Économie, Écologie...

Baisse de cotisations des salariés : Hollande dans les pas du Medef

La baisse des cotisations sur les bas salaires est la voix royale vers…. la baisse des salaires. En effet si les bas salaires sont plus attractifs, les patrons embaucherons sur la base d’une rémunération plus faible en dépit des diplômes et de l’expérience des employés. Le pouvoir d’achat sera donc moins important, et la consommation ne pourra pas repartir. Quand on ne peut plus agir sur sa monnaie on agit sur les salaires… c’est la méthode appliquée à la Grèce, l’Espagne, l’Italie, le Portugal. Et n’allez pas croire que cela permettra aux patrons d’embaucher plus de personnel. Pour employer il faut que les carnets de commandes soient pleins. Or, la France a atteint un nombre record de fermetures d’entreprises en raison d’un marché atone et d’un manque de demande.

Ajoutons que la majorité des cotisations sont des salaires différées gérés par des partenaires sociaux, l’État peut seulement intervenir sur les cotisations de sécurité sociale. ( il y a aussi les cotisations vieillesses mais celle-ci viennent d’être augmentées, il serait ubuesque de décider de les baisser) Or la baisse de ses cotisations entrainera une aggravation du trou de la sécurité sociale et fragilisera les plus précaires. Car qui dit moins de cotisations dit moins de prestations.

On voit donc que les marges de manœuvre du gouvernement sont très étroites, et que Hollande a lancé une idée sans savoir comment la financer.

Valls ira-t-il jusqu’à augmenter la CSG ?… malheureusement il est assez dingue pour le faire. Certains avancent aussi l’idée de supprimer la prime pour l’emploi… dans ce cas le résultat obtenu par cette disposition sera symbolique et n’aura aucune répercussion sur l’économie.

Nous n’avons plus d’argent pour financer ce genre de politique. Comment notre gouvernement technique à la botte de la commission européenne va pouvoir amortir ce manque à gagner en sachant: qu’il doit faire des économies de 50 milliards, que le déficit public est plus fort que prévu, que le taux d’imposition est à son maximum, que les recettes fiscales sont au plus bas, que notre dette dépasse les 93% du PIB, et que nous avons été mis sous surveillance renforcée par la commission européenne.….

On vous le dit depuis de nombreux mois : nous sommes dans une impasse. Et ce gouvernement comme le précédent va continuer à nous tirer au fond du gouffre….

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Dès 2011, le Medef avait proposé une baisse simultanée des cotisations patronales et salariales.

7766912811_pierre-gattaz-president-du-medef-le-29-octobre-2013-archivesCertains parlementaires socialistes réclamaient un virage à gauche. L’arrivée de Manuel Valls à Matignon les aura déçus. Quant à la promesse de François Hollande de baisser « rapidement » les cotisations des salariés, suggérée par le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, lundi dernier, c‘est paradoxalement une idée défendue depuis longtemps par le Medef. Cette proposition, tout droit venue de l’UIMM, le laboratoire social du patronat, avait été baptisée dès 2011 par Laurence Parisot la « double hélice ». Elle consistait à supprimer simultanément les cotisations familiales patronales et à baisser les cotisations salariales. Avec une différence de taille par rapport au schéma de François Hollande : la première baisse était financée par une hausse de TVA et la seconde par une hausse de la CSG. A l’époque, le Medef tablait sur une baisse cumulée de 12 points de cotisations (patronales et salariales).

Plus récemment, Jean-François Pilliard, le vice-président du Medef, devant les journalistes d’information sociale (Ajis), avait réaffirmé qu’il n’était pas anormal, si l’on supprimait les cotisations patronales famille, qui relèvent de la solidarité nationale, de suivre la même logique pour les salariés. Il n’y a pas de cotisations salariales pour la famille, en revanche, une cotisation de 0,75 point est encore due par les salariés pour financer l’assurance-maladie. Supprimer cette cotisation coûterait environ 5 milliards à l’Etat. La mesure annoncée par François Hollande lundi soir n’a pas encore été détaillée, mais elle sera vraisemblablement moins coûteuse et surtout ciblée sur les salaires proches du SMIC.

Les syndicats partagés

Pour le patronat, le principal avantage d’une baisse des cotisations salariales est de pouvoir revaloriser les salaires nets tout en jugulant les augmentations salariales qui ont tendance à grignoter les gains de productivité. C’est aussi une façon de faire accepter les baisses de charges patronales. Sur ce point, cela rejoint l’objectif du chef de l’Etat, dont le pacte de responsabilité est critiqué par les courants les plus à gauche de la majorité.

Les syndicats, eux, sont partagés. Ils souhaitent rééquilibrer le pacte mais se méfient des baisses de cotisations salariales, y voyant une menace pour le financement de la Sécurité sociale.

Marie Bellan, Les Echos

 

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