Politique

SarKozy/référendum : Le président du chômage et de l’immigration donne raison à Marine Le Pen

Le grand manège électoral continue à tourner à plein régime. Afin de créer un clivage droite-gauche qui n’existe plus, les candidats démagos font des annonces de boutiquier. Ils se divisent sur des sujets sociétaux ( mariage homosexuel, Euthanasie, vote des étrangers, civilisation…) car sur le reste, l’euro, l’europe, la mondialisation etc… ils partagent la même vision du monde. Certes François Hollande propose 60 000 postes d’enseignants dans une France en ruine, et Sarkozy promet des référendums sur des choix techniques en oubliant qu’il a soigneusement mis à la corbeille le vote des français lors du référendum sur la constitution européenne. Voilà à quoi se résume les débats de ce début de campagne: des échanges de gestionnaires qui nous éloignent des vrais sujets, et des exigences politiques d’une présidentielle.

Pour SarKozy c’est la situation idéale. Et elle favorise sa tactique : empêcher la candidature de Marine Le Pen et détourner ses idées de leur objectif initial au profit d’options politiques toutes plus mensongères et absurdes les unes que les autres. L’objectif de cette manipulation vise à inventer un nouveau candidat clivant et tenter de faire oublier le bilan d’un président bling bling dont la première action une fois au pouvoir a été de faire l’ouverture à gauche. Et peu importe que les décisions prises sous son mandat sont à l’opposé de ce qu’il propose pour cette nouvelle campagne. La particularité d’un arriviste c’est qu’il n’ a aucune conviction.

Sous Sarkozy le chômage a augmenté de 33%.

On peut dire qu’en 10 ans de pouvoir (5 ans comme ministre de Chirac et 5 ans comme président) Sarkozy aura fait de la fumisterie et du mensonge un art majeur de la vie politique française. Et en proposant un référendum sur le système d’indemnisation du chômage, le petit Kaiser de mémé Merkel, atteint des sommets dans la tartufferie.
Car un chômeur indemnisé est un chômeur qui fait valoir ses droits. Il ne vole en rien l’argent des contribuables contrairement à ce que cherche à faire croire le pantin de l’Élysée. Un chômeur indemnisé touche le montant des cotisations qu’il a versé lorsqu’il  travaillait. Toute théorie contraire est une escroquerie.

Il faut donc comprendre que la vision du chômage que veut soumettre Sarkozy au peuple est mensongère et se base sur une mécanique psychologique dangereuse. D’autant qu’il existe déjà une disposition qui vise à supprimer les allocations aux chômeurs qui refusent deux jobs. (voir le droit en vigueur)
Mais Sarkozy s’en fout pas mal. Il est capable des pires coups tordus pour se maintenir à un poste où il a montré toute sa fatuité, sa lâcheté et son incompétence. Donc inutile de s’indigner. On doit comprendre qu’en adoptant cette posture il cherche surtout à fuir ses responsabilités et les conséquences de ses choix politiques.

Car nous le savons, le chômage en France est systémique. Il procède d’une politique économique qui obéit aux injonctions des technocrates de Bruxelles. Les européistes qui ont laissé notre économie et notre industrie ouvertes aux 4 vents de la mondialisation libérale, sont les premiers responsables du taux de chômage en France.
Comment pourrait-on faire croire en effet qu’il y a aujourd’hui 25% de personnes qui ne veulent pas travailler en Espagne ou en Grèce ? Si on bat des records de chômage c’est bien parce que Sarkozy et ceux qui l’ont précédé n’ont pas trouvé légitime de sauvegarder nos entreprises et nos emplois.

Le dernier exemple en date : la construction d’une usine Renault dans un zone franche au Maroc. Cette entreprise française ne produit plus que 21% de ses voitures en France. (Au passage : La pensée slogan de Bayrou « Achetons français » montre ici toute ses limites. On peut très bien acheter français sans créer d’emploi en France. Avant de dire ce genre de baliverne, le candidat du Modem devrait tourner plusieurs fois sa langue d’européiste dans sa bouche de bearnais. Si l’on veut acheter français tout en créant de l’emploi, il faut un protectionnisme aux frontières de la France afin de produire français. Mais cela nécessite la remise en cause de l’Europe fédérale que Bayrou appelle de ses vœux depuis plus de trente ans. Bayrou est un Guignol…. mais revenons à Renault )

L’État possède 15% du capital de Renault. En 2008 luc Chatel s’en réjouissait dans le Figaro :

« Si l’Etat ne détenait pas 15% de Renault, il n’aurait sans doute pas obtenu les garanties que (son PDG) Carlos Ghosn a données mardi à Nicolas Sarkozy quant à la pérennité des sites de Sandouville et Flins, avec la promesse que de nouveaux modèles y seront fabriqués », déclare-t-il.

