• Culture, idées, Média...

    Guilluy : « Le grand évènement de ces 30 dernières années, c’est la disparition de la classe moyenne occidentale »

    Entretien intégral:

    La réinfosphère (ou la fachosphère pour les frustrès) a été le premier endroit où Guilluy a pu s’exprimer. Nous ne nous sommes pas trompés, c’est l’un des meilleurs géographes et sociologues de ces 30 dernières années. Todd et tous les autres sont des fumistes à côté de lui…

    Extraits:

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    Comment Michèle Tribalat a été harcelée par Hervé Le Bras pour ne pas donner les vrais chiffres de l’immigration

    Hervé Le Bras est le seul démographe qui ait accès aux média depuis plus de trente ans. Hervé le Bras est un « scientifique » engagé à gauche. Au début des années  80 il publie un livre avec Emmanuel Todd: « L’Invention de la France ». Un livre bidon qui sera la bible de tous les immigrationistes et qui scellera la politique migratoire pour les 40 ans qui suivront sa publication.

    En 2013 les deux mandarins de la démographie française récidivent avec « Le mystère français ».  Là encore une recherche prétexte à assener leur idéologie immigrationiste. (voir le dernier article d’Hervé Le Bras  dans Libération: «L’identité française, je suis parti à sa recherche chapitre après chapitre : ce concept ne marche pas». ou encore l’article immonde d’Emmanuel Todd : « Les élites trahissent le peuple, mais le peuple est médiocre »)

    Ces deux pseudo-scientifiques se comportent comme de véritables censeurs. Ce que révèle Christophe Guilluy sur les méthodes utilisées par Hervé le bras n’est pas très étonnant. C’est même la norme dans la recherche en science humaine.


    Témoignage de Christophe Guilluy :

    « Dans le domaine qui est le mien, celui de la démographie et du territoire, c’est archi-caricatural. Ma discipline est verrouillée par quelques personnages qui ne sont plus là que pour ostraciser. Je reçois désormais des courriels de doctorants qui m’assurent suivre mes travaux, mais m’expliquent qu’il leur est interdit de les citer. Voilà où nous en sommes. C’est le totalitarisme soft dans sa version universitaire.

    Dit autrement, le système est mafieux : il l’est en ce sens qu’il s’agit de tuer, professionnellement parlant, les pensées dissidentes.

    C’est la mésaventure qui est arrivée à Michèle Tribalat. Cela fait plus de quarante ans qu’elle accumule les études, statistiques à l’appui. C’est quelqu’un qui produit, contrairement à des gens comme Hervé Le Bras et Emmanuel Todd. Sa carrière a été un long calvaire, elle ne pouvait même plus aller physiquement à l’Institut national d’études

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    Christophe Guilluy: «En 2017 ou en 2022, la France périphérique fera basculer la présidentielle»

    Faut-il encore présenter Christophe Guilluy ? Le géographe social, fin observateur de la France périphérique et théoricien de l’insécurité culturelle, voit ses analyses confirmées par les sondages. Si Marine Le Pen ne l’emportera peut-être pas dès 2017, la France périphérique finira cependant par triompher un jour ou l’autre dans les urnes face aux candidats des gagnants de la mondialisation que sont Hamon, Fillon et Macron.

    (…)

    Justement, quel est l’essentiel à vos yeux ?

    Le Front national n’est que la fin d’une longue histoire de mise à l’écart de ce qu’on appelait hier la classe moyenne et aujourd’hui les classes populaires. Ces dernières soulèvent des problèmes aussi essentiels que le choix du modèle économique mondialisé, le multiculturalisme, les flux migratoires. Passer son temps à se demander si Marine Le Pen peut atteindre 30%, 35%, 45% voire être élue permet de faire l’impasse sur le fond. Si rien n’est fait, Marine Le Pen ou un autre candidat contestant le modèle dominant sous une autre étiquette gagnera en 2022, si ce n’est en 2017. On est à un moment de basculement. Il suffit de prolonger les courbes et les dynamiques en cours pour comprendre que si cela ne se fait pas maintenant, cela arrivera plus tard. De deux choses l’une : soit on décide de se rendre sur ces territoires délaissés et de prendre au sérieux le diagnostic des habitants, soit on reste dans une logique de citadelle qui consiste à serrer les fesses pour préserver l’essentiel et essayer de passer encore un tour.

    N’est-il pas légitime de s’inquiéter de la montée des « populismes » ?

    Rien ne sert de s’alarmer sans comprendre les causes des phénomènes qu’on combat. Le FN n’est qu’un indicateur. De la même manière, après le Brexit et l’élection de Trump, le monde d’en haut a exprimé son angoisse.

    Mais les racines du Brexit sont à chercher dans le thatchérisme qui a désindustrialisé le Royaume-Uni. Et les racines de la victoire de Trump se trouvent dans les années 1980 et 1990, époque de dérégulation et de financiarisation de l’économie sous Reagan et Clinton. Sur le temps long, l’émergence du Front national correspond bien sûr à l’installation d’une immigration de masse mais aussi à la désindustrialisation de la France engagée à la fin des années 1970.

