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    Michel Onfray – Marcel Gauchet : Macron est « le plein d’un vide »

    En exclusivité pour « l’Obs », les philosophes Marcel Gauchet et Michel Onfray décryptent les raisons du succès de l’ancien ministre de l’Economie. Non sans critiquer son pari risqué de cultiver l’ambiguïté.

    De quoi Emmanuel Macron est-il le nom ?

    Marcel Gauchet. Personne ne le sait, même pas lui. Emmanuel Macron est l’un de ces hommes politiques qui se nourrissent d’une situation, d’une conjoncture, bien plus qu’ils ne la créent. Macron est indéfinissable et se veut tel. […]

    Michel Onfray. Le futur d’Emmanuel Macron est à chercher dans son passé, qui est déjà presque un passif. […]

    Dans son discours de Lyon, le 4 février, Macron a fait de multiples références à nos grands hommes, notamment au général de Gaulle…

    Onfray. De Gaulle pensait que l’économie était au service de la politique. Chez Macron, c’est l’inverse.

    Gauchet. En l’état actuel des choses, Macron serait plutôt un Jean Lecanuet qui aurait coiffé le képi du Général.

    Emmanuel Macron peut-il continuer ainsi en ménageant tous les électorats ?

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    Aymeric Chauprade : « Rompre avec l’UE pour sauver l’Europe »

    Après Alain Lamassourre et avant Pervenche Berès, le candidat du Rassemblement Bleu Marine en IIe- de- France donne sa vision de l’Europe.

    Aymeric Chauprade, docteur en science politique est géopolitologue et tête de liste FN/RBM Ile-de-France et Français de l'étranger aux élections européennes du 25 mai.
    Aymeric Chauprade, docteur en science politique est géopolitologue et tête de liste FN/RBM Ile-de-France et Français de l’étranger aux élections européennes du 25 mai.

    Depuis quelques décennies, le projet européen s’enfonce résolument dans un déni mortifère, signe d’une crise de civilisation sans précédent. Pour éviter la dissolution de la France dans l’Europe, et de l’Europe dans l’utopie mondialiste, il est plus que jamais urgent de redonner aux peuples le pouvoir qui leur a été insidieusement confisqué. Une soif d’omnipotence pousse nos élites européennes à nier peu à peu toutes les éléments fondamentaux d’un monde authentiquement humain: la nation, la famille, la culture.

    La construction européenne a volontairement instrumentalisé les deux guerres mondiales, les tragédies du XXème siècle pour culpabiliser la nation en tant qu’entité politique et culturelle. Reposant sur une vision aussi partielle que subjective de l’histoire pour être à même de réduire la nation au nationalisme, cette culpabilisation n’a servi qu’à légitimer une construction européenne postnationale. Or, comme le rappelle magistralement Pierre Manent, la nation est la forme politique berceau de la démocratie moderne. Sortir de la nation, c’est abandonner la démocratie au profit d’un gouvernement oligarchique, gouverné davantage par les intérêts particuliers de puissants lobbies que par le bien commun. Les peuples européens, notamment le peuple français, ne croient plus en l’Union européenne démocratique. Ils identifient désormais clairement le stratagème stigmatisant toute volonté nationale comme symptôme de «populisme».

    Les institutions européennes sont aussi le foyer du démantèlement de l’ordre familial et du sens de la filiation, dont la pression sur les Parlements nationaux s’est encore vérifiée l’an dernier en France. Par une habile redéfinition du concept de «vie privée» et sous couvert d’un pseudo respect des minorités, le droit de la famille est chaque jour méthodiquement réécrit dans un esprit libertaire et nihiliste. «L’individu total» dont parle Marcel Gauchet est

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    La « règle d’or » attente à la souveraineté nationale

    Dans le projet d’accord européen du 9 décembre visant à constitutionnaliser l’équilibre budgétaire, il y a les premiers pas du projet d’Europe fédérale voulue par l’UMP, le PS, le Modem et les Verts. C’est l’amorce d’une France gérée par un pouvoir supra-national dont la mission consistera à nous déposséder de notre souveraineté budgétaire, la dernière qui nous reste. car non seulement nous nous apprêtons à voter pour un président marionnette, mais en plus nous devons nous préparer à élire des députés qui n’auront même plus le pouvoir de voter le budget de la Nation… Mais chut, faut pas le dire… les français pourraient mal voter.

    Dans un article en forme d’alerte, Bertrand Renouvin, souligne combien ce traité est dangereux et en profite pour épingler les deux candidats de la caste: le cynisme de Sarkozy qui refuse que ce nouveau traité fasse l’objet d’un référendum, mais aussi le double discours et la fourberie de François Hollande.

    Par Bertrand Renouvin, 13 février 2012

    Marcel Gauchet rappelle que la démocratie ne se définit pas seulement par l’existence des libertés publiques : « …la démocratie, c’est le pouvoir du peuple en termes modernes la souveraineté du peuple, la souveraineté de la nation ».

    Ce principe doit être immédiatement appliqué pour trancher une question qui porte sur les conditions de la souveraineté nationale, telle qu’elle s’exerce par nos représentants élus. Le Conseil européen du 9 décembre 2011 a décidé de mettre en place une nouvelle règle budgétaire aux termes de laquelle « les budgets des administrations publiques sont à l’équilibre ou en excédent… ». Cette règle devra être inscrite dans les constitutions des Etats membres, qui seront soumis à un « mécanisme de correction automatique », établi par la Commission et le Conseil européen selon un « programme de partenariat économique détaillant les réformes structurelles nécessaires pour assurer une correction véritablement durable des déficits excessifs ».

    Il faut apprendre par cœur ces morceaux de langue de bois car les décisions prises en décembre vont avoir des conséquences très concrètes sur nos institutions, sur l’économie nationale et sur les conditions d’existence des habitants de notre pays.

    Si le principe de l’équilibre budgétaire est inscrit dans notre Constitution, le Parlement sera dépossédé du pouvoir, historiquement premier et fondamental, qui consiste, pour chaque représentant de la nation, à voter chaque année la loi de finances. L’article 27 établi que ce vote est personnel et libre puisque « tout mandat impératif est nul ». Dans le projet d’accord européen, les députés et les sénateurs devront obéir aux règles imposées par un organisme – la Commission européenne – qui est extérieur aux institutions françaises et non-élu. L’attentat perpétré contre la souveraineté nationale est évident.

    Dans le projet d’accord européen, le stupide accompagne l’odieux : la « règle d’or » est en elle-même facteur de récession ou de dépression économique,

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