Toulouse: Les gendarmes mettent fin à un trafic de main d’oeuvre

Pour ne pas payer de charges sociales, des patrons du bâtiment installés à Toulouse et à Auch, croyaient avoir trouvé « l’idée du siècle » : ils avaient créé des agences d’intérim à l’étranger qui étaient exclusivement destinées à recruter des travailleurs détachés qu’ils assignaient à leurs chantiers en France. Cette petite combine leur aurait permis d’économiser « plus de 10 millions d’euros de charges sociales » selon la gendarmerie, mais après près d’un an d’enquête, les gendarmes de la section de recherches de Toulouse ont arrêté les principaux suspects en novembre et décembre et d’autres personnes impliquées dans cette affaire voilà dix jours.

La semaine dernière, les gendarmes ont en effet démantelé cette bande organisée constituée de dix dirigeants d’entreprises du BTP,
impliqués dans des faits de travail dissimulé, prêt illicite de main-d’œuvre et marchandage commis en bande organisée et mettant donc en cause plusieurs sociétés toulousaines et gersoises en lien avec des entreprises d’intérim étrangères, en Pologne et en Roumanie. 

 

(…) Au sommet de la pyramide, un homme qui affirme qu’il a toujours payé les sociétés d’intérim avec un niveau de salaire semblable à celui de la France. Les enquêteurs, et le juge d’instruction de la Jirs de Bordeaux, Mathieu Vignau soupçonnent qu’en réalité, une partie de ces salaires filait, après une étape dans les entreprises véritables coquilles vides, vers la Turquie. Le « patron », incarcéré fin décembre, a été remis en liberté mi-février après une demande de ses avocats Mes Franck et Martin. Un de ses amis, ancien avocat du barreau de Düsseldorf devenu pizzaïolo (!), défendu par Mes Doumenc et Barbot-Laffite, a lui aussi été libéré après un séjour en détention. Une Roumaine, qui « recrutait » la main-d’œuvre depuis son pays reste incarcérée dans son pays. La semaine dernière, d’autres responsables de  société ont été entendus. L’Urssaf a chiffré son préjudice à 3 millions d’euros. Et les enquêteurs parlent d’une fraude globale évaluée à 10 millions d’euros !