Roubaix : Quatre mosquées en chantier ou en projet

Hiver 2010, l’affaire du Quick halal divise Roubaix entre « pro » et « anti ». Le maire s’en mêle, s’emmêle, et finit par inviter les représentants des six mosquées de la ville à une réunion censée purger la polémique.

Il apparaît alors à tous les protagonistes qu’il manque à Roubaix une interface entre communauté musulmane et municipalité. Deux mois plus tard, le Collectif des institutions musulmanes de Roubaix (CIMR) voit le jour, fort de l’adhésion de cinq des six mosquées roubaisiennes. La sixième, celle de la fameuse rue Archimède, réputée pour ses positions radicales, reste à l’écart.

 « Il y avait déjà eu des tentatives, mais ça n’avait pas abouti car on se focalisait sur nos différences plutôt que sur nos points communs, explique Ibrahim Alci, président du CIMR. Il s’est trouvé à ce moment que les représentants des différentes mosquées ont accepté de faire ce pas. »
Dans une ville où, selon le président de l’association de la mosquée Abou Bakr (la principale de Roubaix), « la population (NDLR : 95 000 habitants) est à 50 % de religion ou de culture musulmane »,
la prise en compte des attentes de ce public est un enjeu majeur. Un premier pas a été fait en 2002 avec le schéma directeur des lieux de culte, qui contribue à l’accompagnement municipal des projets de construction ou de rénovation de mosquées. Mais au-delà de cette question purement immobilière, rien n’existait avant le CIMR. (…)

Quatre mosquées en chantier ou en projet

Le schéma directeur des lieux de culte, voté en 2002 par le conseil municipal de Roubaix, devait résoudre une double difficulté : contribuer à réparer les inégalités nées de la loi de séparation des Églises et de l’État en 1905, sans violer cette loi hautement symbolique. René Vandierendonck expliquait à l’époque vouloir «permettre à chacun de respecter son culte dans des lieux dignes de la République, même pour les cultes dont l’implantation date d’après 1905 ».

L’islam est naturellement concerné au premier chef, avec des aides municipales qui peuvent prendre deux formes :

l’aide à l’élaboration du projet et la mise à disposition d’un terrain pour les constructions neuves.

Actuellement, à Roubaix, quatre mosquées sont en construction ou en attente de travaux.

La mosquée Bilal à l’Épeule, qui pourra à terme accueillir 2 000 personnes, est presque achevée ; la nouvelle mosquée Abou Bakr (Pile), dont la première pierre a été posée en janvier, s’étendra sur 5 500 m² (capacité d’accueil de 2 500 fidèles) ; la mosquée turque de la rue du Caire est en plein chantier, et la mosquée des Trois-Ponts (Arrhama) attend le feu vert municipal pour lancer des travaux visant à porter son emprise à 3 000 m².

La voix du Nord