailleurs’».

«Y penser toujours, n’en parler jamais»

Depuis plusieurs semaines, Jean-René Lecerf distille autour de lui l’idée d’un rapprochement avec le PS. Il en a parlé avec Martine Aubry, qui partagerait selon lui ses vues. «Je pense que, comme moi, elle ne croit pas au désistement, au hara-kiri politique» d’un camp en faveur de l’autre. Reste l’idée d’une alliance, à laquelle les candidats LR et PS, Xavier Bertrand et Pierre de Saintignon, sont évidemment moins réceptifs. «On est encore dans une phase de pré-campagne, celle des militants. Pour Xavier Bertrand, que je soutiens, comme pour Pierre de Saintignon, c’est difficile d’avancer sur ce type de stratégie sans être vilipendé par les militants. Mais je me suis permis de leur dire que si on pouvait éviter les prises de bec stériles, ce serait une façon de ne pas insulter l’avenir. Si on arrive à avoir une campagne équilibrée, on pourra expliquer qu’on envisage un gouvernement d’union régionale».

À lire les réactions à gauche comme à droite après la prise de position ce lundi d’un ministre en faveur d’une alliance, l’affaire est loin d’être pliée… Sur Twitter, Xavier Bertrand a déjà indiqué que ses listes seraient les mêmes au «premier comme au second tour».

Cette stratégie, c’est comme la ligne bleue des Vosges: ‘Y penser toujours, n’en parler jamais’», s’amuse Jean-René Lecerf, faisant référence à une célèbre citation de Gambetta sur l’Alsace-Lorraine. «Mais il faut bien qu’il y ait quelques gentils qui meurent en lançant des cailloux dans l’eau!»