TWITTER : Najat Vallaud-Belkacem réinvente la censure !

Lu sur le Courrier International

La ministre et porte-parole du gouvernement français veut prohiber les propos racistes, xénophobes et homophobes sur Twitter. Un comportement digne d’un tyran, selon ce journaliste britannique.
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Censurons les chroniques gauchistes du Guardian

A aucun moment de son plaidoyer pour la censure Jason Farago ne considère la possibilité que l’Etat puisse interdire des idées que lui-même approuve et pas seulement celles qu’il désapprouve. Les partisans de la censure sont tellement convaincus de leur bien-fondé et de l’incontestable justesse de leurs opinions qu’il ne leur vient même pas à l’esprit que certaines de leurs propres opinions puissent un jour figurer sur la liste noire.

L’incroyable aveuglement de ces gens m’a toujours consterné. Comment peut-on être à ce point convaincu de sa propre infaillibilité et s’arroger le droit non seulement de décréter quelles idées sont mauvaises mais en plus d’utiliser l’autorité de l’Etat pour empêcher leur expression et punir ceux qui les professent?

L’histoire montre inlassablement que les vérités objectives et incontestables d’une génération paraissent un jour complètement absurdes, ou pires, à la génération suivante. Tous les plus grands dogmes – dont le caractère si juste et irréfutable justifiait que l’on punisse par la loi toute forme de contestation – ont fini par être démystifiés ou au moins discrédités. Il n’existe pas de formule scientifique pour déterminer ce qu’est un « discours haineux ». C’est une qualité intrinsèque et subjective.

Chaque rubrique de commentaire sur Internet le montre, y compris celle qui suit l’article de Farago et où de nombreux lecteurs conservateurs ou « New Labour » se sont empressés de noter que le véritable « discours de haine » se trouvait dans les colonnes du Guardian lorsque celui-ci critiquait Israël, les Etats-Unis ou d’autres institutions occidentales chères à leurs cœurs.

A leur sens, il faudrait commencer par censurer les chroniques gauchistes du Guardian s’il fallait interdire les propos haineux. Nul pouvoir n’est plus dangereux et plus destructeur que celui qu’exerce un Etat pour supprimer et criminaliser les opinions qui lui déplaisent.