     

    En cas de second tour entre Marine Le Pen d’un côté et François Fillon ou Emmanuel Macron de l’autre,  les sondages annoncent la victoire des gagnants de la mondialisation, pourtant minoritaires dans le pays…

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    Christophe Guilluy, l’homme qui a pensé la France qui change.

    http://www.dailymotion.com/video/x54p4k6_natacha-polony-polonium-07-decembre-2016_tv#tab_embed

    NDLR:
    Nous n’avons jamais manqué de vous dire tout le bien qu’il y avait à lire ce géorgraphe-sociologue. Christophe Guilluy a décrit avec justesse et rationalisme ce que nous étions nombreux à voir sans jamais savoir le mettre en perspective.
    Christophe Guilluy a vu et a écrit la grande séparation sociologique et territoriale qui s’opère en France. Une fracture entre la France d’en bas, constituée d’une majorité de français de souche méprisés par la classe politico-médiatique et trouvant souvent refuge dans les campagnes ou au sein de la périphérie des grandes villes; et puis celle, bénéficiant de l’attention des médias mais aussi des pouvoirs publics, constituée de minorités ethniques, religieuses et de bobos.

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    Christophe Guilluy. « La classe moyenne est en train de disparaître »

    Après « Fractures françaises » et la « France périphérique », le géographe Christophe Guilluy dénonce dans « Le crépuscule de la France d’en haut » (Flammarion) la nouvelle bourgeoisie des métropoles, qui en oublie jusqu’à l’existence d’une France d’en bas, la laissée pour compte de la mondialisation.

    Qu’est-ce qui caractérise cette nouvelle bourgeoisie. Est-elle différente de l’ancienne ?
    Elle se présente comme différente mais sur les fondamentaux, elle fonctionne un peu comme la bourgeoisie d’avant. Elle vit là où ça se passe, c’est-à-dire dans les grandes métropoles, les secteurs économiques les mieux intégrés dans l’économie du monde. Elle est dans la reproduction sociale. On ne compte plus les fils de… Tout ça est renforcé par les dynamiques territoriales qui tendent à concentrer les nouvelles catégories supérieures dans les grands centres urbains avec une technique géniale qui est d’être dans le brouillage de classe absolu.

    Que voulez-vous dire par brouillage de classe ?
    Cette bourgeoisie ne se définit pas comme une bourgeoisie. Elle refuse bien évidemment cette étiquette. C’est une bourgeoisie cool et sympa. D’où la difficulté pour les catégories populaires à se référer à une conscience de classe. Hier, vous aviez une classe ouvrière qui était en bas de l’échelle sociale mais qui pouvait revendiquer, s’affronter, ce qui est beaucoup plus compliqué aujourd’hui. On a des gens apparemment bienveillants, qui tendent la main et qui se servent beaucoup de la diversité et de l’immigration pour se donner une caution sociale. Mais quand on regarde les choses de près, ce sont en fait des milieux très fermés.

    La mixité sociale, le vivre ensemble c’est donc pour vous un mythe ?
    Ça, c’est dans les discours mais dans les faits, ce que l’on observe, c’est une spécialisation sociale des territoires. Un rouleau compresseur, celui des logiques foncières, tend à concentrer de plus en plus ces catégories supérieures alors même qu’elles nous expliquent que l’on peut être dispersé dans l’espace, que via le réseau numérique on peut vivre n’importe où.

    On assiste donc à une recomposition des territoires ?
    Oui. Quand on prend sur le temps long, on voit bien qu’il y a une recomposition sociale du territoire qui nous dit exactement ce qu’est le système mondialisé. En gros, nous n’avons plus besoin, pour créer de la richesse, de ce qui était hier le socle de la classe moyenne : ces ouvriers, ces employés, ces petits indépendants, ces petits paysans. Avec le temps, ces catégories se trouvent localisées sur les territoires les moins dynamiques économiquement, qui créent le moins de richesses et d’emplois. C’est cette France périphérique de petites villes, de villes moyennes et de zones rurales. C’est un modèle que l’on retrouve partout en Europe.

    Le mouvement des bonnets rouges en Bretagne était-il une réaction à ce modèle ?

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    Haro sur le bobo !

    (…)Le bobo, c’est aussi le royaume de l’entre-soi, affirme Guilluy. Par exemple dans la culture (cinéma, musique) où prolifèrent les « fils et filles de ». « Haut lieu de la lutte contre le racisme et de la promotion de la mixité, le milieu du cinéma est aussi le plus endogame. »

    Il s’amuse du fait que la cérémonie des Césars a récompensé le film Fatima, qui raconte le quotidien d’une femme de ménage algérienne, devant une salle « singulièrement blanche et bourgeoise ». Il aurait surtout pu dire que ce sont des salles toujours blanches qui applaudissent des spectacles qui dénoncent les maux de la fracture sociale.

    Mais pourquoi tant de haine ? Parce que pour Guilluy, le bobo ne fait pas ce qu’il dit, tout en faisant culpabiliser celui qui n’écoute pas ses belles paroles. Au moins, le bon réac de droite s’affiche comme tel alors que le bobo est un traître à l’idéal de gauche, qui brouille le clivage de classes.(…)

    Le Monde