Seine-Saint-Denis : diplôme chef de rayon; profession… instituteur

Voilà ce qu’est en train de devenir l’école. Effrayant. Les diplômes n’ayant plus aucune valeur, le niveau ayant chuté de façon dramatique, certain territoire étant devenu tellement ingérables que n’importe qui peut entrer dans l’enseignement. On en arrive à une situation de tiers-mondisation de la France.
Et ce n’est pas faute de vous avoir prévenu…..

Catherine Da Silva, directrice d’école en Seine-Saint-Denis et membre du SNUIPP, a dénoncé le recrutement hasardeux dans son département de certains contractuels.


Catherine Da Silva : "Ils n'ont pas le concours… par Europe1fr

Diplôme : chef de rayon ; profession : instituteur. Cette drôle d’association serait pourtant une réalité dans les écoles primaires de France, selon Catherine Da Silva, directrice d’école et membre du SNUIPP (syndicat nationale unitaire des instituteurs et professeurs des écoles) invitée sur Europe 1.

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Selon les critères officiels de ce recrutement, un master est nécessaire pour prétendre à devenir contractuel, c’est-à-dire avoir un bac+5. En réalité révèle Catherine Sa Silva, « des gens qui ont une licence ou un BTS sont recrutés », soit des niveaux d’études de bac+2 ou bac+3.

N’importe qui peut être prof ? Catherine Da Silva ne veut pas aller aussi loin : « C’est difficile de dire n’importe qui », reconnaît-elle. Mais ce qui est sûr, c’est que les contractuels recrutés « n’ont pas les diplômes requis, ni la formation ». Le rectorat a pourtant assuré à la directrice qu’il y avait une vérification du diplôme mais « là, clairement, moi, j’ai eu quelqu’un qui a un BTS Commerce qui se destine à être chef de rayon dans un supermarché et qui a effectué un remplacement de 10 jours ».

Catherine Da Silva raconte : « J’ai eu une architecte, une designer… des gens qui n’avaient pas forcément le profil ». Elle ne veut cependant pas généraliser car « certains

ont le profil, ils ont obtenu le master mais ont raté le concours ».

La directrice rappelle qu’être instituteur oblige « à une certaine posture devant les élèves ». Elle a été gênée en présentant aux élèves un contractuel qui « avait un chewing-gum dans la bouche » et « un sweat à capuche avec son blouson en cuir » qu’il n’a pas enlevé pour faire cours aux élèves. De plus, il avait « un gros accent de banlieue » et par rapport aux enfants, c’est dommage car on doit leur montrer ce qu’est la norme ».  » Là, on y était pas du tout », conclut-elle.

Quand de tels contractuels s’occupent d’une classe, « on peut dire que c’est de la garderie ou du centre aéré pour les enfants« , admet Catherine Da Silva. Et elle cite l’exemple « d’une contractuelle qui a proposé pendant trois heures du dessin à ses élèves de C.P ».

Et les parents ne son pas dupes. Catherine Da Silva relate : « ils s’en rendent compte car ils voient bien qu’il n’y a pas de leçon dans les cahiers, pas de devoirs, pas de corrections… bref, les enfants n’avancent pas ».

Pour Catherine Da Silva, c’est l’ancien président Nicolas Sarkozy qui est responsable car il « a supprimé des postes ». Sous le quinquennat Sarkozy, un départ à la retraite sur deux n’était pas remplacé. « Aujourd’hui, même avec plus de recrutement, cela prend du temps pour rattraper ».

L’autre problème, selon la directrice d’école, est que le département de la Seine-Saint-Denis « fait peur » et souffre donc plus de la pénurie des instituteurs. Rappelons que si le concours des professeurs du secondaire est national, celui des maîtres d’écoles est local, d’où la difficulté parfois pour les départements à trouver des instituteurs qualifiés.

Il existe peu de recours pour un chef d’établissement désirant se séparer d’un contractuel qui laisse à désirer : « Le problème est que on est tellement en manque d’être humains qu’on n’a pas le choix de ce qui nous arrive ». Naturellement, Catherine Da Silva a déjà pris son téléphone afin de prévenir que « pour un remplacement longue durée », elle souhaitait un contractuel mieux sélectionné.

Mais pour les remplacements de courte durée, la directrice explique qu’au vu de la pénurie, elle n’a pas le choix de conserver des contractuels qui ne donnent pas satisfaction.

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