Économie, Écologie...

Florange: «On nous a menti tout au long» (Maj réactions politiques)

Florange : un compromis a minima

L’État écarte la nationalisation. Mais les hauts-fourneaux d’ArcelorMittal restent fermés.

«Le gouvernement a écarté l’hypothèse d’une nationalisation transitoire au vu des engagements obtenus du groupe ArcelorMittal.» Jean-Marc Ayrault a par cette phrase mis fin, vendredi soir à 21 heures, au bras de fer qui a opposé pendant deux mois l’État et le sidérurgiste.

Les deux parties ont en effet abouti à un compromis en trois volets. Les deux hauts-fourneaux de Florange, devenus les symboles de ce conflit social et dont ArcelorMittal avait annoncé la fermeture définitive fin septembre, ne redémarreront pas «à court terme, du fait de la faible activité en Europe», a expliqué le premier ministre. Le groupe s’est engagé à les maintenir «sous cocon», de façon à pouvoir les utiliser «le moment venu» pour la réalisation du projet Ulcos. Un projet que Jean-Marc Ayrault veut croire d’avenir, mais qui reste pour l’heure hypothétique.

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Florange: « pas de plan d’ensemble » (FN)

Marine Le Pen a regretté   l’absence d‘ »un plan d’ensemble en faveur de la sidérurgie française », après le compromis trouvé pour le site de Florange par le premier ministre Jean-Marc Ayrault avec ArcelorMittal. « Le gouvernement n’a pas trouvé de solution de fond pour Florange et l’acier français », écrit la présidente du Front national dans un communiqué.

« Nous avions prévenu : la nationalisation temporaire n’était qu’un slogan, qui ne pouvait pas aboutir en l’état en raison de notre soumission à l’Union européenne. Mittal le sait et c’est pour cette raison qu’il n’a rien concédé sur Florange », poursuit-elle.

Marine Le Pen « regrette que le gouvernement n’ait pas profité de cette nouvelle crise de l’acier lorrain pour définir un plan d’ensemble en faveur de la sidérurgie française ». La relance ne viendra selon elle que « de la mise en place d’un véritable patriotisme économique ».

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À droite, on se délecte. Sur Twitter l’ancienne ministre Nadine Morano s’interroge: «Montebourg a annoncé un repreneur fantôme à l’Assemblée nationale, quelle crédibilité a-t-il devant les syndicats?».

Jean-François Copé a déploré «des revirements très inquiétants qui donnent le sentiment d’une forme d’improvisation au sommet de l’Etat». «Florange rappelle avec gravité à François Hollande que notre industrie a besoin de réformes de structures», prévient le président contesté de l’UMP. «Ce ne sont pas les coups de menton de certains ministres qui ont conduit à cet accord. Cette technique de matamore ne constitue pas une politique industrielle cohérente. Au contraire, elle met en danger les nombreux sites industriels partout sur le territoire», conclut-il.

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Montebourg fragilisé sur le dossier Florange

Selon Matignon, «il n’y avait pas de repreneur crédible et ferme», pour le site. Des propos qui contredisent ceux tenus par Arnaud Montebourg. A droite comme à gauche, on s’interroge sur cette divergence.

Accueilli fraîchement par les syndicats, le compromis du gouvernement et d’ArcellorMittal sur Florange fragilise le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, chantre de la nationalisation. Quelques heures après l’annonce d’une solution, Matignon a désavoué à demi-mot son ministre. Selon Matignon, «il n’y avait pas de repreneur crédible avec une offre ferme et un plan de financement bouclé», pour le site. Ces propos contredisent ceux tenus mercredi par Arnaud Montebourg à l’Assemblée. Le ministre avait évoqué un repreneur prêt à investir 400 millions d’euros. En outre, la piste de la nationalisation transitoire, défendue par Montebourg, était «juridiquement hasardeuse et économiquement instable», justifie-t-on à Matignon. Le ministre du Redressement productif «s’est beaucoup battu sur ce dossier», ajoute-t-on de même source. «Il le fait avec sa fougue habituelle, avec son cœur. Il était sans doute persuadé que c’était la meilleure solution», a-t-on avancé.

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Florange: «On nous a menti tout au long»

Edouard Martin, responsable CFDT d’ArcelorMittal à Florange, a accusé samedi le gouvernement d’avoir «menti tout au long» des discussions sur l’avenir de Florange, ajoutant qu’aux salariés il avait «fait croire que la nationalisation était acquise».

 «Jusqu’à la dernière minute quasiment, on nous a fait croire que la nationalisation temporaire était acquise. On n’a pas compris du tout ce pataquès de dernière seconde où Jean-Marc Ayrault a annoncé une piste qui n’avait jamais été jamais évoquée», a-t-il dit sur RTL.

M. Martin s’est demandé «si à un seul moment le Premier ministre a cru à l’hypothèse de la nationalisation». «On aurait aimé qu’on arrête de nous rouler dans la farine (…). J’ai l’impression qu’on nous a menti tout au long», a-t-il dit.

Pour le responsable syndical, «si le patron n’était pas Mittal on aurait pu crier quasiment victoire» mais, a-t-il ajouté, Lakshmi Mittal «n’a jamais respecté les engagements qu’il a pris».

Il a exprimé la crainte que «pour le gouvernement le dossier soit bouclé et la page tournée, et que (les salariés de Florange) soient oubliés».

 

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(AFP)