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Arnaud Montebourg et le double discours souverainiste de la gauche !

Arnaud Montebourg a fait ces derniers jours une grande découverte : l’Allemagne défend ses intérêts. Mais où vivait Montebourg depuis ces 20 dernières années ? Ne s’est-il jamais rendu compte que l’Allemagne a toujours refusé de céder un pouce de sa souveraineté contrairement à la France qui, sous l’influence de l’idéologie européiste du PS et de l’UMP, s’est livrée pieds et poings liées aux dogmes de l’Europe des technocrates et de Jean Monnet.
Montebourg devrait plutôt s’en prendre à son nouvel allié François Hollande. C’est lui et ses mentors de l’époque qui, il y a plus de dix ans, ont confectionné un euro à la mode Allemande (1). C’est le PS auquel appartient Montebourg qui a le plus privatisé de services publiques en France, c’est lui qui a rédigé et signé la majorité des traités européens qu’ils condamnent aujourd’hui, c’est le PS qui a voté le traité de Lisbonne contre la volonté du peuple, c’est la gauche française qui fut pionnière de la dérégulation financière (2)… Montebourg peut bien sortir la panoplie du patriote et faire peur aux gogos en brandissant des casques à pointes, François Hollande peut bien prendre tous les accents souverainistes qu’il veut en déclarant : qu’il n’accepterait jamais que, au nom du contrôle des budgets nationaux, au nom de la coordination de la politique budgétaire, la Cour de justice européenne puisse être juge des dépenses et des recettes d’un État souverain »… leur prêchi-prêcha ne trompe plus personne, nous savons que ces petits boutiquiers sont prêts à tout pour séduire le chaland.

Notons au passage que l’indignation de Montebourg est la preuve de l’inanité de ses propositions en matière de protectionnisme aux frontières de l’Europe. Car il faut être naïf ou de mauvaise foi pour continuer à prétendre que la France en ruine pourrait imposer à une Allemagne souveraine et dominatrice un protectionnisme dont elle ne veut pas. Même sarko avec son plan au rabais se couche et va à la niche… ce ne sont donc pas les illusions d’un socialiste à bout de souffle et qui s’arrête au milieu du guet, qui vont impressionner l’Allemagne.

Il n’y a plus que l’incurable Cohn Bendit pour s’indigner avec la vigilance sincère d’un inquisiteur de ce genre de déclaration. Le reste n’est que pure comédie.

Car enfin, soyons lucide : que défend Arnaud Montebourg quand il s’attaque aux velléités nationalistes et protectrices de l’Allemagne ? Les intérêts de la France ? Non. Montebourg veut sauver l’Euro et la construction d’une Europe de béni-oui-oui. Et c’est là que réside la muflerie de l’internationaliste socialiste Montebourg.

Déclaration de montebourg sur son blog

Les Allemands mènent donc, sur la question de l’euro, une politique nationale, une politique servant leurs seuls intérêts : en faisant la politique des marchés et non pas des peuples, en imposant des plans d’austérité partout en Europe, en refusant les Eurobonds et l’intervention de la banque centrale européenne pour faire racheter la dette des États. Il me semble, en particulier, que les élites allemandes n’ont pas peur de proclamer qu’elles pensent d’abord en termes d’intérêts nationaux.

Soumis -même s’il s’en défend- à l’influence des dogmes post-modernes, il est tout simplement impossible à Montebourg de penser en terme de Nation et de patrie. Il va même jusqu’à militer pour des eurobonds alors que cela ne ferait que renforcer l’intégration de la France dans un fédéralisme européen sous domination allemande. C’est prendre le risque d’abandonner encore et toujours plus de notre souveraineté. Car si eurobond il y a, cela ne se fera pas sans condition de la part de l’Allemagne dans la mesure où c’est elle qui devra garantir les dettes de tous les pays de la zone euro, et ainsi mettre en péril sa bonne santé économique (3).

Cette proposition, lorsqu’elle a été publiquement énoncée par Barosso, a aussitôt provoqué une réaction négative sur les marchés financiers.
En une journée le taux d’intérêt de l’Allemagne a été relevé (plus de 2 %, la France est à presque 4 %) ce qui l’a empêché d’emprunter autant qu’elle l’aurait souhaité. C’est une spirale infernale dans laquelle les europeïstes de l’UMP et du PS sont prêts à nous balancer (4).
En militant pour des eurobonds, Arnaud Montebourg, comme tous ceux qui soutiennent cette idée, fait le choix de toujours et encore plus d’Europe fédérale, toujours et encore plus de Marché…et toujours et encore moins de démocratie et…de France.

Arnaud Montebourg incarne aujourd’hui à merveille une nouvelle race de petit bourgeois de gauche, devenus certes lucides sur les conséquences économiques de la mondialisation, mais qui s’interdiront toujours d’agir contre ses conséquences culturelles, politiques et sociétale.
S’ils veulent ouvrir les yeux qu’ils ont gardé grands fermés pendant des années, nos socialistes en peau de lapin devront enfin rompre avec le discours sans frontièriste, néo-libéral, et politiquement correct auquel ils ont soumis le peuple depuis plus de 30 ans.
Un internationaliste un tant soit peu sincère, reconnaitrait aujourd’hui la légitimité du gouvernement Allemand a défendre les intérêts de son peuple, car dans internationalisme…il y a nationalisme. On invite donc Montebourg a relire Jaures qui disait : « A celui qui n’a rien, la patrie est son seul bien.  » ou encore  » « Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène.  »

L’Europe ne passera que par une Europe des Nations millénaires.

Jérôme Cortier

1 : voir la vidéo de Marie-France Garaud

2 : La gauche française, pionnière de la dérégulation financière ?

3 : idée soutenu par le président de la zone euro, le dirigeant politique de droite luxembourgeois Jean-Claude Juncker, et le ministre des Finances de Berlusconi, Mario Monti. Elle continue d’être soutenue par des personnalités et des organisations aussi diverses que le milliardaire spéculateur George Soros, les partis socialistes français et européens, l’ancien président de la commission de Bruxelles, Jacques Delors, l’Institut Montaigne, club de réflexion français plutôt proche du Medef, la très libérale Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et les Verts.Voir article de l’Humanité)

4 : L’Allemagne mise à mal c’est la crise qui tape au coeur de l’Europe. http://www.prechi-precha.fr/2011/11/24/lallemagne-mise-a-mal-la-crise-tape-au-coeur-de-leurope/