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Ivan Rioufol envisage « l’union des droites pour éviter l’échec » (Le Figaro)

Ivan Rioufol

Les sondages s’affolent, comme un sismographe devant l’imminence d’un tremblement de terre. Celui que publie Le Figaro, ce lundi, donne 27% des intentions de vote au premier tour à Marine Le Pen, contre 25% à Emmanuel Macron et 20% à François Fillon. Ces chiffres bougeront encore, tant la présidentielle est imprévisible. Personnellement, je ne crois pas à la solidité du phénomène Macron, que je persiste à voir comme un produit de com’ archaïque et creux. Le soutien que le leader d’En Marche ! a d’ailleurs reçu, ce week-end, de Daniel Cohn-Bendit, 71 ans, – après ceux d’Alain Minc, Pierre Bergé, Jacques Attali, François Bayrou, etc. – confirme l’enracinement de son mouvement dans les vieilles idées post-soixante-huitardes, rejetées par une réaction de fond. Macron est le candidat présentable de ce monde ancien, celui du cheap et du faux, qui entend vendre chèrement sa peau. La propagande officielle qui le porte est celle des relativistes qui veulent poursuivre et accélérer l’effacement de la nation et de sa culture au profit d’un société ouverte et multiculturaliste. « Macron séduit non pas par le fond de ses convictions qui ne sont que la reproduction d’une histoire souvent aux abois mais par le mirage de fraîcheur qu’il suscite », analyse Arnaud Benedetti, spécialiste en communication (1). En fait, le gentil Macron se propose bel et bien de larguer la France millénaire au nom d’une modernité irréfléchie. Sa vision de la société post-nationale s’oppose à ceux qui estiment urgent, au contraire, de mettre un frein à ce suicide identitaire, perçu comme tel par de très nombreux électeurs affolés par la légèreté des « élites ».

Reste que l’affaiblissement de Fillon, s’il devait se confirmer, oblige les droites à examiner dès à présent l’hypothèse interdite de leur rapprochement. La question qu’elles ont à se poser est : de quoi nous ne voulons plus? Et a réponse est : … de tous ces gens qui veulent brader la France. Les Républicains et le FN ont un même adversaire en la personne de Macron, faux nez de la gauche en déroute. Si ce dernier devait affronter Marine le Pen au second tour, beaucoup d’électeurs LR reporteraient leurs voix sur le FN, en dépit de son programme économique. Mais cet apport serait probablement insuffisant sans des ralliements de personnalités capables d’enrichir, de rééquilibrer, de tempérer un futur gouvernement. Je vois bien ce que cette éventualité a pour l’instant d’improbable, même si Marine Le Pen a lancé ce matin, au Mont Saint Michel, un « appel à l’unité des Français ». Mais il s’agit de savoir ce que l’on veut : une nation normalement souveraine, ou une auberge espagnole. J’observe que Fillon est notamment venu hier au secours de la présidente du FN, dont la venue à Nantes a été le prétexte aux violences fascistes de l’extrême gauche : le candidat a en effet dénoncé un climat de « quasi-guerre civile ». Ce lundi dans Le Figaro, Laurent Wauquiez, vice-président de LR, défend des valeurs que ne renierait pas le FN : « Le travail, l’effort, l’identité de notre pays, le refus du communautarisme ». Wauquiez voit Macron comme quelqu’un « qui n’aime pas notre histoire (…). Il n’aime pas notre identité (…) Il n’aime pas la famille, il n’aime pas la nation. Une victoire de Macron serait un hold-up ». En cas de duel Macron-Le Pen, Wauquiez oserait-t-il rallier Le Pen ?…

 

Le Figaro