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CHU de Caen : un hôpital est à l’agonie… et ça ne fait que commencer (vidéo)

Nous ne sommes même pas au milieu de la crise, et les hôpitaux de France sont déjà à l’agonie. À en croire la Fédération hospitalière de France (FHF) , qui regroupe plus d’un millier d’hôpitaux publics, les deux tiers des établissements de santé vont sous peu se retrouver en cessation de paiement. « Pas assez de recettes pour honorer ses dépenses, techniquement cela s’appelle une faillite », simplifie Thierry Acquier, délégué régional de la FHF en Paca. Et si, statutairement, un hôpital ne peut pas être mis en faillite, les conséquences de cette crise financière se font sentir : partout en France, des chantiers hospitaliers sont à l’arrêt. L’achat d’équipements médicaux a été différé.

Plus inquiétant encore : « Certains directeurs ont du mal à assurer les dépenses courantes, à payer les fournisseurs et parfois même à verser les salaires des personnels », indique la FHP.

Le CHU de caen en est un parfait exemple. Sa direction a annoncé mercredi suspendre le paiement des cotisations patronales et des fournisseurs, car les banques ne veulent plus financer son découvert. L’hôpital qui avait enregistré en 2010 le plus gros déficit de métropole affiche encore 119 millions d’euros de déficit cumulé, malgré des améliorations.

«On peut craindre que les fournisseurs ne nous livrent plus, d’être à court de médicaments», ajoute le syndicaliste. «Et puis, si on n’a pas la capacité d’investir, comment maintenir la qualité des soins ?», interroge-t-il alors que l’établissement est classé 16e sur 50 hôpitaux français par Le Point.

source Le Parisien

Sous perfusion bancaire

À l’origine de ce « krach » hospitalier, la fermeture du robinet de financement que représentait la banque publique Dexia, le prêteur historique des hôpitaux démantelé à l’automne dernier pour cause d’empoisonnement aux emprunts toxiques. Depuis, les banques de détail ne se bousculent pas pour prendre le relais. Laissant sur la paille des hôpitaux publics déjà étranglés par les contraintes budgétaires. Faute de crédit bancaire, il leur manquerait plus de 2 milliards d’euros cette année, soit 50 % de leurs besoins. Non seulement pour financer les investissements à moyen et long terme, mais aussi pour boucler le fonctionnement courant. « De nombreux établissements, en déficit structurel depuis des années, avaient recours à l’emprunt pour boucler leur trésorerie », explique Thierry Acquier. Une perfusion bancaire brutalement retirée avec l’explosion de Dexia.

Source: Laprovence.com