Rocade d’Albi – Tarn : l’Etat PS et les collectivités PS sont pour la préférence étrangère et contre le protectionisme.

C’est la société Comsa de Barcelone qui réalisera à partir du 15 octobre le doublement de la rocade d’Albi jusqu’au stadium. La fédération des travaux publics le déplore.

La Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), maître d’ouvrage pour l’État, a attribué le marché pour un montant de 9,49 millions d’euros à l’entreprise Comsa SAU de Barcelone.

«C‘était 10 % soit 1,1 million d’euros de moins que Demathieu et Bard de Toulouse, qui déjà était allé au maximum de ce qu’il pouvait faire et bien en deçà des prix pratiqués. Ce groupement régional comprenait un terrassier d’Albi et aurait représenté énormément d’emplois locaux», fait valoir Isabelle Ferrer, secrétaire générale de la Fédération régionale des travaux publics (FRTP) à Toulouse.

Un «précédent» que déplore vivement Bruno Cavagné, président de la FRTP : «C’est dramatique, limite scandaleux, à un moment où nos entreprises connaissent de grosses difficultés.

Quand elles perdent un chantier d’une telle ampleur, il y a forcément des conséquences sur les emplois en région. On en a perdu 2000 en cinq ans. Mille de plus sont menacés. On nous demande de ne pas délocaliser et de ne pas licencier. L’État, qui finance la rocade d’Albi avec les collectivités locales, n’est pas exemplaire. Il s’abrite derrière le droit européen, mais il faut faire preuve de bon sens et de courage politique. D’autant qu’il n’y a pas réciprocité. Ce n’est pas interdit mais impossible en pratique pour nous de travailler en Espagne.»

«Un mécontentement que peut comprendre» Nathalie Clarenc, responsable du service maîtrise d’ouvrage à la Dreal. Elle répond que, «dans le cadre du Code des marchés publics, il n’est pas possible d’écarter une entreprise moins disante pour favoriser une offre française quand il s’agit d’un appel d’offres européen. Nous avons instruit ce dossier délicat de façon rigoureuse, en tenant compte à la fois des critères de prix et techniques. Les entreprises françaises ont fait un recours pré-contractuel devant le tribunal d’administratif. Le juge a confirmé notre analyse.».

Source : La Dépêche du Midi