Tariq Ramadan se lance dans le slam décolonial avec la sortie prochaine d’un l’album (MàJ : « Soit vous partagez, soit on se servira […] Demain, vos frontières seront le mauvais souvenir de vos mensonges passés. »)

Transcription des paroles :

Cela fait des siècles que vous volez et mentez. Vous seriez venus, dites-vous, pour nous civiliser. Vous avez méprisé nos langues, nos cultures, nos religions, humilié nos mémoires, souillé nos traditions.

Du coeur de l’Afrique, de l’Asie et du Sud éveillé, les voix s’élèvent, vents d’humanité. Elles n’attendent ni repentance, ni pitié. Elles exigent vérité, justice, et dignité.

REFRAIN : Attendez ! Attendez ! Mais qu’est-ce que vous croyez ? Que l’on va rester là assis à vous regarder ? Piller nos terres, nos richesses, nos minerais ? Vous laisser tranquillement écrire l’histoire et la coloniser ? Comme vous avez colonisé nos cultures, nos pays, nos continents, nos paysages, autant que nos esprits ?

La mondialisation c’est le nom donné à vos spoliations. Vous aimeriez habiller l’horreur de votre domination en appelant vos citoyens à l’amour du pauvre et à la charité.

Vous parlez d’humanitaire mais c’est la justice que vous trahissez. Vous avez fait de ces femmes et de ces hommes déshumanisés, niés, sans nom, sans âge, ni personne, des pauvres, des exilés, des êtres déracinés. Ici ils se noient, là-bas vous les enfermez !

REFRAIN

Ils sont combien à mourir tous les jours, tous les soirs sur les bateaux de la honte et du désespoir. N’avez-vous donc pas honte, vous, d’en faire des criminels, des migrants coupables, clandestins sans cervelles ? Vous interdisez aux femmes et aux hommes de courage de les secourir, de leur tendre la main, d’éviter les naufrages ! Fiers de vos richesses, de vos sociétés si libres et si ouvertes. Vous dites le droit des riches qui détruit la nature et signe notre perte.

REFRAIN

Vous êtes venus chez nous imposer des frontières de misère. Voilà qu’entre vous et nous vous avez inventé ces murs sur la mer. Vous parlez de valeurs universelles, de démocratie et d’honneur. Dites, il ne reste donc plus une seule conscience dans l’élite des voleurs ?

Vous avez le choix. Nous ne l’avons pas. Soit vous partagez, soit on se servira. C’est écrit, n’est-ce pas, dans vos plus beaux traités ; il n’est pas voleur le pauvre et l’affamé.

REFRAIN

Le monde nous appartient autant qu’à vous, compagnons. La vérité c’est que c’est plutôt nous qui lui appartenons. Souvenez-vous des indiens d’Amérique quand, arrogants et avides, vous voliez la terre. Ils étaient à elle et non elle à eux. A cette sagesse vous avez préféré l’argent et la guerre. Du fond de l’Afrique et de l’Asie, au coeur des contrées les plus démunies, entendez le souffle des révoltes qui grondent, porteuses d’espoir, d’amour et de vie.

Des peuples traversent la misère, restent fiers et dignes, et, même, ils se multiplient. Votre ordre et vos frontières n’auront raison ni de notre jeunesse, encore moins de la vie.

REFRAIN

Demain, dans vos rues, nous marcherons, libres et sereins. Nous serons des vôtres, noirs, jaunes, blancs, arabes ou amérindiens. Demain, vos frontières seront le mauvais souvenir de vos mensonges passés. Demain, entendez, la fraternité et la diversité seront seuls garants de votre sécurité.

Vous avez peur ? Vous allez perdre vos privilèges et votre identité ? La mixité serait donc votre perte et bientôt vous serez sauvegement remplacés ? Dormez en paix, amis de l’égalité, nous ne sommes venus ni pour remplacer, ni pour voler. Au-delà des couleurs, des religions, nous sommes une bonne nouvelle, un vent de liberté.

Attendez ! Attendez ! Mais qu’est-ce que vous croyez ? Que l’on va rester là assis à vous regarder ? Nous sommes une bonne nouvelle, un vent d’humanité. Nous sommes une bonne nouvelle, un vent de liberté.