• Économie, Écologie...

    Crise politique à Chypre, au bord de la faillite

    Le parlement a refusé de voter les privatisations. Le gouvernement a démissionné. Le versement de la prochaine tranche d’aide de l’UE et du FMI est suspendu. L’île risque la faillite le 15 mars.

    Ce vendredi matin, en ouverture du conseil des ministres, l’intégralité des ministres composant le gouvernement chypriote ont donné leur démission à Nikos Anastasiadies, le président de la République de Chypre. La nouvelle tombe mal pour le chef de l’État qui a demandé à ses ministres de rester à leur poste jusqu’au 15 mars.

    À cette date, Chypre doit assurer le paiement de 150 millions d’euros de tombées de dettes. Sans l’aide du FMI et de l’UE, qui ont déployé un plan de sauvetage financier il y a un an, l’île n’a pas assez de liquidités pour tenir ses engagements. Elle est à la merci du versement d’une tranche d’aide de 236 millions d’euros, suspendue au vote d’un programme de privatisations. C’est justement là que le bât blesse.

    Le Parlement chypriote n’a pas adopté, ce jeudi, comme prévu, le vaste programme de privatisations, jugé trop controversé. Il prévoyait la vente au secteur privé des compagnies d’électricité, de télécommunications et les deux principaux ports du pays.

    Manifestations et grèves ont émaillé la semaine à Chypre. L’un des partis soutenant la

  • Économie, Écologie...

    Niveau record des défaillances d’entreprises cette année

    Plus de 62.000 entreprises auront déposé le bilan cette année, entraînant la destruction de 174.000 emplois.

    Distribution, Magasins a BondyMalgré la bonne surprise du rebond de la croissance au deuxième trimestre (+0,5%), après six mois de repli, peut-on pour autant parler de reprise en France? Pas encore au regard de la hausse des défaillances d’entreprises observée sur le début de l’année (+2,1% au premier semestre) et qui s’est plus que confirmée cet été (+4,4%), se traduisant par la destruction de 174.000 emplois sur un an, indique Euler Hermes, le leader mondial de l’assurance-crédit. Cette poussée des dépôts de bilan (aboutissant à une mise en liquidation ou en redressement) s’est très largement diffusée dans le tissu économique national.

    Toutes les régions, sauf trois (Paca, Limousin et Basse-Normandie), sont touchées et la majorité des secteurs d’activité sont concernés, avec en particulier des niveaux de défaillances records dans l’hébergement restauration (+16,4%), les services aux entreprises (+11,5%), le commerce automobile (+10,2%), le commerce de détail (+8%) et les services aux particuliers (+7,4%).

    Pour 2014, Euler Hermes attend une légère baisse (-1%) des défaillances, qui resteraient toutefois à des niveaux historiquement très élevés: 61.800 entreprises devraient faire défaut l’année prochaine, coûtant 0,22 point de PIB à l’économie et entraînant la destruction de 165.000 emplois, soit un demi-point de chômage en plus.

    «Il est nécessaire d’atteindre un palier de +1% de croissance du PIB pour espérer un vrai

  • Économie, Écologie...

    Un remorqueur réclame 120.000 euros à la justice de Toulon dans l’incapacité de payer.

    Le tribunal de grande instance ne dispose pas d’un budget suffisant pour assumer ses frais de fonctionnement. Une entreprise varoise spécialisée dans les saisies de véhicules est au bord du gouffre.

    Jérôme Lucas, entrepreneur âgé de 30 ans, annonce qu’il va mettre la clé sous la porte. Son principal client, le tribunal de grande instance (TGI) de Toulon, n’a pas les moyens de régler ses factures dans un délai raisonnable.

    Il y a cinq ans, le jeune homme a repris une entreprise de remorquage à Ollioules dont l’essentiel de l’activité repose sur les réquisitions judiciaires : il s’agit d’enlever et de stocker les véhicules à la demande des magistrats.  » J’ai investi dans cette entreprise en me disant qu’avoir la Justice comme cliente, c’était du sûr… « 

    Sauf que depuis trois ans, les factures sont partiellement réglées. Au compte-gouttes. Jérôme Lucas revendique aujourd’hui une créance de 120.000 euros (le tribunal l’estime plutôt autour de 50.000 euros).

    Résultat :  » J’ai dû licencier mes deux salariés parce que je n’arrivais plus à les payer. Les assurances m’ont lâché donc je ne peux plus sortir mes camions. Je ne peux plus travailler. «  L’entreprise de Jérôme Lucas a été placée en redressement judiciaire le 9 juin par le tribunal de commerce de Toulon.

  • Économie, Écologie...

