Toulouse : surpis en plein cambriolage, un sans-papier tente de décapiter un policier

Blessé au coude gauche, souffrant de l’épaule, un policier de la BAC Mirail a eu une belle frayeur, dans la nuit de dimanche à lundi, peu après 2 heures, rue de Bruxelles, dans le quartier de la Reynerie à Toulouse. Alors qu’il intervenait sur un cambriolage, il a été attaqué à la hache par le suspect.

Hier, après avoir hésité à l’envoyer devant la cour d’assises, le parquet a décidé de présenter cet homme, Costica Avram, un Roumain âgé de 45 ans, devant le tribunal correctionnel dans le cadre des comparutions immédiates. «L’individu m’aurait décapité car son coup était vraiment porté au niveau de ma tête», a relaté, choqué, le policier visé, lors de sa déposition au commissariat.

Arrivé depuis 11 jours seulement en France, le prévenu, petit, dégarni, à l’étroit dans sa veste de cuir, a nié les faits. «Je voulais entrer dans la maison pour dormir mais je n’ai pas voulu frapper le policier».

Coup de pied au thorax

Avertis d’un cambriolage en cours, les hommes de la BAC Mirail s’étaient approchés du pavillon. En faisant le tour, la victime avait repéré le cambrioleur qui s’acharnait sur la porte. Brassard «police» sur le biceps, il s’était avancé vers lui en déclinant son statut. «Il vous a vu porteur d’une hache que vous teniez à deux mains, relate la présidente Rivière. Vous vous apprêtiez à le frapper à la tête. Le policier vous a mis un coup de pied au thorax.» S’en est suivie une bagarre au cours de laquelle, sans perdre son sang-froid, le policier a réussi à arracher la hache. Son coéquipier, alerté par le bruit, est alors arrivé et a pris l’agresseur au cou.

Pour Costica Avram, il s’agit d’une méprise. «Je ne l’ai pas entendu, il n’a pas crié, jure-t-il par la voix de son interprète. Je me suis juste défendu. J’ai cru que c’était un voisin.» Pour le policier, Me Delphine Raynaud, a dénoncé des «propos incohérents. Mon client est un fonctionnaire d’expérience. Les policiers ont des métiers dangereux. Avant d’arriver, ils prennent des précautions, ils font une sommation.»

«Il s’est senti menacé»

Selon l’avocate, son client n’a dû son salut qu’à son professionnalisme qui «a permis d’arrêter ce geste. C’est quelque chose de particulièrement traumatisant.»

Remonté, le procureur Micquel a souligné la «gravité» de l’affaire. «Nous avons frôlé un dossier qui est d’abord parti au criminel. Nous nous sommes posés la question : «A-t-il voulu faire mal ou a-t-il voulu tuer ?» Et de requérir 30 mois de prison ferme.

Me Issandou-Zapata, l’avocate du prévenu, a affirmé que son client s’était «senti menacé. Il n’avait pas l’intention délibérée de menacer les policiers.»

Malgré son casier judiciaire vierge, Costica Avram a été condamné à 1 an de prison ferme. Il a été placé en détention.