Politique

La grenouille Mélenchon veut se faire aussi grosse que le bœuf Philippot

Cette fois ça y est : la campagne électorale pour 2017 est lancée avec pour mot d’ordre principal de démolir par tous les moyens le Front national. Les observateurs attentifs de la vie publique auront noté que toutes les occasions sont actuellement bonnes pour essayer de dénigrer, accrocher, stigmatiser le FN. Tout le monde se jette dans l’anathème, de la classe politique aux médias en passant par les intellectuels à l’esprit embué, faute d’arguments sur le fond à opposer au diagnostic développé depuis longtemps par le FN et aux solutions proposées. Cette démolition a déjà commencé avec la prise à partie et parfois la mise à l’écart des intellectuels ayant osé penser autrement (Éric Zemmour, Philippe Tesson, Michel Onfray, Robert Ménard, Emmanuel Todd, etc.), et cela durera et s’accentuera jusqu’à l’élection présidentielle, n’en doutons pas.

Déjà en 2012, Marine le Pen avait été insultée par Nicolas Bedos, mal élevé et digne fils de son père, ainsi que par Jean-Luc Mélenchon, la traitant de « mal absolu ». En 2013, un élu local du Front de gauche avait appelé à « briser les os de la truie », c’est dire le niveau du débat politique dans ce parti. Le Front de gauche emboîte aujourd’hui le pas général par une déclaration, comme d’habitude provocatrice, de son président.

Cette fois-ci, c’est Florian Philippot qui attire les foudres du trotskiste Mélenchon, mais aussi de Jean-Marie Le Pen. Pour ce dernier, ce qui n’est pas en soi étonnant, reprocher à Florian Philippot de placer ses « mignons » relève du psychodrame interne aux instances dirigeantes du FN, en passe d’être résolu. Pour le président du Front de gauche, il s’agit de tout autre chose. Féliciter Florian Philippot de nous avoir débarrassés du « vieux fasciste » Jean-Marie Le Pen est une tentative maladroite de déstabilisation qui n’atteindra pas son but, car plus personne n’est dupe de l’emploi du terme « fasciste » à tort et à travers, en dehors de son contexte historique.

L’accuser de lui « voler » son programme est, par contre, une posture politique de la dernière chance car si les deux partis politiques sont sur des positions proches concernant la critique des élites, la souveraineté des peuples sur l’Union européenne, les méfaits de la mondialisation, le Front de gauche représente 6 % d’électeurs alors que le FN est proche des 30 %. La différence s’explique donc principalement par les positions au sujet de l’immigration, de la sécurité et de l’islamisation, ce que l’idéologie de Mélenchon ne lui permet pas de conceptualiser. Il lui faut donc aller manger de l’herbe sur les verts pâturages du FN.

Or, Florian Philippot représente, pour lui, un de ceux qui ont contribué à développer, orienter, diversifier et moderniser les idées du FN, sans s’appeler Le Pen et sans faire éclater le parti. Il est donc une cible privilégiée. Continuez, M. Philippot, vous êtes sur la bonne voie, mais plus on s’approchera de l’échéance et plus il faudra avoir les épaules larges et être dur aux coups. Dans le même ordre d’idées, Marion Maréchal-Le Pen, qui représente la force vive du renouveau du FN, ne manquera pas de subir les mêmes dénigrements et prises à partie, comme ce fut déjà le cas dans un récent magazine – « Complément d’enquête » sur France 2.

Soyons en sûrs, plus le score du FN montera dans les sondages, plus ce sera dur. Tous les coups seront permis, y compris en se servant de la nouvelle loi sur le renseignement, afin de surveiller étroitement ses dirigeants en essayant de leur trouver « quelque chose ». C’est une posture de combat, morale et psychologique, à laquelle le Front national doit se préparer.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, bomber le torse ne suffira pas et il devra se souvenir que dans la fable de monsieur de La Fontaine, la chétive pécore s’enfla si bien qu’elle creva ! C’est probablement ce qui attend le Front de gauche et ses alliés d’EELV lors des prochaines échéances électorales.