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Florange : un accord en trompe-l’oeil ? (RTL)

C’était l’une des hypothèses redoutées par les syndicats : Mittal ne consacrera que 53 millions d’euros dans les investissements stratégiques sur le site de Florange. C’est ce qui est écrit noir sur blanc dans l’accord que le gouvernement a conclu avec le groupe sidérurgique vendredi, accord révélé par le journal Le Monde mardi. Cette somme représente un tiers seulement de la somme totale (180 millions d’euros) que Mittal a promis d’investir. Comment l’expliquer ? Y a-t-il d’autres « loups » cachés dans l’accord ?

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Les 127 millions restants correspondent à des dépenses courantes

Moins d’un tiers des 180 millions d’euros sur cinq ans annoncés vendredi pour Florange concernera donc des investissements stratégiques, selon le document obtenu par Le Monde. Le reste, Mittal peut donc l’investir dans n’importe quel autre secteur sur le site. C’était ce que les syndicats craignaient, car le reste de la somme peut correspondre à ce que Mittal investit déjà en temps normal, normalement pour l’entretien du site.

Le Monde explique que les 127 millions restants correspondent en effet au « flux d’investissements courants, les investissements de pérennité, santé, sécurité et progrès continu, et la maintenance exceptionnelle », et souligne le caractère « fourre-tout » de l’accord.

Point positif, les 180 millions d’euros d’investissements seront « réalisés de manière inconditionnelle », toujours selon le journal.

La bouée de sauvetage Ulcos n’est pas prête de voir le jour

Concernant le volet social, les 629 salariés des hauts fourneaux seront reclassés sur la base du volontariat. Une confirmation également, le site de Basse-Indre, en Loire-Atlantique, sera préservé et ses effectifs ne seront pas réduits. Cette usine est située sur le fief électoral du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, soupçonné d’avoir privilégié ses terres. Une accusation qui ne tient pas la route au vu du texte, car il y est précisé qu’il y aura un transfert d’activités (de l’emballage) de ce site vers Florange. Enfin, les hauts-fourneaux de Dunkerque, qui devaient rester ouverts, vont cesser leur activité.

La bouée de sauvetage du gouvernement, le projet de captage et stockage de CO² Ulcos, qui doit remplacer l’activité actuelle et assurer à terme la survie du site, est bien selon le texte « un projet important pour développer de nouvelles solutions mieux adaptées aux enjeux du changement climatique ». Mais les conditions d’élaboration de ce projet restent très floues. Le texte se contente d’expliquer que le groupe « va proposer (…) de continuer à travailler sur le projet de recherche et de validation technologique, en s’appuyant notamment sur l’expertise du centre R&D de Maizières-lès-Metz » (Moselle). « L’état actuel des résultats de la recherche ne permet pas de passer directement sur le démonstrateur industriel de Florange », ajoute le document, qui ne fait pas preuve d’optimisme sur le sujet.

A court terme, l’accord confirme « la mise sous cocon » des installations de la phase à chaud (production d’acier brut, qui comprend les hauts-fourneaux), des installations qui seront arrêtées « en toute sécurité à l’issue de la procédure légale », mais qui doivent en attendant être entretenus et maintenus en marche. ArcelorMittal ne démontera pas les hauts-fourneaux avant six ans.

RTL