    Les Etats doivent pouvoir faire faillite !

    (…) Pour Weidmann, la BCE ne peut pas résoudre la crise !

    Jens Weidmann n’est pas n’importe qui puisqu’il s’agit du patron de la Banque centrale allemande surnommé la Buba. Il est également membre du conseil des gouverneurs de la BCE.

    Il a fait deux sorties forts passionnantes lors de son intervention devant les zéconomistes sérieux d’Aix en espérant que Mosco était encore là pour l’écouter car il semble avoir besoin de quelques cours de rattrapage intensif en économie, compte tenu de ses compétences et de son poste.

    La BCE n’est pas en mesure de résoudre la crise de la zone euro, elle « fait beaucoup » pour « absorber les conséquences économiques de la crise. » « Mais elle ne peut pas résoudre la crise. »

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    Il a parfaitement raison car la politique monétaire accommodante ou pas de la Banque centrale européenne ne pourra jamais apporter de réponse par nature politique (n’est pas Monsieur Moscovici) aux causes suivantes :

    – La mondialisation doit-elle se poursuivre avec ses cohortes de délocalisations, de fermetures d’usines, de destructions d’emplois, de diminution de notre capacité à produire des richesses donc de la croissance ?
    – La politique européenne de l’austérité pardon, de la « consolidation budgétaire » qui amplifie les récessions créant de la déflation dans les pays européens et in fine leur insolvabilité doit-elle être poursuivie ?
    – L’euro, une monnaie unique construite pour des raisons politiques et non pas d’efficacité économique, est-il une force pour les 17 économies hétérogènes de la zone euro ? La réponse est bien sûr que non et tout le monde le sait, alors comment sortir de cette impasse monétaire ?
    – Les monceaux de dettes accumulés ne pourront jamais être remboursés. Comment en sortir alors que les remboursements étouffent les peuples et des pays entiers sans aucun espoir de réussite au bout du chemin ?

    Et il ne s’agit là que des éléments les plus importants, mais cette liste n’est pas exhaustive. Il y a, par exemple, un autre point essentiel qui est la raréfaction des ressources et des matières premières.

    Alors non, les réponses à ces questions, nos politiques ne veulent pas les apporter car

  • Économie, Écologie...

    Les banques françaises présentent le plus important risque systémique en Europe !

    Par Philippe Herlin – Chercheur en finance / Contributeur pour Goldbroker.com

    Après des déficits publics à la dérive, dont nous avons parlé la semaine dernière, la France doit aussi s’inquiéter pour son secteur bancaire. En effet, selon Euromoney, d’après une étude du Center for Risk Management de Lausanne, les banques françaises présentent le plus important risque systémique en Europe !

    Logos of French banks Credit Agricole, left, societe Generale and BNP Paris are seen in Rennes, western France, Monday, Sept. 26, 2011. (AP Photo/David Vincent)

    Pour évaluer ce risque systémique, l’institut de Lausanne a mesuré le besoin en capital dont a besoin une banque s’il survient une crise financière mondiale. Cette crise est définie par une chute de 40% des indices boursiers mondiaux sur un semestre.

    Et c’est le Crédit Agricole qui arrive en première position, avec 86 milliards d’euros, suivi de la Deutsche Bank (82 milliards d’euros), Barclays (71 milliards d’euros), BNP Paribas (68 milliards d’euros). La Société Générale arrive en 6e position, Natixis et l’assureur AXA en 13e et 14e position. Et encore Dexia est-elle considérée comme une banque belge alors qu’en réalité la France intervient en garantie à hauteur de 45,5%. Au total, c’est 271 milliards d’euros qu’il faudrait apporter aux banques françaises dans une telle situation !

    Viennent ensuite le Royaume-Uni (206 milliards d’euros), l’Allemagne (135 milliards d’euros), l’Italie (90 milliards d’euros).

    Cette inquiétante première position s’explique notamment par l’effet de levier qui est en France le plus élevé d’Europe selon le Center for Risk Management de Lausanne avec un

  • Économie, Écologie...,  Politique

    Et si Chypre faisait faillite… Le scénario qui fait peur

    Chypre : J – 3 avant le chaos ? La mise en demeure de Nicosie par la Banque centrale européenne (BCE), jeudi 21 mars, qui menace de ne plus abreuver d’argent frais l’île, a déclenché le compte à rebours. Si aucun accord n’est trouvé d’ici au lundi 25 mars pour débloquer l’aide de ses partenaires européens et du Fonds monétaire international dont Chypre a cruellement besoin – 10 milliards d’euros -, l’institution de Francfort fermera le robinet des liquidités. Et condamnera ainsi les banques du pays de l’île méditerranéenne.

