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Guilluy, Tribalat, Zemmour : cachez ces intellectuels que je ne saurais voir !

Le dernier livre d’Eric Zemmour, le Suicide français, a suscité de nombreuses controverses. Pour André Bercoff, le polémiste rejoint ainsi la longue liste des intellectuels mis au ban de la société pour leurs idées controversées.

Il n’y a plus, heureusement, en douce France, d’intellectuels maudits. La marge a rejoint la page. Certes, pendant plus de trente ans, ceux qui osaient avancer que l’immigration n’était pas toujours une bénédiction pour notre pays, que le racisme pouvait être, parfois, anti-blanc, que les violences et les incivilités au quotidien ne relevaient pas forcément d’un fantasme lepéniste ou d’une résurgence des factions d’extrême-droite, se voyaient immédiatement interdits d’antenne et de papier. Aujourd’hui, Eric Zemmour peut se répandre dans tous les médias pour porter ses arguments, ainsi que d’autres esprits atypiques, comme le regretté Philippe Muray, qui doit son heureuse résurrection au talent de Fabrice Luchini et à la fidélité d’une Elisabeth Lévy. Il n’empêche: la pilule passe mal. Des associations antiracistes traditionnelles réclament au CSA l’arrêt de la parole zemmourienne sur les ondes et les écrans, parole assimilée, par le mal qu’elle répand, à Ebola et à Fukushima réunis.

On peut aimer ou détester Zemmour, trouver – c’est mon cas – qu’il ne fait pas toujours la part entre l’excessif et l’insignifiant. Il n’empêche: tous ceux qui secouent le cocotier et rappellent quelques vérités d’évidence, ont autant le droit de s’exprimer que les dizaines de porte-parole de la pensée dominante qui eurent le monopole de la transmission pendant des décennies.

L’idéologie boboïste du camp du Bien tient en effet table ouverte et richement dotée depuis les années 80, sans que personne ne proteste vraiment. Mais il suffit que, depuis quatre ou cinq ans, des écrivains, des journalistes, des géographes, des démographes sortent des sentiers battus et de la Pravda des idées reçues pour qu’ils soient tout de suite marqués du sceau de l’infamie. C’est Olivier Pétré-Grenouillot qui ose rappeler qu’il y eut non pas une, mais plusieurs traites négrières. C’est Michèle Tribalat qui montre d’éclatante façon l’échec patent – et lourd de conséquences – de l’assimilation. C’est Hugues Lagrange qui se fait taper dessus pour avoir eu l’insolence de prendre en compte le poids des ethnies et des cultures traditionnelles dans le comportement des immigrés de la troisième et quatrième génération. C’est Christophe Guilluy qui montre comment gauche et droite ont sacrifié les classes populaires de ce pays. Sans parler du maudit Renaud Camus qui est allé jusqu’à évoquer un Grand Remplacement. Il n’a certes pas été pendu à un croc de boucher, mais totalement interdit d’antenne et d’écho. Question de salubrité publique. Et voilà qu’un petit mec vif et sautillant contourne le mur des interdictions et se fait entendre un peu partout. Pire: son livre est un best-seller immédiat. Un Trierweiler du politiquement incorrect. C’en est trop. Des journaux sonnent le tocsin contre l’offensive de la France rance, du pétainisme transcendantal et du racisme sans frontière, pendant que d’autres n’hésitent pas à confondre Zemmour et, pour faire bonne mesure, Finkielkraut, avec Dieudonné et Soral. Excusez du peu.

Peut-on rappeler à ces braves thuriféraires de l’angélisme à sens unique et du sectarisme à deux poids deux mesures, qu’il existe une petite chose fragile qui s’appelle la liberté d’expression et que celle-ci est en ce moment dépecée dans diverses parties du monde, sous le regard hébété des pacifistes? Il serait bon, avant de perdre temps et énergie dans un étiquetage ridicule, de s’en souvenir.

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