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La France devra justifier sérieusement son dérapage budgétaire, prévient l’Eurogroupe

Le président de l’Eurogroupe, Jeoren Dijsselbloem, a indiqué que la France « devra donner une sacrée bonne raison » pour obtenir un délai d’un an pour ramener son déficit sous les 3 % du PIB.

C’est une douche froide pour Bercy. Alors que le ministère des Finances prenait pour acquis un accord des instances européennes pour obtenir un délai d’un an, soit en 2014, pour ramener son déficit budgétaire en dessous de 3 % du PIB, le président de l’Eurogroupe, Jeoren Dijsselbloem, a clairement indiqué que ce sursis n’allait pas de soi.

« La France, comme n’importe quel pays, sera jugée sur ces critères : que fait-elle de plus pour atteindre ses objectifs l’année prochaine, que fait-elle en termes de réformes structurelles ? »,

a-t-il déclaré lors d’une audition au Parlement européen.

«  Si un pays (…) ne peut pas atteindre l’objectif de 3% » en 2013, « il devra donner une sacrée bonne raison », a-t-il dit…« Dans des circonstances exceptionnelles », un pays de la zone euro peut obtenir une année supplémentaire pour passer sous la barre des 3% de déficit, a encore précisé Jeoren Dijsselbloem, par ailleurs ministre des Finances néerlandais.

Le 22 février dernier, la Commission européenne avait estimé que, faute de croissance, le déficit public de la France s’établirait à 3,7% fin 2013, loin de l’objectif des 3% imposé par Bruxelles , et serait encore plus important en 2014, à 3,9%. La Commission s’était dit prête à accorder un délai d’un an à la France, soit en 2014, pour qu’elle le ramène « nettement en dessous de 3% », et avait demandé à Paris des efforts dès cette année.

La déclaration de Jeoren Dijsselbloem représente in coup dur supplémentaire pour le ministre des Finances, Pierre Moscovici, qui vient déjà de perdre son ministre du Budget, Jérôme Cahuzac .

Pour obtenir un sursis de la Commission, Bercy doit présenter d’ici à mi-avril des engagements concrets dans le cadre de son programme de stabilité budgétaire actualisé.

Outre les efforts déjà annoncés par l’exécutif, mais non renseignés par des mesures précises (6 milliards d’euros de hausses d’impôt nécessaires pour compenser de moindres recettes en 2014, 5 milliards d’économies supplémentaires à trouver dans le budget de l’Etat, etc.),

Bercy cherche au bas mot 10 milliards d’euros.

Les Echos