« Ces garanties, le président de la République les a obtenues notamment parce que l’Etat est le premier actionnaire de Renault« .

Aujourd’hui Carlos Ghosn fait un gros pied de nez à Sarkozy qui n’ose même pas bouger son petit doigt alors que l’État, c’est à dire nous, possède une partie de l’entreprise.
Voilà donc la muflerie de Sarkozy. Et ce n’est pas un referendum sur les méchants chômeurs qui mettra fin à la désindustrialisation française et le modèle économique qui nous a entrainé dans le gouffre. D’autant qu’il serait assez simple de faire juste un décret ou une loi, plutôt que de mobiliser les moyens de l’État et le peuple. Le référendum doit être utilisé sur des grands sujets et pas sur les aspects techniques d’une politique… mais c’est plus facile pour un président au bilan désastreux de faire de la démagogie en tapant sur des chômeurs que de proposer une alternative politique à ce modèle mortifère.

Sur la question de la désindustrialisation, et notamment dans le domaine de l’automobile, l’Argentine et le Brésil ont décidé de mettre une taxe de 35% (maximum autorisé par l’OMC) sur les industries automobiles qui ne produisent pas au moins au deux tiers sur le sol national. Et ça marche. Notons que c’est aussi ce que proposent marine le Pen (pas deux tiers mais 50%).

Avec près de 200 000 immigrés légaux par an, Sarkozy a fait plus que la gauche !

Là aussi en matière d’immigration, la tartufferie sarkozyste est un puits sans fond. Aussitôt arrivé au pouvoir Sarkozy s’est empressé d’abolir la double peine, d’établir l’immigration choisie, la discrimination positive, et n’a jamais manqué une occasion de vanter les mérites de la diversité et du métissage. Sarkozy a fait l’ouverture à gauche avec des immigrationnistes comme Besson, Kouchner, Mitterand, Fadela Amara… et a donné sa chance à des personnalités venues de la diversité. La gauche n’aurait pas fait mieux. Et l’image du président fasciste qu’elle avait dessiné pendant toute la campagne de 2007 n’a pas fait long feu.

Mais le plus savoureux ce sont les chiffres de l’immigration. Ils témoignent de l’impuissance et du manque de courage du bravache Sarkozy. Avec lui le nombre d’immigrés en France a augmenté de… 78%. Les chiffres officiels restent cruels même si on peut imaginer qu’ils sont en dessous de la réalité.

Dés 2008 Sarkozy explosait le plafond touché par Jospin en 2000. En 2010, avec 203 000 étrangers légaux contre 130 000 du temps de Lionel Jospin, Sarkozy atteint un niveau de croisière qu’il ne cessera de maintenir jusqu’à aujourd’hui.
Et nous ne parlons ici que de l’immigration légale, constituée majoritairement de personnes qui bénéficient du regroupement familial. On n’ose même pas imaginer le taux d’immigration illégale dont on sait là aussi que les 30 000 expulsés par an sont massivement des roms qui reviennent après avoir touché leur solde de départ.

Comme tous les dirigeants qui se sont succédés au pouvoir ces 30 dernières années, Sarkozy est prisonnier de la politique européenne en matière d’immigration, et du traité de Schengen en particulier. Cependant, il aurait pu renoncer aux dispositifs qui font de la France le pays le plus généreux de l’Europe. Il n’en a pas eu le courage. Et là encore, ce n’est pas un référendum sur l’unification des juridictions – administrative et judiciaire – traitant du droit des étrangers qui changera quelque chose.

En proposant d’organiser des référendums sur des mesures techniques qui touchent les domaines de l’immigration et de l’emploi, Sarkozy avoue avoir échoué et donne raison à Marine Le Pen sur la nécessité d’aller vers une république référendaire.

Merci Nicolas… maintenant tu peux devenir chômeur ou immigré.

( voir nos articles sur l’immigration)