Politique

Le Front national ne redoute pas un retour de Sarkozy

Le vice-président du FN, Florian Philippot, juge Nicolas Sarkozy « très usé politiquement » dans l’hypothèse d’un retour pour la présidentielle.

 La question d’un éventuel retour de Nicolas Sarkozy sur la scène politique n’alarme pas le Front national, qui laisse entendre qu’au contraire, cela serait pour lui un scénario «idéal» tant sa candidature «affaiblirait» la droite. Marine Le Pen, la présidente du FN, a souvent répété qu’elle ne pouvait pas croire à une telle hypothèse car, selon elle, l’ancien président, qualifié d’«homme du passé», ne parviendra pas à se débarrasser du boulet des «affaires» avant 2017.

Pour le vice-président du FN Florian Philippot, l’éventuel adversaire de la présidentielle est un «personnage largement disqualifié dans l’opinion publique». Selon lui, l’ex-président serait aussi «très usé politiquement» à cause de ses «promesses non tenues».

La récente rencontre entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, évoquée par Le Parisien, ne semble pas effrayer davantage le parti frontiste. Au FN, on imagine qu’une telle alliance «contre nature» entre les ennemis d’hier passera mal dans l’opinion publique. «Les gens n’ont pas oublié les crocs de boucher. Tout cela sonne très faux, très cynique, estime Philippot. Mais si en plus Villepin place le retour de Sarkozy comme un rempart contre nous, c’est encore meilleur pour le FN puisque cela l’installe d’emblée au centre des enjeux.»

Le vice-président du FN pense aussi que la «valse-hésitation» de Nicolas Sarkozy compliquera les choses pour l’ancien président, qu’il juge «très affaibli» et «sans boussole» depuis qu’il s’est «éloigné» de son conseiller Patrick Buisson. Pour Philippot, Sarkozy «hésite» entre un retour au centre et un retour ultralibéral. «Ce qui était probablement une stratégie de communication s’est transformé en motif d’agacement profond, jusque dans son camp», juge le cadre frontiste, pour qui la candidature de Sarkozy serait
même un signe: «Si l’UMP n’a qu’un candidat comme lui à proposer pour 2017, alourdi par le poids des casseroles et d’affaires qui vont traîner, cela démontre que ce parti est au plus mal car Nicolas Sarkozy est non seulement l’homme du passé, mais aussi celui du passif», attaque-t-il.

À la lumière du sondage Ifop réalisé le 31 juillet pour l’hebdomadaire Marianne et plaçant, pour la première fois, Marine Le Pen en tête de la présidentielle avec 26 % des voix (1 point devant Nicolas Sarkozy), Florian Philippot confie enfin: «Pour nous, c’est donc un bon candidat car tout ce qui peut affaiblir le camp d’en face est une bonne chose.»

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