UE : Les importations de maïs ukrainien plombent le marché français

Communiqué de presse de la Coordination rurale Midi-Pyrénées

Alors que les producteurs français de maïs subissent depuis 6 mois des prix en retrait de 30 €/t par rapport au prix du blé à cause notamment de la concurrence ukrainienne, l’Union Européenne s’apprête à faciliter encore cette concurrence déloyale en ouvrant davantage le marché aux produits agricoles ukrainiens ! La Coordination Rurale et l’OPG tirent la sonnette d’alarme avant qu’il ne soit trop tard.

champ-de-bleDes importations massives déjà en cours

La chute du prix du maïs français en dessous du seuil de rentabilité pour nos agriculteurs est due à l’importation massive de maïs ukrainien au sein de l’UE. Sur cette campagne, l’Ukraine va exporter 30 millions de tonnes de céréales (plus que les exportations de l’UE à 28 membres !) dont 19 Mt de maïs, soit plus que la production française de 13Mt. L’Europe est devenue le plus gros client de l’Ukraine qui y déverse ses excédents.

L’UE livrée à la concurrence déloyale

Au lieu de vouloir réguler le marché et respecter le principe de préférence communautaire en stoppant ces importations, la Commission européenne demande aux Etats-membres et au Parlement européen de valider un projet d’accord de libre échange pour qu’il puisse être effectif dès le mois de juin 2014, l’objectif étant d’aider Kiev dans la tourmente politique. Les problèmes actuels de l’Ukraine ne gênent en rien ses exportations agricoles. Bien au contraire, avec une monnaie qui baisse et des exportations de céréales qui se font en dollar US, la situation est très favorable pour les grandes fermes ukrainiennes.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres !
Curieusement, la filière française est silencieuse face à ces importations de maïs qui déstructurent le marché européen. Ce mécanisme pervers permet en fait de réexporter plus de blé sur les pays tiers : plus on importe de maïs, plus on a de blé à exporter !
Ce jeu est très dangereux. L’UE a déjà abandonné les protéines végétales et se trouve dépendante des importations de soja OGM pour nourrir son bétail.
Si l’UE poursuit dans cette voie, dans quelques années la sole de maïs se réduira au profit de la monoculture de blé, les élevages devront avoir recours à des importations de maïs OGM et le Commissaire à l’agriculture Dacian Ciolos, s’il est encore en poste, tiendra les agriculteurs pour responsables – alors qu’ils sont les victimes – et les condamnera à encore plus de verdissement stupide !

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