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90,8: c’est le montant (en milliards d’euros) des dépenses pour l’emploi

La Tribune

Selon une étude du ministère du Travail, en 2010, les dépenses en faveur de l’emploi et le marché du travail se sont élevées à 90,8 milliards d’euros, soit 4,7 points de PIB. A elle seule, l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), c’est-à-dire la principale allocation chômage, a représenté un coût de près de 25 milliards.

Quasiment 5 points de PIB… c’est ce qu’ont représenté en 2010 les dépenses en faveur de l’emploi et du marché du travail, soit 90,8 milliards d’euros! Selon une récente étude de la Dares (service statistiques du ministère du Travail), les «dépenses ciblées» (celles qui visent les demandeurs d’emploi et les personnes en difficulté sur le marché du travail) se sont élevées à 50,1 milliards d’euros en 2010, soit 2,6 points de PIB.

L’allocation d’aide au retour à l’emploi: un coût de 25 milliards d’euros

La « forte hausse » de ces dépenses ciblées, enregistrée en 2010 pour la deuxième année consécutive (+8% en euros constants, après +17% en 2009), tient selon la Dares à trois facteurs combinés : la reprise fragile de l’activité, l’accroissement du nombre de demandeurs d’emploi et la poursuite de la mise en oeuvre du plan de relance de l’économie.

Sans surprise, les dépenses d’indemnisation au titre du chômage en constituent plus de la moitié (56%) -un récent rapport de la Cour des comptes vient d’ailleurs d’alerter sur le coût de l’indemnisation du chômage et l’endettement de l’Unedic qui gère le dispositif. A elle seule, l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) atteint près de 25 milliards d’euros, en hausse de 3,5% en euros constants, par rapport à 2009.

Parmi les « dépenses ciblées » qui pèsent le plus lourd, on trouve ensuite les aides à l’emploi -principalement les contrats aidés- (18%), la formation professionnelle des demandeurs d’emploi (15%) et les moyens consacrés au service public de l’emploi (12%).

Le coût des allégements de cotisations: 22 milliards d’euros

Les « dépenses ciblées » dans leur ensemble affichent un montant bien supérieur à celui des « dépenses générales », qui atteignaient en effet 40,7 milliards d’euros en 2010, soit 2,1 points de PIB. Le montant global de ces dépenses en faveur de l’emploi et du marché du travail a fondu de 3,4% en euros constants par rapport à 2009. Plus de la moitié de ces « dépenses générales » -22 milliards d’euros- provient d’allégements généraux de cotisations sociales ciblés sur les bas salaires (jusqu’à 1,6 Smic). A cela s’ajoutent  pour 4,6 milliards d’euros d’allègements en faveur des heures supplémentaires (dispositif supprimé en 2012, lors du changement de majorité). Pour l’essentiel, les autres dépenses ont été réalisées au titre des incitations financières à l’emploi (prime pour l’emploi et RSA «activité») et des mesures en faveur de l’emploi dans certains secteurs d’activité ou dans certaines zones géographiques.

À la lisière de ces politiques en faveur de l’emploi et du marché du travail, certaines dépenses sociales (minima sociaux dont le RSA «socle» principalement) représentent en sus 14 milliards d’euros.