Laïcité,  Politique

A Brignoles, la gauche manifeste contre « la connivence UMP-FN » et la suppression des repas de substitution sans porc à la cantine

Pour les dizaines de manifestants rassemblés hier, « les mesures discriminatoires prises par la municipalité élue en mars créent une fracture ethnique, sociale et morale » à Brignoles.G. R
Pour les dizaines de manifestants rassemblés hier, « les mesures discriminatoires prises par la municipalité élue en mars créent une fracture ethnique, sociale et morale » à Brignoles.G. R

Plusieurs dizaines de personnes ont dénoncé hier la politique menée par la municipalité, notamment les suppressions du quotient familial et du repas de substitution sans porc à la cantine.

(…)

Sans aucune concertation, la municipalité a décidé de supprimer le quotient familial pour la cantine et les activités périscolaires», expliquait Djamila Mehidi, ancienne adjointe du maire Claude Gilardo, et à l’initiative du rassemblement.

« Cela implique que pour les Brignolais modestes, ces tarifs ont été fortement augmentés, tandis qu’à l’inverse ils baissent pour les familles aisées ! Bel exemple de justice sociale… », ironisait d’ailleurs l’ancien maire Claude Gilardo.

La fin des repas sans porc

Autre décision qui passe mal, « la suppression du repas de substitution, sans porc, alors qu’il existe depuis plusieurs décennies à Brignoles comme ailleurs ». Pour l’ancienne élue, « le maire parle de laïcité, mais c’est tout le contraire : la laïcité consiste à ne pas, comme ici, stigmatiser les communautés, et à leur permettre de vivre ensemble, librement ».

Dans l’assemblée, on cite d’ailleurs « une circulaire de 2011, du ministre Claude Guéant – que l’on ne peut pas vraiment qualifier de gauchiste – qui invitait les maires à ce que les services de restauration respectent les convictions des usagers ».

Pour Djamila Mehidi, « la municipalité de droite extrême impose ainsi aux Brignolais ce que même les municipalités d’extrême droite Front national n’imposent pas à leurs concitoyens ailleurs ». Elle évoque d’ailleurs « une connivence évidente ici entre UMP et FN : c’est en réponse à une demande de Laurent Lopez(élu FN d’opposition et conseiller général) que le repas de substitution a été supprimé » (1).

Selon l’association « Agir en pays brignolais », « ces mesures ont exclu de fait 300 enfants brignolais des cantines. Et le centre aéré de la Toussaint a connu une fréquentation inférieure de 50 % à celle de l’an passé. Tous ces petits Brignolais ont ainsi passé leurs vacances dans la rue… »

« Les cocus du front républicain »

En dehors des raisons de fond qui motivent ces mesures, « l’absence de concertation » est également mal digérée. « Malgré de nombreuses sollicitations, nous n’avons jamais

pu être reçus par madame le maire ». Pour la gauche brignolaise, ces choix politiques et ce silence sont d’autant plus durs à avaler que « par trois fois, nous avons fait le choix, douloureux, du retrait républicain pour faire barrage au FN », rappelait Claude Gilardo.

« C’est à ce seul prix que Madame Pons a pu être élue, elle devrait s’en souvenir… » Parmi les manifestants, des électeurs de gauche se qualifiaient d’ailleurs de « cocus du front républicain ».

« On est en train de supprimer, sous la pression du FN, des droits à des citoyens français selon leurs cultes. Ici, la digue républicaine a explosé », estimait la conseillère régionale Elsa Di Méo venus soutenir les manifestants.

Si leurs rangs étaient assez clairsemés, ceux-ci revendiquent« une pétition de 400 signatures qui sera remise, vendredi, au sous-préfet ».

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