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CMN à Cherbourg : le recours au travail « low cost »

Une cinquantaine de travailleurs roumains et lituaniens sont arrivés au CMN pour participer à la constructions des 30 navires pour le Mozambique.

A en croire la direction du chantier naval cherbourgeois, elle n’aurait pas eu le choix. En effet, pour tenir « coûts et délais » du contrat que CMN a signé avec le Mozambique portant sur 30 navires (24 chalutiers, 6 patrouilleurs), le chantier vient de faire appel à la main d’oeuvre étrangère « low cost » de Roumanie et de Lituanie.

Treize travailleurs intérimaires roumains sont arrivés sur le chantier la semaine dernière et 40 travailleurs « sous forfait » ont commencé à prendre place dans le chantier ce lundi 4 novembre. Il s’agit pour la plupart de chaudronniers et de soudeurs.

Sur place, au sein des 350 salariés français des CMN, c’est l’incompréhension et la consternation.

D’autant plus que le nombre de chaudronniers et soudeurs à la recherche d’un travail dans la région ne manquent pas. Ils seraient, de source syndicale, 90 dans les environs de Cherbourg.
Par ailleurs, les syndicats confirment que sur les 30 navires commandés par le Mozambique, seuls 8 devraient être fabriqués par les salariés des CMN. Les autres seront construits à Cherbourg ou à l’étranger par des sous-traitants étrangers également « low cost ».

On est donc loin de l’éloge du « made in Cherbourg » et du « savoir faire français » prôné par le président de la République lors de sa visite, le 30 septembre à Cherbourg. Il était alors accompagné de quatre ministres dont Arnaud Montebourg et Bernard Cazeneuve.

Par ailleurs, le contrat « Mozambique » de 200 millions d’euros signé par Iskandar Safa, l’homme d’affaires franco-libanais, propriétaire des CMN, s’inscrit dans un contrat beaucoup plus important portant sur 30 autres navires qui seront tous construits à l’étranger dans les autres chantiers navals de Privinvest, la holding de la famille Safa.

La Manche Libre