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Conjoncture industrielle : la situation est pire en France qu’en Grèce !

Selon l’indice PMI manufacturier de la société Markit, la contraction de l’activité dans le secteur industriel est plus forte en France qu’au pays des Hellènes. L’industrie souffre dans la plupart des pays européens, même en Allemagne. Les entreprises européennes sont obligées de « casser » les prix pour résister à la concurrence internationale.

C’est un nouvel indicateur peu réjouissant pour l’industrie française que la société Markit a dévoilé hier. Au deuxième trimestre, l’indice PMI élaboré à partir du sentiment des directeurs d’achats du secteur manufacturier a certes progressé pour atteindre 44,4  mais il reste en dessous de la barre des 50 qui indique une augmentation de l’activité. La France n’est pas un cas isolé. « A 46.7, l’Indice PMI final pour l’industrie manufacturière de l’Eurozone affiche un plus bas de quatre mois », indique Markit. Il recule pour le pour le 21ème mois consécutif !

La France est bonne dernière

Il s’élève à 48,2 en Allemagne, 48,1 aux Pays-Bas, 48 en Irlande, 45,5 en Italie et 45 en Grèce et 44,7 en Espagne. « La production manufacturière et le volume global des nouvelles commandes continuent de diminuer en avril. La production enregistre sa plus forte baisse depuis le début de l’année 2013 tandis que le taux de contraction des nouvelles commandes reste relativement stable par rapport au plus haut de 3 mois enregistré en mars. La production repart à la baisse en Allemagne, rejoignant ainsi les autres pays étudiés en zone de contraction », observe Markit.

Cette situation peut-elle perdurer ? Chris Williamson, chef économiste à Markit le redoute. « Les données d’avril ne laissent envisager aucune amélioration ni stabilisation de la conjoncture dans le secteur au cours des mois à venir, renforçant la responsabilité des décideurs politiques qui doivent désormais agir au plus vite afin de relancer la croissance », avance-t-il.

Des tensions déflationnistes

Elle pourrait même empirer. Pour renforcer leur compétitivité-prix face à la concurrence des pays émergents, les entreprises européennes et françaises en particulières en sont réduites à « casser » les prix et donc à réduire leur taux de marge. « Les prix de vente des fabricants enregistrent leur plus fort repli depuis le début de l’année 2010. Si cet affaiblissement des tensions inflationnistes ouvre la voie à de nouvelles mesures de relance de la banque centrale et constitue, de ce point de vue, une évolution favorable, il reflète toutefois la faiblesse du pouvoir de tarification des fabricants et les tensions déflationnistes dans le secteur, et témoigne de l’effondrement de la demande au cours des derniers mois », estime Chris Williamson.

Le combat de la compétitivité-prix

Le problème, c’est voulant préserver leur compétitivité-prix, les entreprises rognent sur leur compétitivité hors-prix qui repose par exemple sur leur capacité à proposer des produits innovant sur le marché, produits à forte valeur ajoutée dont ils peuvent fixer relativement librement le prix. Parce qu’elles ont adopté cette stratégie, les entreprises françaises ont vu leur taux de marge baisser de 30 % à 21 % sur la période 2000-2011, alors qu’elles progressaient de 7 points en Allemagne. Comme l’explique fort bien le rapport Gallois, « cette évolution a eu pour conséquence de dégrader leur taux d’autofinancement – 64 % en France en 2012 contre 85 % en 2000 et près de 100 % en moyenne dans la zone euro – rendant de ce fait l’intermédiation bancaire absolument indispensable à la bonne marche de l’économie