Zique de la semaine : Jean Louis Murat, la montagne, et Baudelaire. (vidéo)

Il faut vendre les prés pour des usines. Et aussi des rond-points. Et des grandes surfaces. Il faut vendre les prés pour que sortent de terre les immeubles où viendront s’entasser ceux du grand remplacement. Vendre les prés pour des parkings, des entrelacs de routes à trois voies et des 4 x 3… il faut vendre des prés… et après ?. C’est un constat et une question que pose Jean Louis Murat dans sa chanson  » Il faut vendre les près » tirée de son dernier album «Grand lièvre».
Jean Louis Murat l’auvergnat connait bien le monde paysan. Il aime la région dans laquelle il vit loin du tumulte bavard de la capitale. Et il ne manque jamais une occasion de défendre ce qui lui semble être aujourd’hui menacé. Comme dans cet entretien donné à Marianne, dans lequel il déplore la victoire de la plaine sur la montagne :

C’est la victoire des gens des plaines sur ceux de la montagne. C’est une idéologie de la société qui ne veut être surplombée par rien. A leurs yeux, la montagne, c’est fait pour faire du ski ou du trecking, mais certainement pas pour qu’il y ait des paysans et des gens qui y vivent. Donc il faut faire des mégapoles de millions d’habitants où on ne sait pas quoi leur donner à bouffer. C’est une façon horizontale de voir les choses, de mettre tout le monde dans les plaines et dans les villes, d’abandonner l’aspect vertical des choses…
Il n’y a plus personne dans les montagnes et dans les campagnes. Je ne supporte pas le fait citadin et je ne supporte pas les gens des plaines. Pour moi, la plaine c’est la fin du monde.

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Alors Écolo Murat ? Certainement pas à la sauce Bové ou Duflot… on le penserait presque « identitaire » :

le gros problème c’est que ce sont des abrutis, des crétins qui portent les idées. Un mec comme José Bové a été dix fois plus néfaste que ce qu’il combattait, alors qu’il était idéologiquement sûrement dans le vrai. Les Verts, pareil, mais ce sont des crétins. Je ne pourrais jamais marcher dans les pas de Duflot ou dans ceux de Joly.

C’est très intéressant de voir comment les idéologies sont prises en charge par des nullards, ils te dissuadent. Et ces nullards sont entretenus par les médias. Jamais vous n’allez vous lever pour dire que Duflot est bête comme un petit pois. Duflot, tu ne lui prêterais pas ta Deux Chevaux. Elle ne sait même pas parler. Alors les idées qu’elle amène derrière, elle les discrédite complètement. C’est une catastrophe. Joly et Duflot devraient avoir les ¾ du show business avec elles. Elles n’auront personne, à part Cali peut-être, qui est le plus « bip » de tout le show business de la terre.

Et pour ceux qui aiment encore la poésie française : Murat interprète Baudelaire. Ici : L’examen de minuit . « L’athée que je suis se demande si nos curés modernistes et leurs ouailles de plus en plus égarés peuvent encore apprécier à sa juste valeur le constat spirituel que fait Baudelaire dans ce poème ??? Sont-ils seulement capables de se mettre à ce niveau ?…. si ils pouvaient au moins faire l’effort d’y penser cela nous reposerait de leurs démagogiques cercles du silence en faveur des sans papiers. »

La pendule, sonnant minuit,
Ironiquement nous engage
A nous rappeler quel usage
Nous fîmes du jour qui s’enfuit :
– Aujourd’hui, date fatidique,
Vendredi, treize, nous avons,
Malgré tout ce que nous savons,
Mené le train d’un hérétique ;

Nous avons blasphémé Jésus,
Des Dieux le plus incontestable !
Comme un parasite à la table
De quelque monstrueux Crésus,
Nous avons, pour plaire à la brute,
Digne vassale des Démons,
Insulté ce que nous aimons
Et flatté ce qui nous rebute ;

Contristé, servile bourreau
Le faible qu’à tort on méprise ;
Salué l’énorme Bêtise,
La Bêtise au front de taureau ;
Baisé la stupide Matière
Avec grande dévotion,
Et de la putréfaction
Béni la blafarde lumière ;

Enfin, nous avons, pour noyer
Le vertige dans le délire,
Nous, prêtre orgueilleux de la Lyre,
Dont la gloire est de déployer
L’ivresse des choses funèbres,
Bu sans soif et mangé sans faim !…
– Vite soufflons la lampe, afin
De nous cacher dans les ténèbres !