Économie, Écologie...

Guerre des monnaies : Les emprunts d’entreprises étrangères en yuan explosent

L’euro termine l’année 2012 au plus haut. Il est à 1, 32 alors qu’en début d’année il était à 1,29. Quand on sait qu’un euro fort est handicapant pour la France, on peut se poser des questions sur l’optimisme de François Hollande. Est-il fou ou incompétent ?. Quels sont les intérêts qu’il défend ? Ceux de la France ou ceux des banques ?
En ce qui concerne les Etats-Unis et les Chinois, la guerre des monnaies reprend de plus belle. Pris dans le carcan de l’euro, on ne voit pas comment la France et une partie des pays européens vont pouvoir rivaliser….
– – – – – – – – – – –
Pékin, qui multiplie les accords commerciaux avec l’étranger, encourage un nombre croissant de pays à facturer leurs échanges en yuan plutôt qu’en dollars.

Les «dim sum bonds» ont le vent en poupe. Ces obligations émises à Hongkong, libellées en renminbi, l’autre appellation du yuan, et non pas en dollar, tiennent leur nom du plat cantonnais typique de la région. Et elles explosent.

Selon la banque HSBC leur volume pourrait passer à l’étranger de 263 milliards de yuan (31,9 milliards d’euros) pour les 11 premiers mois de 2012 à 360 milliards de yuan (43,6 milliards d’euros) en 2013.

Le nouveau numéro un chinois Xi Jinping, qui doit succéder en mars prochain à Hu Jintao, s’est engagé à «libéraliser le fonctionnement des marchés chinois et à augmenter les investissements à l’étranger», tout en poussant la consommation intérieure, afin de doubler le PIB (produit intérieur brut) du pays d’ici 2020.

Un objectif ambitieux quand on sait que la croissance de la Chine vient de subir sept trimestres consécutifs de ralentissement qui l’ont ramenée à 7,4 % au troisième trimestre de cette année, sa plus mauvaise performance depuis 2009. Mais Pékin compte sur sa monnaie pour y parvenir.

Le yuan n’est pas convertible, mais encadré par le gouvernement qui en fixe chaque jour les marges de fluctuation. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’Europe et les États-Unis accusent le pays de volontairement sous évaluer sa monnaie afin d’aider de manière déloyale ses exportateurs.

Statut et pouvoir

Mais il existe aussi un yuan «offshore» destiné aux étrangers, devise parallèle mais officielle, qui a fait le succès des «dim sum bonds» à Hongkong. Elle permet à la Chine de se frotter aux marchés monétaires étrangers tout en se gardant le privilège de décider à son heure de la convertibilité totale du renminbi.

La manœuvre est habile. Pékin, qui multiplie les accords commerciaux avec l’étranger, encourage un nombre croissant de pays à facturer leurs échanges en yuan plutôt qu’en dollars. Les entreprises l’ont bien compris qui commencent à se constituer partout dans le monde des réserves. De même que les banques centrales.

La Chine passe de plus en plus d’accords de crédit réciproque, avec le Brésil, la Corée du Sud, Singapour, la Malaisie… Elle a commencé l’été dernier à commercer directement en yuan avec la Japon alors que jusqu’à présent 60 % de leurs échanges s’effectuaient en dollar.

Selon la Deutsche Bank, 860 milliards de yuan (104,2 milliards) dorment dans les coffres des banques du monde entier, chiffre qui pourrait passer à 1250 milliards de yuan l’an prochain. Et chaque fois en promouvant sa monnaie, la Chine renforce son statut et son pouvoir dans le monde.

LIRE AUSSI:

» Chine: le yuan au plus haut depuis 19 ans