Vincent Peillon relie la laïcité… au port de l’étoile jaune imposé aux juifs !

Le Conseil représentatif des institutions juives de France( CRIF) a publié un communiqué pour dénoncer ces propos. «Le Crif dénonce la comparaison faite hier lors de son intervention sur France 2 par Vincent Peillon entre le sort des Juifs sous l’Occupation et la situation actuelle des musulmans de France.L’histoire de la déportation de plus de 75 000 Juifs, de la spoliation des biens juifs ou des lois discriminatoires comme le port de l’étoile jaune ne saurait être dévoyée et instrumentalisée au nom d’un soi-disant équilibre des souffrances. De telles déclarations ne servent que ceux qui cherchent à réécrire l’Histoire.» L’institution juive demande «une clarification et un correctif immédiat de la part de Vincent Peillon».

(…) Le Figaro



Le candidat à la primaire de la gauche a dénoncé ce mardi 3 janvier sur France 2 ceux qui « veulent utiliser la laïcité contre certaines catégories de population ». Et de citer, de manière quelque peu surprenante, le sort des juifs dans l’Allemagne nazie…

[Mise à jour – 11h35] Contacté par Marianne ce mercredi, l’entourage de Vincent Peillon précise ses propos : « Il n’a pas voulu lier la laïcité et Vichy. Ce qu’il a voulu dire, c’est qu’il ne faut pas utiliser la laïcité pour stigmatiser une partie de la population en raison de sa religion. C’est une dénonciation de ce qui se passe aujourd’hui avec la stigmatisation d’une religion », en l’occurrence l’islam. « La stratégie de l’extrême droite, dans l’histoire, est d’utiliser les mots de la République pour s’attaquer à certaines catégories de population », poursuit ce proche du député européen. Quant à comparer la situation des juifs sous l’Occupation à celle des musulmans aujourd’hui, « il n’a pas parlé de l’Holocauste mais de Vichy », insiste-t-il


Le candidat à la primaire de la gauche a dénoncé ce mardi 3 janvier sur France 2 ceux qui « veulent utiliser la laïcité contre certaines catégories de population ». Et de citer, de manière quelque peu surprenante, le sort des juifs dans l’Allemagne nazie…
Pour Vincent Peillon, « il y a eu des dérapages les dernières années » avec la laïcité. – Capture France 2

Voilà un curieux raccourci. Et un magnifique point Godwin. Vincent Peillon, candidat à la primaire de la gauche, explique l’imposition de l’étoile jaune par l’Allemagne nazie aux juifs pendant la Seconde guerre mondiale par… une instrumentalisation de la laïcité. Interrogé sur France 2 mardi 3 janvier, l’eurodéputé socialiste estime à propos de la laïcité qu’« il y a eu des dérapages les dernières années », avant de dénoncer « certains » qui « veulent utiliser la laïcité contre certaines catégories de population ». Il poursuit :

« Ça a déjà été fait dans le passé, c’était il y a 40 ans, les juifs à qui on mettait des étoiles jaunes, c’est aujourd’hui un certain nombre de nos compatriotes musulmans qu’on amalgame d’ailleurs souvent avec les islamistes radicaux. C’est intolérable. »

Vincent Peillon ne précise pas ce lien qu’il établit entre la laïcité et le port de l’étoile jaune sous l’Occupation allemande. Au passage, l’ancien ministre de l’Education nationale commet une petite faute de chronologie, puisque ce sombre épisode de l’histoire ne date pas de« 40 ans » mais de 75 ans, l’étoile jaune ayant été imposée aux juifs français à partir de 1942.

« Fascisme rampant de Madame Le Pen »

A qui pense Vincent Peillon lorsqu’il dénonce ceux qui« veulent utiliser la laïcité contre certaines catégories de population » ? « Marine Le Pen ne fait que ça. Elle emploie les mots et elle les détourne totalement », affirme-t-il. Les journalistes de France 2 insistent : ne songerait-il pas aussi à Manuel Valls, l’un de ses rivaux de la primaire socialiste, – même s’il a mis de l’eau dans son vin depuis qu’il est en campagne ? « Vous avez mauvais esprit, s’offusque Peillon. Le problème n’est pas Manuel Valls en France, le problème c’est le fascisme rampant de Madame Le Pen qui utilise, comme ça a toujours été le cas, les mots de la République pour faire le contraire. »

C’est vrai : la juste utilisation des mots, pour un responsable politique, c’est fondamental.

Marianne