Urvoas ministre de la Justice, ou l’épilogue d’une déchéance des libertés

En nommant Jean-Jacques Urvoas au ministère de la Justice, François Hollande confie la Chancellerie à un homme qui n’a eu de cesse d’accompagner et de soutenir la dérive sécuritaire, au détriment des droits et libertés.

Rire, ou pleurer ? On avait du mal à le croire, lorsque l’annonce s’est affichée sur nos écrans. Après la démission surprise de Christiane Taubira du ministère de la Justice, qui aurait dû intervenir beaucoup plus tôt, le président de la République a choisi de nommer Jean-Jacques Urvoas garde des sceaux.

Or le député socialiste, qui lorgnait plutôt le ministère de l’Intérieur, est un homme de la police, des services de renseignement, qui s’est fait le bras parlementaire armé des réformes sécuritaires depuis plusieurs années.

Au moment où l’État s’enlise dans un état d’urgence dont on ne sait comment sortir, la nomination de Jean-Jacques Urvoas au poste de ministère de la Justice scelle la mise sous tutelle de la place Vendôme au profit de la place Beauvau. En cette période de guerre qui ne cache plus son nom, qui justifie que la France demande des dérogations aux droits de l’homme, la Justice doit être étouffée et Jean-Jacques Urvoas est l’homme qui n’hésitera pas à user de son bâillon.

AU CENTRE DE TOUS LES TEXTES SÉCURITAIRES RÉCENTS

Ancien membre de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), Jean-Jacques Urvoas avait été le rapporteur zélé de la loi Renseignement, dont Christiane Taubira disait en privé qu’elle « permet une intrusion dans la vie privée aux antipodes de mes idées ». Il n’avait pas eu de mots assez durs pour critiquer les opposants au texte, dont faisaient partie entre autres la Ligue des Droits de l’Homme, le Syndicat de la Magistrature, l’Union syndicale des Magistrats, ou l’Ordre des avocats de Paris (c’est lui qui parla des « exégètes amateurs  » pour dénigrer ceux qui analysaient les dangers du texte qui a été validé par le Conseil constitutionnel dans des conditions inhabituelles, et sans le moindre argument).

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