Économie, Écologie...

La ruée vers les pièces d’or se poursuit

Partout dans le monde, les ateliers de fabrication tournent à plein régime. Le plongeon des cours de l’or stimule la demande.

Jamais les pièces d’or n’ont été frappées à un tel rythme dans le monde. Et pourtant, des Etats-Unis à l’Australie en passant par l’Autriche ou la Turquie, les Monnaies nationales ont du mal à répondre à l’appétit des investisseurs pour le métal physique.

En Grande-Bretagne, la Monnaie royale est ainsi restée à court de pièces pendant plusieurs jours en début d’année, incapable de satisfaire ce qu’elle a qualifié de « demande exceptionnelle » pour le 2014 Gold Sovereign. « Les cycles courent sur six à sept semaines », explique François de Lassus chez CPoR Devises. L’Autriche, elle, a choisi de faire tourner ses machines vingt-quatre heures sur vingt-quatre (au lieu de seize heures) et la Münze Österreich a dû recruter du personnel, rapporte Bloomberg. L’Australie a fait de même.

Aux Etats-Unis, sur les trois premières semaines de l’année, les ventes de la Monnaie américaine, la plus importante au monde, dépassent déjà largement celles de décembre. « En termes absolus, si les ventes ­continuent à ce rythme, janvier sera le premier mois le plus fort depuis 1999 » outre-Atlantique, estime Suki Cooper, analyste chez Barclays, tout en soulignant que janvier est traditionnellement un bon mois car les collectionneurs achètent les nouveautés.

Le plongeon de près de 30 % des cours de l’or l’an dernier dope les achats de pièces. En douze mois, 285 tonnes de pièces d’or sont sorties des ateliers de fabrication de la planète, un volume historique et un bond de 34 % par rapport à 2012. Il s’agit là d’une « chasse aux bonnes affaires », estiment les spécialistes de Thomson Reuters GFMS dans un rapport publié la semaine dernière. Ils précisent que la Turquie a fabriqué deux fois plus de pièces en 2013, l’Australie 55 % de plus, l’Autriche 48 %, le Canada 41 %.

En France, la Monnaie de Paris ne frappe pas de monnaie-lingot. « Nous ne sommes pas des traders d’or mais des fabricants d’objets rares », souligne un porte-parole. Les pièces en tirages limités s’adressent d’abord aux numismates. Mais l’institution cherche aussi à séduire « les Français qui veulent diversifier leurs produits d’épargne ».

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