Politique

la loi Duflot sur l’encadrement des loyers va entraîner un effondrement des locations.

lu sur l’opinion

Le poisson d’avril de Mme Duflot

Madame Duflot est née un 1er  avril. Merveilleuse date pour célébrer un destin teinté d’humour et de joyeuses farces. Le projet de loi pour l’Accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR) en a, au-delà de l’acronyme, toute l’allure. Car ce texte, en apparence très généreux et particulièrement protecteur des locataires, recevrait tous les Molière au festival du rire des économistes et des personnes dotées du plus simple « bon sens ». Hélas, nous ne sommes pas dans l’univers béni de la littérature ou du théâtre mais bien dans la vraie vie, et ce sont, comme toujours, les plus fragiles qui risquent d’en pâtir.
Prenez la Garantie universelle des loyers (GUL). Ce que l’on ne voit pas, comme disait Bastiat, c’est le signal adressé au locataire à qui l’on dit tout bonnement qu’il pourra beaucoup plus facilement qu’auparavant ne pas payer son loyer ! Que feriez-vous à sa place ? Demandez-vous aussi ce que vous feriez si vous étiez propriétaire : soit vous ne louez plus, soit vous ne louez qu’à des personnes triées sur le volet. Car le risque d’impayé devient trop grand, et nul ne sait quelle lourdeur administrative et quels arguments l’on vous retournera quand vous solliciterez la GUL (on comprend qu’ils aient préféré le mot « garantie » au mot « caution »). Et je n’aborde même pas son mode de financement, qui ne peut être, dans un Etat en faillite, qu’une nouvelle taxe !
Quant à l’encadrement des loyers, il va entraîner un effondrement insoupçonnable de l’offre de logements à louer. La rentabilité de l’investissement locatif ne cessant de se réduire (taxation, atteinte à la liberté des prix, etc.) et de se complexifier (la fixation du loyer médian va impliquer des usines à gaz et des dizaines de fonctionnaires concepteurs puis contrôleurs), l’individu – qui est rationnel – lui préférera un placement plus sécurisé, plus libre et plus lucratif. Comment lui en vouloir ? A force de contraindre le propriétaire, on le fait fuir. Mais ce n’est pas lui qui souffrira le plus, mais bien le futur locataire, que la ministre se targue de protéger.
Car avec moins de logements disponibles à la location et une sélection nécessairement plus forte à l’entrée en location, seuls ceux munis d’un dossier « en béton » pourront se loger. Les précédents français de 1914 et de 1948, qui ont eu des conséquences désastreuses sur la qualité, la disponibilité et le prix des logements, devraient faire reculer la ministre. A-t-elle conscience que la fameuse loi de 1948 a engendré le fameux hiver 1954 et l’Abbé Pierre ?

En Suède, la pénurie de logements est devenue insoutenable depuis que les loyers sont contrôlés. L’économiste suédois Assar Lindbeck, un homme de gauche, a d’ailleurs trouvé la meilleure formule pour résumer ce qui est en train de se tramer au parlement : « Le contrôle des loyers est le moyen le plus efficace pour détruire une ville, avec le bombardement. »

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