Économie, Écologie...

La zone euro s’englue dans une récession longue

L’annonce d’un PIB en repli de 0,6% dans la zone euro au quatrième trimestre et d’une baisse de 0,9% en 2012 marque la plus mauvaise performance depuis 2009.

L’économie de la zone euro a enregistré au quatrième trimestre de 2012 sa plus mauvaise performance depuis le premier trimestre de 2009 après la chute de Lehman Brothers. La contraction du PIB de 0,6% sur les trois derniers mois de 2012 est plus importante que prévu, et marque le quatrième trimestre de repli consécutif pour l’activité des 17 pays de la zone euro. Au dernier trimestre, seuls l’Estonie (+0,9%) et la Slovaquie (+0,2%) enregistrent des chiffres positifs.

Une reprise qui se fait attendre

Sur la période, la croissance s’est effondrée au Portugal (-1,8%), à Chypre (-1%) en Italie (-0,9%), et en Espagne (-0,7%). Mais parmi les principaux pays, les « suspects habituels » tels que l’Espagne et l’Italie ne sont plus les seuls à afficher une croissance négative, l’Allemagne, la France et les Pays-Bas (-0,2%) ayant aussi vu leur PIB se contracter au quatrième trimestre, souligne Peter Vanden Houte, économiste chez ING.

« Malgré un contexte de moindres tensions financières, les perspectives pour l’économie réelle demeurent sombres. La consommation des ménages compte tenu d’un marché du travail dégradé, d’une faible progression des salaires nominaux et d’un ralentissement très progressif de l’inflation devrait encore se contracter au cours des prochains trimestres », estiment les analystes de Natixis. Ils tablent sur une poursuite de la dégradation de l’activité à court terme, avec un nouveau recul de la croissance de 0,2% dans la zone euro au premier trimestre, certes moins prononcé qu’au quatrième trimestre. Pour la suite, ils estiment que la reprise attendue par le consensus pour le second semestre est « surestimée ».

Demande faible à prévoir

La plupart des économistes s’attendent à une reprise progressive de l’activité grâce à une amélioration sur le front de l’économie mondiale qui devrait être tirée par les Etats-Unis et la Chine. Malgré tout, la demande intérieure devrait rester faible en raison notamment des effets liés aux plans d’austérité engagés dans toute l’Europe, et à la forte progression du taux de chômage dans la zone. Le scénario d’une récession à la japonaise marquée par la déflation plane désormais sur la région.

« Tous les pays de la zone euro partent avec un handicap en 2013. Le Portugal et l’Italie sont les plus mal lotis. La question simple, forcément trop simple est: faut-il accentuer l’austérité en 2013 ? », s’interroge Philippe Waechter, chef économiste chez Natixis. Les perspectives sont d’autant plus incertaines que le risque politique refait surface en Espagne où le gouvernement est fragilisé par un scandale de corruption, et en Italie où la menace de voir Silvio Berlusconi revenir aux affaires n’est pas totalement écartée. Le risque de faillite qui pèse sur Chypre pourrait aussi raviver les craintes de contagion dans la zone euro.