Roubaix (59) : agressée par une « bande de filles » devant des passants indifférents

Elle n’avait rien fait, ne les connaissait pas. Une étudiante de 18 ans s’est fait agresser par un groupe de filles, début octobre, alors qu’elle s’apprêtait à prendre le métro à Croix, près de Roubaix (Nord).

Ce vendredi, ses parents s’indignent dans la presse du fait que personne n’ait bougé en la voyant rouée coups par ses assaillantes.
Les caméras de vidéosurveillance confirment les dires de la jeune fille : les passants n’interviennent pas alors qu’ils ne peuvent ignorer la scène.

Ce matin du 2 octobre, Louise* se dirige vers le métro Croix-Mairie pour se rendre, comme tous les jours, l’université catholique de Lille où elle suit ses cours d’économie, rapporte ce vendredi La Voix du Nord. Au moment de descendre dans la bouche de métro, trois filles l’interpellent pour la voler. La jeune étudiante refuse de donner ses affaires, se fait tirer les cheveux puis tombe sous les coups de pieds et de poings de la bande. Une partie de ses affaires sont dérobées et ses blessures au visage lui valent une hospitalisation et deux jours d’incapacité totale de travail (ITT). Aujourd’hui, Louise n’ose plus prendre le métro toute seule.

«On espère que l’image de notre fille tabassée vous hante»

La cause de son traumatisme n’est pas seulement l’agression, racontent ses parents dans le journal local. A cette heure matinale, de nombreuses personnes empruntent cette bouche de métro. Or, personne n’a bougé en voyant Louise se faire tabasser. Le commissariat de Roubaix a reçu au moins un appel signalant les faits mais aucun passant ne s’est arrêté pour aider la jeune fille.

«Est-ce que ces personnes ont pu travailler ou aller en cours ce jour-là sans que cette scène ne leur revienne à l’esprit ?», s’interroge sa mère. Et d’ajouter, en colère : «Je parle là de lâcheté ! Quel argument dois-je avancer quand ma fille me dit : « Il y avait du monde autour de moi et personne n’intervenait » ? Je ne peux quand même pas lui répondre que les gens ont peur de réagir face à des gamines de 17 ou 18 ans!» Les trois assaillantes de Louise n’ont pas encore été interpellées, malgré des vidéos de surveillance montrant bien l’agression.

Ses parents ne lancent pas véritablement d’appel à témoins. Ce qu’ils veulent, c’est marquer les esprits : «On espère que vous avez des remords et que l’image de notre fille qui se fait tabasser vous hante», s’indignent-ils plutôt.

En avril dernier, une histoire similaire à Lille

Les enquêteurs prennent l’affaire très au sérieux et constatent une violence égale à celle infligée par des agresseurs masculins. Dans le Nord et ailleurs, les affaires impliquant des «bandes de filles» se multiplient. A Lille, l’histoire de Louise rappelle celle d’une autre victime, agressée sexuellement dans le métro en avril dernier devant des passagers indifférents. «Les gens m’ont laissée me faire agresser», déplorait alors la jeune femme, dont le cas avait déclenché une émotion quasi-nationale. A l’époque, leparisien.fr avait demandé à ses lecteurs s’il fallait poursuivre les témoins qui n’ont pas réagi dans le métro ? 75,5% avaient répondu oui.

* le prénom a été modifié

Source