Soupçon de financement libyen de Sarkozy: le fils de Guéant en garde à vue

Plus de trois semaines après la mise en examen de Claude Guéant, son fils vient à son tour d’être placé en garde à vue, selon une information d’i-Télé, confirmée par des proches de l’enquête.

S’il ne s’agit pas de l’affaire dite des tableaux flamands, cette garde à vue intervient toujours dans un dossier lié aux soupçons de financement de la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy par la Libye de Kadhafi.

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François Guéant, avocat, a notamment été conseiller technique au cabinet de Rachida Dati, garde des Sceaux, en 2007.

Le fils de l’ancien bras droit de Nicolas Sarkozy, entendu depuis lundi matin, est interrogé sur «des mouvements financiers», a précisé une source proche de l’enquête. Sa garde à vue porte sur des faits distincts de la vente des tableaux flamands, a -t-on également précisé.

Guéant et Bugshan mis en examen

Plusieurs dignitaires libyens ont porté ces accusations de financement par la Libye de la campagne électorale présidentielle victorieuse de 2007.  Dans ce dossier, Claude Guéant a lui-même été mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale en bande organisée, faux et usage de faux, le 9 mars dernier, à l’issue de trente heures de garde à vue. Les faits qui sont reprochés à l’ancien ministre de l’Intérieur sont en lien avec la cession de deux toiles du peintre flamand du XVIIe siècle Andries van Eertvelt.Les enquêteurs s’interrogent sur un virement de 500.000 euros parvenu en 2008 sur le compte de Claude Guéant, qui explique avoir cédé ces tableaux à un avocat malaisien qui n’a pu être interrogé. Plusieurs experts ont estimé ces toiles à une somme très inférieure, évoquant 20.000 à 30.000 euros pièce.

Un homme d’affaires saoudien, Khalid Bugshan, a aussi été mis en examen dans ce volet du dossier, les juges financiers se demandant s’il n’est pas le véritable émetteur des 500.000 euros. Le nom de Khalid Bugshan était apparu dans un autre dossier politico-financier, celui dit de Karachi, portant sur le financement de la campagne présidentielle malheureuse d’Édouard Balladur en 1995 via des rétrocommissions présumées sur un contrat d’armement avec l’Arabie saoudite, Sawari II.