La France mal classée en matière de corruption

Selon le rapport annuel de l’ONG Transparency International, l’Hexagone se situe seulement au 22e rang mondial et au 9e rang européen des États perçus comme les moins corrompus. Entreprises, système judiciaire et classe politique sont pointés du doigt.

Pas de quoi pavoiser. La France arrive seulement au 22e rang mondial – encore moins brillant, au 9e rang européen – des États les moins corrompus, selon le nouveau rapport annuel de Transparency International qui étudie 174 pays. Les meilleurs élèves se situent en Europe du Nord – Danemark, Finlande et Suède – suivis des Pays-Bas, de l’Autriche, de l’Allemagne, de la Belgique et du Royaume-Uni. Les partis politiques arrivent en tête des institutions jugées les plus corrompues.

La corruption prend de multiples formes, détaille l’ONG, qu’il s’agisse de marchés publics truqués, d’emplois fictifs, d’abus de pouvoir dans la fonction publique, de corruption d’agents publics, d’abus de biens sociaux, de prises illégales d’intérêt, de versement de pots de vin… Transparency cite ainsi cet ancien président de la Polynésie française – en l’occurence, Gaston Flosse – condamné pour avoir mis en place un vaste système d’emplois fictifs entre 1995 et 2004, pour un préjudice total se chiffrant en dizaines de millions d’euros. Autre exemple significatif, le groupe Safran a été condamné, en septembre, pour corruption active d’agents publics étrangers. Il est reproché à l’entreprise, qui a fait appel, d’avoir versé 380 000 euros de pots de vin pour obtenir un contrat de 171 millions d’euros.

Coût de la corruption en Europe, 120 milliards d’euros

La perception négative de la France dans les milieux d’affaires est confirmée par les rapports critiques des organisations internationales. L’OCDE et le Conseil de l’Europe pointent «le manque d’indépendance de la justice financière ainsi qu’une législation inadaptée à une poursuite et une sanction efficaces des cas de corruption», rappelle Transparency. L’ONG, s’appuyant sur un autre rapport commandé par l’Union européenne, qui compare 25 pays, cible aussi la classe politique – notamment l’exécutif et le Parlement – comme le maillon faible du système d’intégrité française. L’organisation souligne aussi la faible implication des institutions françaises dans la lutte contre la corruption, mis à part la Cour des comptes et les organes de contrôle des élections.

L’ONG lance une grande campagne de communication afin d’alerter sur les coûts de la corruption, son effet négatif sur les finances publiques et la confiance des citoyens et l’urgence à lancer un plan d’action nationale. La Commission européenne évalue la corruption en Europe à 1% du PIB, soit 120 milliards d’euros.

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