Yves Roucaute : “Le FN n’est pas un parti d’extrême-droite… le fascisme est historiquement de gauche”

Lu sur Enquête&Débat

E&D : Le FN est-il un parti d’extrême-droite selon vous ?

Le Front National n’est pas un parti d’extrême droite car cette désignation renvoie historiquement aux monarchistes légitimistes et ne peut en aucun cas se rapporter à ce parti, ni à aucun mouvement qui serait néo-fasciste. Laisser dire que le Front National est un parti d’extrême droite est le symptôme d’une défaite idéologique qui a permis l’une des plus grandes falsifications de l’histoire en France car il ne s’agit pas tant de diaboliser le F.N. que la droite républicaine tout en faisant oublier l’origine socialiste du fascisme.

Depuis plus de trente ans, la gauche essaye de se laver d’un péché originel en le faisant porter sur ses ennemis. Le PS qui n’hésite pas à s’allier avec les communistes, a inventé un tour de prestidigitation. Ainsi, le fascisme est identifié à l’extrême droite, l’extrême droite au Front national, ce qui permet de faire croire que la droite est l’antichambre du fascisme.

La vérité, c’est que le fascisme est une idéologie d’extrême gauche, née d’une scission du parti socialiste, conduite par le dirigeant socialiste italien Benito Mussolini. Celui-ci entraina avec lui dans son parti fasciste, la majorité du parti socialiste et l’ensemble des dirigeants syndicalistes ouvriers et agricoles. De même, le parti national socialiste des travailleurs allemands, le NSDAP, appelé aussi parti nazi, est né à l’extrême gauche. Hitler était lui-même un révolutionnaire socialiste, membre du parti des travailleurs allemands. Il imposa un programme socialiste à son parti, dès sa création, sur le modèle de celui des bolchéviks et il reprit le drapeau rouge traditionnel socialiste, changeant la faucille et le marteau en svastika, sous le prétexte qu’il conduirait la révolution socialiste et son projet de civilisation de l’homme nouveau, plus loin.

Comme Proudhon, Louise Michel, Karl Marx ou Auguste Blanqui, ils étaient antisémites car ils voyaient dans les juifs l’esprit de la bourgeoisie qu’il fallait détruire. Comme Vacher de Lapouge et Edouard Drumont, auteurs fétiche de Goebbels et d’Hitler, dirigeants socialistes, Vacher de Lapouge avait même fondé la section de Montpellier. C’est dans la pensée socialiste du XIXème siècle qu’est né ce mythe d’une race aryenne, chez Blanqui et cela fut propagé par la revue « Candide » et la « Revue socialiste » qui regroupaient les intellectuels socialistes.

On hésite même à rappeler que Jean Jaurès a été exclu de l’Assemblée nationale au moment de l’affaire de Panama pour antisémitisme car il faut garder le silence pour que le tour de prestidigitation ait lieu et qu’on ne sache pas que cette naissance du fascisme à gauche n’est pas un accident. Il faut même interdire la lecture du livre de Léon Blum sur l’affaire Dreyfus qui explique que ses petits camarades étaient antisémites et que le premier et le plus grand défenseur de Dreyfus a été le Pape et les chrétiens !

En France même, le parti nazi, le Parti Populaire français, est né dune scission du parti communiste, avec Jacques Doriot, maire et député communiste de Saint Denis. Et le fondateur du parti fasciste concurrent, Marcel Déat, est un député socialiste. Et c’est bien la chambre du Front Populaire qui a voté les pleins pouvoirs à Pétain, après que les socialistes aient été pacifistes, malgré la résistance glorieuse de Léon Blum, qui lui-même avait d’ailleurs été pacifiste. Le même processus s’est développé dans toute l’Europe, jusqu’en Grande Bretagne même, où le parti fasciste fut créé par le député socialiste Oswald Mosley
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Mais il faut garder le silence.

Car l’extrême droite n’a évidemment rien à voir avec cela. La plupart des monarchistes, en France, étaient allergiques au paganisme et au populisme du fascisme. Ils retrouvèrent en grand nombre le général de Gaulle à Londres. Et dans toute l’Europe, de même, l’extrême droite se retrouva derrière ses monarques, s’opposant au fascisme. En Allemagne même, les officiers monarchistes organisèrent une tentative de coup d’État contre Hitler.