Pour Sarah Halimi ( Richard Millet)

Chronique n°134 de Richard Millet

Le nom de Halimi porterait-il malheur, en France ? Onze ans après le martyre d’Ilan Halimi, enlevé et torturé à mort par des « jeunes »  issus de cette « diversité » tant louée par la propagande d’État, une autre Française, Sarah Halimi, a été torturée puis défenestrée, le 4 avril dernier, par un de ses voisins, Kobili Traoré, repris de justice malien et musulman, qui avait pénétré chez elle pour la tuer aux cris de « Allah Akbar ! » Si le Sénégalais Youssouf Fofana, « cerveau » du « gang des barbares » qui ont tué Ilan Halimi, est musulman, c’est par antisémitisme qu’il a agi ; Traoré, lui, est un djihadiste qu’on a aussitôt placé en psychiatrie pour n’avoir pas à répondre de ses actes : on était en pleine campagne électorale et il ne fallait pas empêcher la vague macroniste de définir une nouvelle version de la réalité française. On comprend donc pourquoi la Propaganda Staffel, de confession mondialo-islamolâtre, a sommé la presse d’en dire le moins possible sur ce qui relève en vérité du djihadisme spontané, comme dans le cas du musulman qui a tué un policier sur les Champs-Elysées. On n’a pas voulu risquer l’ « amalgame » ni la « stigmatisation » d’une « communauté », la musulmane, à propos de quoi on fait tout pour nous persuader qu’il existe un islam pacifique, auquel souscrivent la « grande majorité » des musulmans.

            Dans le cas de Sarah Halimi, la presse ne voulait pas davantage évoquer l’antisémitisme de Traoré : c’eût été reconnaître que ce musulman cherchait, comme le Malien Coulibaly, à déstabiliser cette composante majeure de la nation française : les Juifs. Tout cela se passe sur fond de terrorisme mondial, qui est devenu, comme le chômage, la pollution et le reniement de soi, le mode d’existence de l’homme occidental. Et on est frappé de voir comment les attentats de Londres (gageons que cette série télévisée-là n’est pas encore au bout de sa saison) suscitent une indignation et une émotion qui ne trouvent pas à s’exercer devant les attentats de Moscou, Kaboul, Manille, Bagdad, dont les victimes sont si nombreuses qu’elles n’existent pas plus que dans la série post-apocalyptique The leftlovers.

            Les larmes sélectives sont non seulement le signe d’une indifférence proprement satanique, mais (renvoyons à l’ennemi son hypocrite vertu) elles révèlent la nature « raciste » de l’indignation. La « moralisation de la vie politique », à l’œuvre en France et en Europe, conduit elle aussi à un relookage du réel, en faisant par exemple de Thomas Pesquet un « héros », alors qu’il n’y a plus de héros et que Pesquet ne fait qu’accomplir sa tâche d’astronaute. On s’émerveille ainsi que le prochain premier ministre irlandais soit « jeune, homosexuel et métis », qualités idéologiques auxquelles on n’est pas obligé de souscrire. La mauvaise littérature est encore un signe de cette grande vertu, puisqu’elle est le propre d’esprit serviles et d’écrivains incultes dont l’activité est un attentat permanent contre le goût, l’esprit et la langue ; oui, à écrire dans une langue pauvre et fautive, on ne met plus en avant que la propagande, comme chez les djihadistes littéraires Jaafar Ben Semoul, Jamal Majid Ghassan El Klizio et Anus Ernie : la propagande, c’est-à-dire le djihad du mensonge énoncé au nom d’un Bien qui est la mort même de l’esprit au cœur d’un pays où il ne fait pas bon être juif ni catholique.