Régionales. Louis Aliot (FN) : « Nous avons une chance historique de battre le PS »

Louis Aliot, tête de liste FN en Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées, part confiant avant le deuxième tour qui l’opposera à Carole Delga et Dominique Reynié. Les points à retenir.

Arrivé en tête au premier tour des élections régionales en Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées, Louis Aliot tenait une conférence de presse à Toulouse mardi 8 décembre.

L’accord Delga (PS)-Onesta (EELV)

Louis Aliot, dézingue l’accord conclu entre la socialiste Carole Delga et l’écologiste Gérard Onesta entre les deux tours pour « faire barrage au Front national ».

M. Onesta et les Verts sont allés à la soupe. Les Verts servent d’ailleurs de paillasson au PS, comme l’a montré M. Le Drian en Bretagne. Gérard Onesta manie l’insulte quand il nous qualifie de « peste brune ». C’est lui l’extrémiste, les électeurs ne sont pas dupes. Quant à madame Delga, elle n’a que le mot extrême-droite à la bouche. J’espère qu’elle connaît bien l’histoire de la région sur la collaboration et René Bousquet… .

Louis Aliot manie la métaphore sur l’alliance entre le PS, les écologistes et le Front de gauche… « Plus ils nous insultent, plus nous montons. Plus on met un barrage, plus l’eau monte. Je crois à notre dynamique de deuxième tour ».

Son regard sur le maintien de Dominique Reynié (LR-UDI-Modem)

« Voter Reynié, c’est voter inutile. Nous sommes les seuls à apporter une réelle dynamique », estime Louis Aliot. Julien Leonardelli, le secrétaire départemental du FN de Haute-Garonne, a fait le calcul. « Nous avons progressé de 11 000 voix par rapport aux départementales et le FN est passé de 9 à 26% en Midi-Pyrénées ».

Aliot est confiant, en témoigne cette anecdote. « Un candidat de droite s’était aussi maintenu contre Gilbert Collard (aux législatives dans le Gard en 2012). Et il a gagné… Le maintien de Dominique Reynié n’est peut-être pas le handicap décrit ».

Sur le projet

« Qu’ils arrêtent les insultes et parlent du fond ! ». La tête de liste du FN veut recentrer le débat sur les projets des uns et des autres. Une gageure dans une campagne qui a fait la part belle aux affichages, caricatures et slogans. Au-delà des thèmes chers au FN (immigration, sécurité, chômage), les points principaux du programme frontistes sont :

  • Priorité au patriotisme économique en s’appuyant sur le critère environnemental (bilan carbone) pour favoriser les entreprises de la grande région, et le critère social. « Cela concerne seulement 10% des chantiers mais ça ferait travailler beaucoup de petites entreprises. La Région a un rôle à jouer sur la sous-traitance », estime Louis Aliot
  • Le rééquilibrage en faveur de la ruralité « en créant de l’emploi à l’extérieur de Toulouse, en préservant les services publics et en luttant contre les déserts médicaux »
  • Poursuivre les avances remboursables aux entreprises, des « mesures d’intérêt général »
  • Équilibrer la politique de transports entre le ferroviaire et les routes
  • Non-remplacement des départs à la retraite des fonctionnaires
  • Couper dans les effectifs des cabinets des présidents et diminuer le nombre de vice-présidences. « Il faut préciser que la fusion engendrera une augmentation de 500 euros pour les élus », précise le candidat

En outre, Louis Aliot annonce sa volonté de conditionner la gratuité des Ordilib, la mesure consistant à équiper les lycéens d’ordinateurs portables gratuits, selon le plafond de ressources, de créer un festival international des musiques gitanes et de ne pas mettre au pot dans le cas d’un retour d’une télévision locale à Toulouse. « Je suis favorable au maintien à flots des rédactions locales de France 3, par exemple ».

Sa position sur le planning familial

S’il est élu, Louis Aliot avait évoqué le fait de ne plus subventionner le planning familial. La tête de liste a voulu recadrer quelque peu ses propos.

Je ne conteste pas l’objet social du planning familial, mais par exemple, leur soutien aux sans-papiers, qui est en dehors de leur champ de compétences, qui plus est pour aider des gens qui sont en situation illégale sur le territoire.

Pourquoi il n’est pas sûr de siéger en cas de défaite

Paradoxalement, Louis Aliot, député européen, figure de proue du FN (et compagnon de Marine le Pen) et candidat à la présidence de la grande région, n’est pas tête de liste dans les Pyrénées-Orientales, son fief. Cinquième sur la liste, il sera élu président en cas de victoire au second tour, dimanche 13 décembre 2015, mais n’est pas sûr de siéger en cas de défaite. Une anomalie pointée du doigt, certains l’accusant de pêcher par facilité…

Je ne suis pas dans la contradiction. Si je gagne, je démissionne de tous les autres mandats. À gauche, la charte éthique ne s’appliquera qu’à M. Onesta (référence au fait que Carole Delga, en cas de victoire, cumulera la présidence de la future grande région avec son mandat de députée qui court jusqu’en 2017, ndlr), explique-t-il.

Combien d’élus FN vont entrer dans la future assemblée régionale ?

En cas de victoire, le Front national peut espérer faire entrer un peu plus de 90 élus dans le futur hémicycle. En cas de défaite, le FN peut faire élire entre 38 et 42 personnes de leurs listes.

Le FN peut-il réellement gagner ces élections ?

Louis Aliot en est persuadé : « Les oubliés de la gauche voteront pour moi ». Confirmation de cette candidate en Haute-Garonne, qui affirme recevoir des coups de fil réguliers de militants PS ou des Républicains.

Nous sommes cohérents et n’avons pas cherché à faire de la tambouille électorale. Cet esprit de franchise plait. Je suis confiant : nous avons une chance historique de battre le PS, conclut Louis Aliot.

Chantal Dounot-Sobraques, ex-secrétaire départementale de l’UMP (ancien appellation des Républicains) de Haute-Garonne entre 2008 et 2010 et candidate frontiste dans ce département, pense que « ça va être serré. Je sais que des militants de droite vont voter pour nous. On va gagner ».