    Lire (éditions abonnés) :  Pour Berlin, Nicosie joue avec le feu

    Le scénario, hier écarté, d’une faillite du pays suivie de sa sortie de l’union monétaire, ressurgit. D’autant que l’option d’une aide russe a tourné court. Car, si les banques chypriotes étaient abandonnées à leur sort, l’Etat, aux abois, incapable de recapitaliser ces établissements à la taille disproportionnée (7,5 fois la richesse nationale), serait promis à la banqueroute.

    Déjà, le front de Jeroen Dijsselbloem, président de l’Eurogroupe, perle de sueurs froides. Chypre, a-t-il signifié jeudi, représente « un risque systémique ». Autrement dit, sa chute pourrait faire imploser tout le système financier de la zone euro.

    POUVOIR DE NUISANCE DÉMESURÉ

    Du « bluff », pensent certains. Le produit intérieur brut (PIB) de 17 milliards d’euros de l’île représente à peine le quart du chiffre d’affaires du distributeur Carrefour ! Certes, depuis la faillite de Lehman Brothers en 2008, les experts savent qu’un phénomène a priori contrôlable peut avoir un pouvoir de nuisance démesuré. Mais dans le cas de Chypre, les effets d’une contagion directe d’une faillite du pays semblent circonscrits.

    La dette publique avoisine 15 milliards d’euros. Or, les premiers détenteurs de cette créance, ceux qui assumeront les pertes potentielles, sont les Chypriotes eux-mêmes. Ils détiennent 53 % des titres d’emprunts qui s’échangent sur le marché. Parmi eux, les banques de l’île qui, par calcul ou patriotisme, ont acheté massivement des obligations d’Etat.

    Le reste : des non-résidents. Mais là encore, les pays de la zone euro semblent à l’abri. Alan Lemangnen, économiste chez Natixis, calcule que les banques allemandes détiennent « seulement » 60 millions d’euros de cette dette toxique, la France 90 millions et l’Italie 10 millions. En outre, la BCE n’a acheté aucun titre d’emprunt chypriote, signale Gilles Moëc chez Deutsche Bank.

    Reste le problème des banques. « L’élément déclencheur », selon M. Lemangnen. Si elles devaient être mises à terre, il faudra gérer leur passif impressionnant puisqu’à la fin de 2012 leurs bilans atteignaient 128 milliards d’euros, selon Natixis. Impossible pour l’Etat d’assumer une telle ardoise.

    EFFETS PSYCHOLOGIQUES

    Mais là encore, les grands perdants d’une banqueroute généralisée seraient les Chypriotes. Les établissements du pays ont peu de dettes, mais beaucoup de dépôts. C’est à leurs clients que les banques devront de l’argent en cas de catastrophe. Des Chypriotes, pour l’essentiel (43 milliards d’euros), et des étrangers – des Russes en grande partie – hors zone euro pour un peu plus de 20 milliards d’euros.

    La part des déposants d’autres pays de la zone euro – de l’ordre de 5 milliards d’euros – semble raisonnable. D’autant que les sommes sont réparties de sorte qu’aucun pays ne serait exagérément exposé. Même si la Grèce peut en souffrir. Quant aux investissements réalisés dans le pays, là encore, l’exposition d’acteurs européens ne fait pas bondir les experts.

    Voilà pour les chiffres. Reste les effets psychologiques. Sur ce point, personne n’est serein. Supposons que le pays soit emporté par la faillite de ses banques. Nicosie serait alors incapable d’honorer la garantie des dépôts jusqu’à 100 000 euros qui l’obligerait à débourser plus de 30 milliards d’euros. L’Europe viendrait-elle à son secours ? Pas sûr.

    De quoi jeter le trouble chez les détenteurs de comptes d’autres pays fragiles de l’union monétaire : au Portugal, en Grèce, en Espagne, en Italie… Et déclencher une panique bancaire, affoler les marchés, faire grimper en flèche les taux des emprunts d’Etat, précipiter les difficultés des banques par l’intermédiaire d’un « crédit crunch », une contraction du crédit délétère à l’économie…

    Un scénario catastrophe que les économistes d’Oxford Economics, à Londres, ont imaginé. Conclusion : le PIB de la zone euro chuterait de 3 % « au moins ». Certains pays, en sombrant dans la dépression, pourraient aussi subir une explosion sociale suivie d’un éclatement de la zone euro. Dans ce cas, la chute du PIB atteindrait 10 %.

    De la science-fiction, peut-être. Même si la BCE a encore les moyens d’inonder de liquidités la zone euro, le scénario a de quoi effrayer.

    Claire Gatinois